OU DES PROVINCES UNIES, Liv. XXXIII. Sect. X. 145
les Espagnols pour se venger de cette perte, brûlèrent une flotte Hist. deHollandoife, qui revenoic d’Àmérique, chargée de richdlès. Elle étoit Hollan ^ e *corupoíee de trente-deux vaisseaux & la mer engloutit plus de dix I59 3 ' lÓ4S ‘millions.
Amsi cette expédition fi avantageuse pour l’Angleterre, ne futque íunelte aux Iiollandois. Cependant Elisabeth rraîtoit avec le Roide France & les Confédérés. Le Duc de Bouillon venoit enfin
d’obtenir de la Reine d’Angleterre, qu’elle signât le Traité d’allia- ceoffensive & défensive projetté depuis si longtemps entre la France &la Grande - Bretagne. Après avoir consommé ce grand ouvrage , leDuc passa en Hollande. II y conclut de concert avec l’Ambaflàdeur deFrance auprès des Etats, & Georges Gilpin chargé de ménager lesintérêts d’Llifabeth , un Traité d’Alliance semblable à celui qui avoitété fait entre la Reine d’Angleterre & les Confédérés. Ce Traitéportoit en outre , que dès le commencement du printemps, le Roi
de France feroit marcher vers les frontières de la Picardie & de France fis
l' Artois , une armée, à laquelle les Confédérés joindroient 8000 fan- /« Provin-tassins & 1500 chevaux, afin que l’ennemi se trouvât, par cette ceS ' Unieh
diversion, obligé de diviser ses forces. Les Confédérés fe réservoientnéanmoins le droit de retirer leurs troupes, si le Roi d’Espagne
portoit vers les Provinces-Unies tout l'effort de fes armes. On ar-rêta que chacune des parties contractantes commanderait les troupesauxiliaires dans l’étendue de fes Etats. Le Roi promit de protéger &de défendre les Provinces-Unies ainsi que les habitans, & surtout l’il-
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de nous, en attendant que nous puissions vous le faire voir par des effets. Nousne fçavons par où commencer pour vous expliquer les sentimens de notre cœur furvos grandes qualités. La promptitude & le zele avec lequel les Etats ont concouru àfaire réussir une entreprise fi importante pour nous, nous ont donné lieu de nous ap-plaudir des services que nous leur avons rendus précédemment. Le courage aveclequel vous avez secouru la Grande Bretagne doit être un motif d’émulation, qui engageles autres Puissances de l'Europe à protéger des peuples qui savent aussi bien quevous reconnoître les services qu’on leur rend. Nous vous devons des remercimen*particuliers pour l’actachement que vous avez montré pour notre Cousin le Comted’Eíl'cx. Le secours que vous lui avez donné lors de la tempête qui écarta ion vais-seau de la flotte Angloise pendant la nuit; la sage & obligeante conduite que vousavez montrée en ramenant à Plymouth ce Comte , qui vous est redevable entiè-rement de fa conservation, vous assurent des droits éternels fur notre reconnoissance.Le souvenir que nous conservons de tant de bons offices, est si cher à notre cœur,que nous n’avons pû résister plus longtemps à vous le témoigner par cette lettre,que nous vous prions de communiquer à tous vos bons amis, qu> ont servi sous vosordres dans cette occasion ; vous priant de les assurer de notre part, que commenous avons lait paraître notre affection envers votre Patrie dans les plus grands be-foins, que nous sommes aujourd’hui plus portée que jamais à témoigner l’estime quenous avons pour une Nation aussi pleine de courage & de valeur que la vôtre, quej’ai pour les Provinces-Unies toute la reconnaissance qu’une Princesse doit avoir, &.que je ferai toujours votre affectionnée,”
Le quatorzième Aoât 1596.
Elisabeth.
Vopz de Meteren Liv. XFIII. La vie d 1 Elisabeth Heine d Angleterre, par Gregeri*Leti, Tom. II. Part. //. Liv. III.
Tome XLIV > t