OU DES PROVINCES UNÌES, Liv. XXXIlî. Sect. X. 149
Les Provinces - Unies commencèrent ce siecle par des succès plus légi- Hist. derimes & plus glorieux. Wachtcndonck fut emporté par Louis deNaslàu; Hollande-Crevecceur , Batenbourg, Philippines & le fort Saint André par Mau- ^93-1648.xice. Enfin ce Prince alla mettre le siégé devant Nieuporr. L’ArchiducAlbert vint l’attaquer à la tête de l’armée Espagnole ; Maurice la tailla Ann- l6o °" 'en pieces & ne dût qu’à lui-rncme l’honneur de la victoire. Ses soldats ç^f/délépouvantés aboient prendre la fuite : il fit retirer les vaiílèaux en pleine ^ r s "mer ; & rangea en fi bon ordre ses troupes effrayées , que malgré la p^l^de
terreur qui les avoir glacées , il repoussa un ennemi déja fier d’un avan- Níeuport.rage qu'il avoir remporté fur un détachement commandé par Erneste deNassau. Les Espagnols perdirent 3000 hommes. L’Archiduc fut blessé& l'Amirante tomba aux mains des vainqueurs. On prétend que PhilippeGuillaume de Nassau , comme un autre Moïse , paflà en prières toutle temps du combat, & qu’il avoit des chevaux prêts pour fa fuite;ce qui prouve qu’il n’avoit pas une foi bien robuste & qu’il doutoit dusuccès de fes prières. Quelque louable que soit la piété, il faut convenirqu’elle est déplacée un jour de bataille. Le Comte Guillaume Louis futchargé de réduire Groningue & quelques autres villes, à qui le fardeau desimpôts paroiíîbit trop pesant : il y réussit.
L’Archiduc ouvrit la campagne suivante par le siégé d’Ostende , siégé Ann. 1601.mémorable par ía durée , & plus encore par les efforts de génie, qui s;è<rg
immortalisèrent les Chefs des deux partis. Ce siégé suc l’école de tous r rofiende.
les guerriers ; & il l’effc même encore. L’Amiraqte d’Arragon eut la-An*. 1602.. ‘
gloire d’être échangé lui seul contre tous les prisonniers faits fur les Pro-vinces-Unies en Europe & dans les Indes ; tant Philippe III connois-soit le prix des grands- hommes. Maurice s’empara de Grave après un ;íìege qui couvrit de gloire la garnison & ses Com man dans. Le Luxem-bourg fut ravagé par Louis de N assit u ; inutiles désastres, que les Gé»-néraux prétendent justifier par de vains prétextes, mais qui presque tou-jours font le malheur d’un parti , fans contribuer à la prospérité de Pau.tre. Les galères Espagnoles périrent presque toutes , les unes par lsfeu des Anglois, ou par celui des vaiílèaux des Provinces - Unies ; lesautres par l’inexpérience de leurs Officiers & pilotes, ou par la fureur desvents.
Philippe III avoit juré la destruction du commerce des Provinces - Unies-dans les Indes. Non-seulement il avoit défendu h ses sujets toute eípecede commerce avec cette Nation , mais il avoit ordonné a ses Amirauxde traiter comme ennemis, tous les Princes Indiens, que quelque Traitélieroir d’intérêt avec elle. Ces menaces forcèrent les Etats à réunir enune feule Compagnie toutes les sociétés qui négocìoienc dans POrient.(i) Ann. 1603;Cette réunion doubla leurs forces & les mit en état de tenir tête aux.forces maritimes-de P Espagne & même de remporter des avantages. E- Mortd'EH-Jisabeth mourut , femme étonnante , qui eut de grands vices, de grau- fabuth.-des vertus & de plus grands talens; estimée de fes ennemis , même à Rome,.-
(i),V. Notre Tom. XXI. p. 521 &• suiv.
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