OU DES PROVINCES UNIES, Lm xxxm. Sbot. X. r 3$
. attirer à nous quelques grands , & gagner. la populace avide dé //</ de„ nouveautés.” Le suffrage de Juste Lipse donnoit beaucoup de poids à Hollande,cet avis: mais on délibéroit, & on ne concluoit rien. 1593-1648.
Les Confédérés n’avoient pas attendu pour se diviser, la trêve qu’une "
faction vouloit leur accorder dans cette vue. La discorde s’étoit allumée Discordedans la Frise Orientale. Embden, située k Tembouchure de l'Ems, donc àrelle prend son nom, est la capitale de cette province, qui sut autrefois Fri f ehabitée par les Cauqucs & qui séparoit les Bataves des Danois. Les an- 0nenta u•ciens Rois de France , & les Empereurs d’Allemagne avoient -toujoursrelpecté la liberté de ces Frisons-; dont ils n’exigeoient qu’un léger tribut. & une obéistànce peu servile.' Toutes les affaires éroient dirigées par desassemblées, ou générales ou particulières. Dans les premieres, on déct-doit des grands intérêts de la Nation entiere. Dans les secondes , on■s’occupoic de ceux de chaque ville & de chaque canton. Les jugémenséioient rendus par des Magistrat élus à la pluralité des voix; tous lespofîtíseurs de terres seigneuriales te n oient un rang égal dans les assem-blées; mais leur crédit étoit proportionné à retendue de leurs terres ; cetteconstitution ne pouvoit durer longtemps,légalité fut bientôt détruite. LesSeigneurs les plus riches construisirent des forteresses ., entretinrent desfoléats, & se rendirent si redoutables aux peuples, qu’iis devinrent lesprotecteurs des Magistrats & quelquefois leurs maîtres. Ils s’emparerentsuccessivement de toute Fautorité ; mais ce ne fut pas fans résistance de- la part du peuple , qui prit plusieurs fois les armes pour recouvrer sonancienne liberté, & qui même fut secondé plus d’une fois dans cetteentreprise par des Nobles mécontens du gouvernement des autres, ou jalouxde leurs richeíses. La*Frife Orientale étoit alors un fief de l’Empire& n’avoicencore pris aucune part au soulèvement des autres Frisons. Anne d’Olden*bourg gouvernoic cet Etat sous le nom d’Edsard son sils, avec beaucoupde sagesse & de modération. Mais ce fils ayant perdu cette Princesse &son írere, qu’il redoutoit autant qu’il respectoit sa mere, se livra à toutel’impétuofité de son caractère. II étoit Luthérien: le Calvinisme qui étoitla Religion dominante parmi ses sujets, lui devint odieux; il traita d’asièm-blées séditieuses toutes les cérémonies qui réunissoient le peuple sous la.'.conduite de ses pasteurs. Son orgueil s’offenfa du faste de quelque?citoyens^ son épouse s’en irrita encore davantage, elle forcit du sang royalde Suede, & sa fierté s’accordoit peu avec I’hutneur indépendante de cesRépublicains. On raconte qu’ayant emprunté d’un simple bourgeois unimeuble d’un grand prix, elle refusa de le rendre, sous prétexte que ce luxene convenoit pas a une condition si basse. -L’opulence étoit un crime à sesyeux, comme aux yeux de son époux. Cette fermeté que donne l’esprkRépublicain étoit un plus grand attentat. II falloit être esclave & pauvre,pour leur plairé. Us condamnoient juíqu’aux aumônes que la ville recueil-lit pour les verser sur l’indigence, & ne voyoient dans ces largesses qu’uá-moyen dé former une faction. On juge bien qu’un pareil gouvernementne pouvoit pas subsister saris trouble dans une ville libre. Le double intérêt Souleve-de la Liberté &de la Religion souleva bientôt le peuple. -Les Ministres l’ex- '"'"s,
Lit osent -à 8 affranchir d’un joug incompatible avec la confession de Oeneve, u ea í
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