OU DES PROVINCES UNIES, Lxv. XXXÏÏI. Sect. X. i S $*
gagner un habitant qui occupoic l’une de ces maisons; iby sic entrer trente Hijì. dèiòldats que la garde peu vigilance n’avoit pas- apperçus. Vers le milieu Hollande,de la nuit, ils dreíîerent des échelles fur le toit de cette maison, & 1593164?.
parvinrent jufqu”a une fenêtre de la Citadelle, par laquelle ils entrèrent. lUraugie-lis gardent d’abord un profond silence ; puis tout à coup par de grands re entrecris, & par des coups- de mousquet ils jettent partout l’épouvante, & fe às ílity.rendent maîtres de toutes les portes. A ce bruit les habicans s'éveillent &courent aux armes. Mais le retour de la lumière, leur fait voir Hérau-gkre qui fe présente à leurs portes à la tête d’un corps considérable decavalerie & d'infanterie. Us n'osèrent lui résister & le reçurent avec fagarnison,. L’Evêque de Liège ne tarda pas à fe plaindre auprès des Etats Plaintes degGénéraux de cette infraction de la paix. Mais on lui répondit que cett q l’Eyéque.ville étoit trop importante à la sûreté des Provinces-unies pour qu’onpût la lui rendre:.-on allégua que les Espagnols avoient de même usurpé 6 c-retenu deux places fortes en Allemagne; comme si l'on pouvoit justifierune usurpation par l’exemple d’une autre. C’est la première fois que lesConfédérés aient montré dans leurs procédés cette insolence que donne labonne fortune. Leur conduite à cet égard indigna tous leur voisins & peut-être en rougirent-ils eux-mêmes. Erneste de Bavière, voyant fes plaintesrejettées, leva des troupes, dont il confia la conduite à La Motte. Hé- Hirau-raugiere ne montra pas autant dc bravoure dans la défense de sii conquête, giere cashqu’ií avoir fait voir d'audace dans l'attaque. Dès qu’il vit les fortifications tule ‘fe démolir sous les coups redoublés de l’artillerie Liégeoise, il capitula.
Les Liégeois votiloient tailler fa garnison en pieces au moment où il lorcit;mais les officiers Espagnols fe préfenterent à eux l’épée à iamsin, & laforcerent à respecter la capitulation. Leur générosité dans cette occasionn'est pas moins rare que l’injustice des Confédérés. 11 fembloit qu’ilsvoulussent rappeiler leur antique vertu, au moment où leurs ennemis ou-bliaient la leur. Cependant iis gardèrent la ville jufqu’à ce qu’Erneste deBavière leur eût remboursé les dépenses qq’sts avoient laites pour cesiégé; mais ils laissèrent un champ libre à la vengeance de l’Evêque, qui sicpérir au milieu des tourmens les complices d'Héraugiere. CependantJ’Archiduc qui n’avoit sçu faire ici'la paix. ni la guerre, également méprisé -des Espagnols & des Flamands, étoit tombé dans une mélancolie profonde,q-ue ne purent dissiper les plaisirs dont il étoit entouré. Une ûzvre lente Mort dele confumoit, & line Hémorrhagic qui survint termina fes jours. Le peu • P A rchiducpie ne manqua pas de croire qu’il avoir été empoisonné; 8 'il excita l’envie,ce suc feulement par son rang & point par son mérite. C’étoit un fantômede Gouverneur, qui disparut après s’être montré quelque teins fans mêmeinspirer aucune crainte au peuple. Sa mort ne changea rien aux affairesfur lesquelles ii avoir peu, d’infiuence. Philippe en remit la direction auSénat, présidé par le Comte de Fuentes. Celui-ci étoit odieux k la No-blesse Flamande , bleísee par son orgueil ,. 6 t au peuple opprimé' parlà tyrannie. Charles de Mansfeldt qui , par fa gloire & par Ion -caractère inflexible, s’ëtoir fait autant d’ennemis qu’il y avoit d’Eípa-gnols dans le Conseil, soc envoyé en Hongrie; il y trouva la mort. EeDuc d Arlchot, non moins fier, ne voulut point tenir un rang subordonné-