OU DES PROVINCES UNIES, Liv. XXXIII. Szer. X. 133
Cependant l’Archiduc Krneste, qui jusques-là n’avoit pu se resoudre Hist. âtni à agir ni même à délibérer, prit enlìn le parti de consulter les Grands Hollande,fur l’ctat présent des affaires «St fur les moyens d’y remédier-. Le peuple fut 1593 I(í 4 8 -écarté de cette assemblée ; il eíl rare que les Souverains le consultent fur "
remploi qu’ils doivent faire de son sang & de ses biens. D’ailleurs il Ann. 1555.étoit inutile d’interroger celui de Flandre pour connoìtre ses íéndmens.
Son vœu étoit unanime. La paix étoit le cri qu’on entendoic retentir L'Archiducpartout dars les villes «St les campagnes. L’Archiduc, après avoir faitl’apologie de son gouvernement , après avoir exagéré les foins qu’il avoit Je 'pris pour la félicité publique, termina ce panégyrique fans rien con-clure , mais en demandant des conseils. Le Duc d’Arfchot fe leva &parla avcc une véhémence qu’autorifoicnt son rang , fa naissance , lesmalheurs de la patrie, & la foiblesse du Gouverneur. (1) „ Qu’on n’accufe
„ point notre nation, dit-il, de prendre peu d’intérêc à la gloire & k„ la fortune de ses maîtres. On a vu nos ancêtres soutenir des guer- Dif cgu „ s„ res ruineuses & sanglantes , conc re des peuples , dont ils n’avoient du Duc,, reçu aucun outrage , uniquement pour obéir à leurs Princes, pour les d’Arfchet ,..
„ venger, ou pour accroître leur p alliance. Mais la guerre qui les ren-„ dit si redoutables à leurs voisins, qui les enrichit de leurs dépouilles,
,, qui les couvrit d’une gloire immortelle , ne peut plus qu’augmenter„ notre indigence, & non i’honneur de nos armes. C’est une guerre,, civile, dites-vous? Pourquoi donc la direction n’en est-elle pas con-„ siée aux citoyens? Pourquoi a-t-on attendu, pour délibérer, s’iî’ falioit faire la paix, que la guerre eut tout dévoré , que nos villes„ fussent en cendre , nos campagnes désertes, nos familles ruinées, &
,, que la paix ne pût nous conserver que cette vie malheureuse , que„ nous avons exposée pour • un maître qui nous a peu secourus ? Sf„ après trente ans de malheurs., de périls, de pertes , qui font autant„ 1-ouvrage de vos soldats que celui de vos ennemis, vous ne jugez pas-„ qu’il soit encore temps d’y mettre un terme, songez du moins que'
„ nous avons deux guerres à soutenir, & délivrez-nous de l’un de ces„ deux fléaux. Si vous voulez nous mener contre les François, obteneg„ du moins dés Confédérés une suspension d’armes, asin que nous n’ayons,>, à songer qu’à l’ennemi que nous aurons en tête; ou, si vous avez ré-„ sol u de soumettre enfin les Provinces-Unies , cePfl-z avec la Fraude„ une guerre malheureuse, que l’Efpagnc ne soutient plus que par vani-té : vous avez à la vérité offert la paix, mais à des conditions fi duresque vous fçaviez qu’eiks feroient rejettées ; pensez-vous que les Fran*-„ çois & les Confédérés ne l’auroient pas acceptée , s’ils avoient pu„ le faire fans honte, ou fans fe nuire à eux-mêmes? Ces peuples font-„ i!s aílèz insensés pour chercher à perpétuer leurs propres maux, oai„ asièz cruels pour s’amufer des nôtres? Ecoutez le cri public, écoutez,, les, vœux de tous les ordres de i’Etat ; ils n’en ont qu’un seul-, c’eíl,, que les soldats étrangers soient chastes, «Sc qu’on fe repose fur nous du,, foin de notre défense. Quels maux nous auroient fait nos ennemis r
(í) Crot. Hist. Liv. iv.
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