Sec-t. X..tìifi. deHollande.1593 -1648-
Heureusesituationdes Confé-dérés,
Etat dé-plorabledes autresProvinces.,
«38. H I S T 0 1 R. 13 D E II 0 L L A N D: E
,, & qu'il voye quel a été Le pfhc de leur fidélité. Nos forces fôn:~„ tellement épuiséesque loin de pouyoir soutenir le fardeau 4e la guerre„. contre nos ennemis, nous succombons fous l’oppresiion de nos défen-,, feurs: nous ne trouvons .dans les combats que la mort, l’indigcnce &
„ presque toujours la honte d’être vaincus ; tandis que les Con fédérés-„ enrichis de nos dépouilles , font heureux au dedans &, triomphans au„ dehors. Leurs- pêches-, leurs pâturages offrent chez eux au me me„ peuple une nourriture abondante; leurs Négocians reçoivent dans leurs„ magasins les richesses des deux mondes; leur -Noblesiè est également hono-„ rée dans les camps-& dans lés terres; son autorité ne lui est pas con*,, testée, parcequ’elle n’en abuse pas: maîtres de l’embouchure des rivières, ,nos ennemis voient arriver^ dans leurs ports des flottes entieres chargées,, de tout ce qui pourroit satisfaire nos besoins : ils interceptent tout ce,, qui pourroit parvenir jufqu’ài nous , & nous nous voyons réduits à sub*„ sister des productions d’un fol, qui depuis longtems n’est plus arrosé des,, sueurs du laboureur , mais du sang des habitans., Si quelque champ -,, plus heureux promet au:cultivateur quelque fruit de ses travaux,fa récolteest.enlevée par. l’avide Espagnol, ou moisionnée par le fer destiné aux„ combats. Nos-ports font déserts,, nos campagnes languissent fans cul», y ture ; on cherche envain quelque trace de notre ancienne opulence».„ Cependant 011 nous accable encore du fardeau des impôts; on traite notreindigence, comme on traitoit autrefois notre richesse , & l’on veut y„ trouver des reflources pour la guerre: quelques villes avoient été épar-„ gnées par les Espagnols; mais les révoltes des garnisons les ont„ bientôt-réduites au niveau des autres, & ces objets d’envie font- deve» -„ nus, comme, nous, des objets de pitié. Mais si le Roi d’Efpagne ne„ considéré point notre intérêt, qu’il ait du moins égard au sien. Les ■„ Confédérés n’ont encore, qu’un Gouverneur, qu’ils respectent à. la vérité„ autant qu’un Souverain , mais qui n’en a point encore le titre : . s’il...„ leur laifle le temps d’ériger une souveraineté, & de la déférer à„ Maurice ou à quelqu’autre, il faudra qu’il renonce à la sienne. L’in--„ térct du nouveau Prince , uni à celui de la Patrie, rendra la République„ plus redoutable &, plus- indestructible. La paix feroit donc utile à„ Philippe, comme h nous; mais il est à craindre qu’il ne sacrifie des -„ avantages réels à fa vengeance.” O'autres plus prévoyans -&• qui nepropofoient que des choses possibles., étoienr d’avis qu’on fît une treve,toujours plus aifëe, à. conclure, . qu’une paix absolue. „ La prospérité,, des Confédérés ,”difoient- ils, „ n’a d’autre cause que leur concorde ;
„ celle-ci ne fe maintient, que par la crainte que leur inspirent les„ ennemis qui les-environnent. Otons-lcur cette inquiétude, & nous ver-„ tons renaître toutes, leurs distendons intestines. La jalousie réciproque„ des villes.fe réveillera;les anciennes querelles fe rallumeront Lt peut-être„ verrons - nous nos ennemis tourner leurs armes contre eux- mômes. Leur«. mésintelligence les affóiblira, &, si elle ne les détruit pas, este préparera„ Lur destruction: d’ailleurs ce peuple commerçant ne manquera pas de,». venir chez nous, & de nous appeller chez lui pour trafiquer. Alors -, r nous pourrons étudier ses penchans, disposer les esprits à la révolution » „