OU DES PROVINCES UNIES, Liv. XXXIIÎ. Sect. X. 147
sable , & plus de 5000 Espagnols y périrent. Le Prince Maurice mst, <j eouvrit la campagne suivante par une victoire : il défit 4000 fan- Hollande,taffins, près de Turnhout. Cette disgrâce consterna l’Archiduc Albert. 1593-2648.5a position ne pouvoit être plus fâcheuse , il la soutenoit avec coura- “--
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il ne trouvoit pas de moyens d’y remédier : il étoit Ann ‘ 129 /.
entouré de soldats , toujours prêts à se mutiner, dont une moitié T> 'fi e fi-étoit occupée à contenir l'autre , & avoit elle-même besoin d erre
contende. 11 avoit engagé ses meubles les plus précieux, & même lesplus nécessaires, pour nourrir son armée. Mais la foible reconnoissancedu soldat ne lui tenoit gueres compte de ce service , & la disettelui faiseit oublier son devoir. Un événement heureux ranima les Espa-espérances de ce Prince & celles de son armée; ce fut la prise d’Amiens, ëno j. i e J t e,K 'dont Porto-Carréro s’empara , par un stratagème assez connu, pour ^Amiens.qu’il soit inutile de le rapporter ici. L’Archiduc , qui depuis long-temps n’avoit point fait porter à Madrid des nouvelles agréables, yfit annoncer celle - ci avec beaucoup de pompe, & conseilla au Roid’etnployer une partie de ses forces à la conservation de cette importanteplace. Le reste de la campagne ne fut remarquable, que par quelquesescarmouches, quelques tentatives, où les différens partis eurent différenssuccès.
Quelques discordes fermentoient en Hollande, en Zélande & surtoutk Groningue. Mais ces. querelles n aidantes furent appaisées par la sa-gesse de Maurice & par l'autorité des Etats assemblés. On vit arriverdes Ambassadeurs des différentes Cours , qui venoient exhorter lesConfédérés à mettre bas les armes, & à terminer tant de ravages parune paix solide & durable. Celui de Pologne ne leur parla point avecCcS égards qu’ou doit à une Puissance deja reconnue par d’autres;il les traita de rebelles, & ne leur offrit la médiation de son maître,que pour toucher la clémence de Philippe & obtenir leur pardon.
La réponse des Etats fut tout à la fois ferme & modeste. Ils firent Mtdératit»sentir à l’Ambassadeur, que ces termes de clémence & de pardon, à Etats ,ne doivent point être prononcés en parlant à une Nation victorieuse,
& que, loin de s’abaiílèr à demander une amnistie , ils ne vouloientpas même consentir h la paix. L’Ambaffadeur de Dannemarck neréussit pas mieux » quoique ses propositions fusseng plus honorablespour les Etats. Cet éloignement pour la paix. se changea en une Cruautéaversion invincible, lorsque l’on fçut qu a Bruxelles on avoit, sous f s snpíi 'les yeux du Cardinal Archiduc, fait enterrer vive une pauvre servante, pourson attachement au Calvinisme. Les Etats fe servirent de cet exemple pour ' '
prouver à toute l’Europe que le Conseil Espagnol n’avoit rien perdu de sonfanatisme tyrannique.
Maurice juitifioit par ses conquêtes la fierté que montroient les Etats; à, 1598.il s’empara de Rhinbergen , de Meurs, de Groll, de Brevoort, d’En-schede , d’Ootmarsum , d’Oldenzeel, & de Lingen. Mais la joie que p f ix eriirscausèrent ces succès, fut troublée par la paix conclue à Vervins entre l ^/ p l ^ snel’Efpagne & la France. L’Archiduc quitta le chapeau de Cardinal & France,épousa Isabelle -Claire-Eugénie , fille de Philippe II, à qui ce Prince
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