StîCT. X.Wst. deHollande.1593-1648.
Dise en r sdes Députésde Flan-dres,
Réponse deMaurice.
136 HISTOIRE P E HOLLANDE
h celui du Comte de Fuentes: il se retira à Venise pour y mourir libre& sans maître. ‘Les Flamands mécontens, commerçoienc à traiter avecleurs anciens compatriotes; mais Maurice exigeoit, que les soldats Espa-gnols fussent chassés de tous les Pays-bas, de même que de la Bourgogne:cette condition étoit difficile à remplir, ou plutôt impossible; on renoua lanégociation. Thierri Licsvdd, Jacob Masius & Otton Hart, autrefois Chance-lier du Brabant, furent députés vers le Prince Maurice. II étoit alors àMiddel-bourg. Ils lui peignirent avec beaucoup de force les malheurs de leurProvince, qui pendant plusieurs siécles n’avoit fait qu'un même corps politiqueavec celle qu’il gouvernoit. 11s lui représentèrent qu’il meuroit le combleà sa gloire en travaillant avec eux à une paix si désirée. „ L'Europeajoutoient-ils , „ a alfèz parlé de votre bravoure dans les combats, de„ votre patience dans les fatigues dp la guerre, de votre intelligence dans„ la conduite des armées ; qu’elle connoisse ensin vos talens pour laNégociation. L’olive de la paix n’eíl pas moins familière à la Maison de„ N alla u que les lauriers de Mars. Prenez garde, Prince, qu’une trop lon-„ gue prospérité est le présage d’une adversité .prochaine. Peu de guer-„ riers ont été vainqueurs toute leur vie. La fortune constante quelquefois„ dans ses disgrâces, Test rarement dans les faveurs. Abandonnez-la avant„ qu’elle vous abandonne, & préservez votre gloire des taches qui pour-„ roient la ternir. Je m’eslimerois heureux,” répondit Maurice, „ si je„ pouvois accorder à mon siecle & aux siécles à venir la paix après laquelle„ on soupire, & mettre fin à tant de maux. Le nom de Pacificateur m’est„ plus cher que celui de Conquérant, & les cris d'allégrelîè d’un peuple„ heureux & tranquille flattent plus mon oreille que les cris de victoire„ & le tumulte des camps. Je désiré la paix autant que vous: je fuis prêt„ à traiter avec les Flamands comme avec mes frétés, quand je les verrai„ pénétrés de cette horreur que l’injustice Espagnole doit donner aux âmes„ honnêtes, faire enfin de justes efforts pour recouvrer leur liberté. Si,, ce deslèin digne de vous est celui qui vous amene, non-feulement nous„ sommes prêts à traiter avec vous & à vous recevoir dans notre Con-„ fédération; mais nous vous offrons le'secours de la République & l’appuij, des Souverains qui nous font alliés: ils vont réunir leurs forces aux„ nôtres, vous les aurez ou pour amis ou pour ennemis. Voyez si vous„ voulez être accablés ou défendus par eux. Quant à là diversité de Reîi-„ gion, elle ne doit point vous alarmer. La France est maintenant tran-„ quille, quoi qu’on y voye deux cultes différens. Nous suivrons à votre„ égard l’exempîe de tolérance qu’un grand Prince nous a donné. La„ République ne prétend point régner fur les opinions. Elle laifle aux„ consciences le jugement du culte le plus agréable ji l’Etre suprême. Nous„ avons avec vous des rapports ineffaçables, les mêmes loix,la même police,„ le même sang, & d’anciens fermens d’amitié. Tant de points de réu-„ nion facilitent la paix entre nous. Mais elle est impossible avec le Roi„ d’Espagne. Jamais le souvenir de ses injustices ne s’effacera de la mémoire„ des Confédérés ; jamais la haine publique qu’il s’est plu à mériter, ne„ s’éteindra dans nos cœurs. Nous ne traiterons point avec un Prince,„ qui nous a forcés à le dépouiller d’une autorité, dont il abusoit. Faire