148 HISTOIRE DE HOLLAN 0 E 1
Sect. X. donna la Souveraineté des Pays-Bas. L’Archiduc reçut au nom de Ion-Hift. de épouse le serment des Provinces, qui n’avoient point secoué le jouas..
Hollande. l, cs aucres s’affermiiïòient de plus en plus dans la résolution de ne ïe
]E. îlfli' reprendre jamais.
Conspira . Chaque jour de nouvelles perfidies augmentoient l’horreur que l’on:
tion contre av oìt conçue pour de tels maîtres. On découvrit un complot exécrable.Maurice. f orm £ Loutre les jours de Maurice. Les Jésuites en étoient les auteurs;.
le misérable Pierre O arme, natif d’Ypres, étoit l'instrument ; ils l’avoienc.armé d’un couteau empoisonné , garni de trois crochets recourbés ;ils l’avoient fuit communier pour le préparer à ce crime , & luiavoierit promis le ciel pour récompense. Ce malheureux n’osa pasexécuter son dessein & ne suc écartelé qu’après avoir eu la tête
tranchée ; car sa crédulité inspira quelque compassion, & toute l’hor-reur de ce forfait retomba sur le corps redoutable, dans le sein du-
Mort de quel il avoit été conçu. Enfin le Monarque cruel , qui dirigeoit
Philippe. tous £ CS sanguinaires projets , termina íà carrière. Tyran de lés
peuples ,. esclave des Prêtres , libertin & dévot , cruel par fana-
tisme , mauvais pere r allié dangereux, ambitieux fans talens , nesçachant ni usurper ni conserver, semblable au chien de la fable &.quittant une proie réelle pour une proie imaginaire , celui qui vou-loir conquérir la France & l’Angleterre , perdit par sa tyrannie les
Pays-Bas qui lui appartenaient. 11 ne sçavoit gouverner les hommes
que par la terreur & les supplices. Aucun Traité n’étoit sacré pourlui. II aspirait à être un Saint & ne daignait pas être honnête
homme. Ses cruautés avalent tellement corrompu fa conscience, qu’onprétend qu’en mourant il mit tous scs péchés fur celle de son con-,
se fleur. 11 sacrifia íàns remords au clergé le sang de (es sujets, celui
même de son fils. Enfin, „ il fut, disent les Espagnols eux-mêmes,„ débauché dans fa jeunesse, sanguinaire dans 1 âge mûr, avare dans fa„ vieillesse.”
Avra. IZ99. Tandis qu’on proclamait Philippe III en Espagne , l’Amirante d’Ar-ragon s’emparoit de Rhinbergen & de Deucichein, & Maurice étoit forcépar le petit nombre de ses troupes h traverser par des escarmouches lesopérations de lès ennemis , fans en tenter aucune qui pût ajouter à fagloire, ou à celle des Provinces-Unies. Elles se ièntoient plus redou-,tables fur nier & abuíbient de leur Puiíîànce. Contre le. Droit des Na-tions,. elles déclarèrent qu’eiles saifiroient comme de bonne prise, touthmtile vaisseau chargé pour les ports d’Espagne. L’Amiral van der Does fut■Expédition chargé d’aller brûler la flotte qu’on armait à la Corogne , de s’em-paritime. p arer des Canaries , & d’arborer le Pavillon des Provinces fur les
Côtes du Brésil. Cette Expédition n’eut aucun succès. L’AmiraLmourut en chemin ; ses soldats & ses matelots revinrent presque mou-rans. Mais ce qui rendit les Confédérés plus odieux , c’est la destinésqu’éprouvérent les équipages de cinq vaisseaux Dunkerkois , que le sortdes combats avoit remis entre leurs mains. Ces ennemis , dont on de-,volt respecter le courage, & qui ne dévoient porter que des fers hono-rables , expirèrent fur d’jníames, gibets..