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H I S TOIRE DE II OLLANDE
S'gt. X» „ que nous n’ayons pas éprouvés de la part de nos soldats ? Est-H
■"Hjfi- de „ quelque chose de sacré pour eux? Est-il quelque Loi qu’íls ne
1553-ìí 48 ” dolent ? quelque Traité qu’ils n’enfreigneut ? Que l’on compare
y _' „ les ruines qu’ils nous ont causées, à celles donc nous pouvons
„ accuser les Confédérés,, ou les François , & vous verrez que les„ soldats Espagnols font nos vrais ennemis. Demandez aux habitans„ de l’Arcois-, du Hainaut & des Pays voisins , pourquoi leurs„ champs si fertiles font maintenant en friche ? que font devenus„ les bras laborieux qui les culcivoient ? qui a détruit tant de
„ manufactures , pillé tant de magasins ? Pourquoi des hommes„ donc l’opulence exciroit l’envie , font naître aujourd’hui par leur„ indigence un sentiment contraire? 11 s vous répondront , que le*„ François leur ont causé quelque dommage, mais que leur ruine
„ entiere , & tous leurs désastres, dont les traces ne s’effaceronc
„ peut-être jamais, font autant de monumens de l’avidité Efpa~
,, gnole. C’est peu que des étrangers nous pillent en nous oppri-„ mant ; il faut encore qu’ils nous gouvernent, qu’ils règlent tout„ dans les camps & les conseils, comme si nous n’écions pas aílòz„ {âges pour nous gouverner nous-mômes , ou assez expérimentéspour diriger les opérations de la guerre. Que s’ils continuent à» nous opprimer, à nous mépriser & à fermer l’oreille h nos„ justes plaintes, qu’ils craignent tout de notre désespoir. La né-
„ ceffité peut nous porter à des extrémités que toute l’Europe ap-
„ prouveroit , & que Philippe lui-même ne condamneroit pas, s’ilRfct de ce ,, connoiííòit notre situation-” Ce discours fut reçu des Flamandsd:Jcours. avec une approbation générale. Ils regardèrent le Duc d’Arfchot,comme Tinterprête .généreux de leurs fentimens qu’ils rì’ofoient ex-primer : soit politique , soit soibleílê, l’Archiduc n’avoit point imposésilence à l’Oiateur; il répondit vaguement qu'il tâcheroit de porter Phi-lippe à la paix.
Mais, tandis que l’êrchiduc étoit indécis, que Ic Duc d’Arfchot haraa-..guoit, que le Comte de Fuentes, partageoic son temps entre le sommeil &la bonne chere; le brave Charles d’Héraugiere, celui qui par un strata*geme inoui s’étoit emparé de Bréda, méditoit une pareille tentative fur laville de Huy dans le pays de Liege. Elle est située fur la rive droite de laMeuse , que l'on traverse fur un beau pont. Une citadelle fort élevéeçommandoit non-feulement-la ville, mais les chemins des environs. Unesituation si heureuse excita les désirs des Confédérés. Elle pouvoit favo-riser la jonction des François & des Hollandois. On n’examina point sicette entreprise étoit juste, inais si elle étoit utile. Quoiqu’il soitprudent de ne pas fe reposer fur le droit des gens , quand les paysSécurité voisins font le théâtre de la guerre , l’Evêque de Liege étoit fans alar.
des .Lié - mes p ur j c sort de cette ville, & les habitans & la garnison dormoien t dans
S eots ' ]a plus profonde sécurité. On prenoic si peu de précautions pour fegarantir d’une surprise., qu’on avoit permis à plusieurs particuliers de bâtirdes maisons contre le tertre, fur lequel la citadelle étoit située. Cettesauce n’avoìc pas échappé aux yeux attentifs d’Héraugiere ; il avoit se u