Buch 
44 (1788) La continuation et la fin de l'histoire de Hollande ou des Provinces-Unies, et le commencement de celle d'Angleterre ou de la Grande-Bretagne
Seite
137
JPEG-Download
 

*‘0U'DES PROVINCES UNIES, Liv.'XXXIII. Sbct. X. rtf

la paix avec lui, ce scroit signer Y Arrêt de notre destruction': le ressenti- Hist. de„ ment des Souverains ne fait que «'accroître par le temps, & pour le Hollande.„ satisfaire, tout leur parott légitime. II est inutile de vous rappelles des I ^ 3 ' 1 ^faits qui prouvent que les traités conclus avec des sujets, qui fe font,, justement soulevés, n'ont rien de respectable aux yeux des Rois qui les„ ont conclus; vous ne devez pas vous-même fur ce sujet vous donner la.

„ peine d'apporter d'autres exemples, je les (fais tous & je me souviens„• fort bien de mon pere .” Liesveld repartit qu’il devoit fa Fortune aufeu Prince d’Orange, qu’une reconnoiílànce inviolable l’attachoit à la Mai--fon de Nassau ,qu’ìl avoit été envoyé uniquement par les Etats de son pays,que les Espagnols ignoroient cette négociation, & qu’il s’expofoit à leur-rellèntiment, s’ils parvenoient à la découvrir. Alors le Prince Maurice, qui Confuse*.Lvoit reçu quelques avis secrets de l’intelligence de Liesveld avec les Efpa- des déjw--gnols, tira brusquement de la poche même de ce député un passeport du téS 'Comte de Fuentes, & les renvoya tous trois après les avoir confondus-par la lecture de cet écrit. -Cette < réponse de Maurice blesse la fierté•Espagnole & porta le désespoir dans le cœur des -Flamands, qui désiraientla paix. Les premiers trouvoient la Majesté Royale avilie par des rebelles,qui, loin d’implorer-la clémence de leur maître, reíusoient de traiter aveclui. Les autres fe voyoient enlever toute espérance de la paix. Ils n’a-voient point assez de forces ni pour repouílèr les Confédérés, ni pour leurimposer des conditions, ni pour remplir celles qu'on leur avoit prescritesk eux-mêmes de chasser ses oppresseurs de la Belgique. D’ailleurs la dé-couverte du passeport avoit rendu leur ambassade non seulement ridicul»

-& méprisable, mais suspecte, & une seconde députation ne pouvoit qu’étrereçue avec des yeux inquiets, & subir quelque nouvel affront. Une

■cabale assez nombreuse prétendoit">qu'il ne falloit attendre la paix que de kdestruction entiere de la République. Mais cet-édifice nsetoit pas moins(difficile à renverser , que sautorité royale. Des esprits plus tranquillesvouloicnt qu’on fît une paix particulière,-fans-en rien communiquer aux-Espagnols. „ C’est, diíoient - ils, le seul moyen d’applanir toutes les diffi-„ cultés. Les Confédérés traiteront plutôt avec leurs compatriotes, dontils n’on t rien à redouter, qu’avec un Roi dont la vengeance dureraencore , lorsque le flambeau de la guerre sera éteint. Ils demandentqu’on éloigne les soldats étrangers. Cette demande est juste, puiíqu’ellerappelle l’ancienne constitution. N’avons-nous pas le même désir, &cette armée -de brigands me : nous a- 1 -elle pas été plus nuisible-qu’aux;j, Confédérés. Ceux- ci oht trouvé dans leur révolte, l’abondánce & la,, sûreté, tandis que notre fourniflion ne nous a procuré que périls, op-;, pression , .& misères. Si - le Iloi songe t punir les rebelles, ne'doit-ilpas s’occuper de la conservation & du bonheur de ses fideles-sujets?

„ Doit-il nous sacrifier, nous qui avons tant souffert pour lui, a la vanitéde ne rien céder à des mutins ? Ne peut- il pas traiter aussi pafriculiere-• „ ment avec eux? Est-il bien vrai-qu’ils aient rejet té pour toujours l’au-->» torité royale, &. qu’en leur accordant ce .qu’ils.demandoient au com-mencement de la guerre , on ne les feroit pas tomber au pied du trône.

„ Que Philippe abaisse un regard fur.les Provinces qui lui ont été fidèles.

Tome XLir. ° g