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HISTOIRE D E HOLLANDE
Sect. X.Uist. deHollande.1553-1 < 5 + 8 -
Antì. 1604,Priset? Ostende.
plus redoutée qu’aimée de ses Alliés, qui méprisa beaucoup de Princes, & 's’en fit admirer.
Wachtendonck pris & repris, une victoire navale remportée fur Spino»la, dans le Wielingen : Bois-le-Duc affiégé envain par Maurice,l’Eclufe emportée par ce même Général signalèrent cette campagne.Celle de 1604 fut plus mémorable encore par la prise d’Ostende. LesEspagnols ne conquirent qu’un monceau de cendres & de débris , unvalle cimetiere arrosé de sang , couvert de ruines encore fumantes, quiattestoient autant le courage des assiégés, que l’habileté des affiégeans.Les soldats de la garnison , qui étoient sortis avec tous les honneurs dela guerre , furent reçus par Maurice non comme des vaincus , maiscomme des vainqueurs. Oílende abandonné par les habitans, comme parles soldats, ne fut longtemps qu’un désert, & lorsque l’Archiduc <Scson épouse y entrèrent, ce triomphe avoit plutôt Pair d’un convoi funebre,& ils ne trouvèrent que la place de leur conquête & les monumens du patrio-tisme Républicain.
Le Roi d’Angleterre , Succesièur d’Elisabeth , moins ambitieuxqu’elle, fit fa paix avec l’Eípagne , & les conditions en furent si dés-avantageuses aux Confédérés, que la navigation de l’Efcaut fut quel-que temps fermée aux vaisseaux Anglois. Les Provinces - Unies avoiencà. 1605. perdu par ce Traité un Allié puiíîant, qui leur se r volt d’appui par sesarmes, & de ressource par ses richesses. Mais les fondemens de cetEtat, affermis par dégrée, avoient résisté à tant de fecousiès , queTon pouvoit les regarder comme aussi durables , que ceux du CorpsHelvétique , à qui la même tyrannie , dans des temps plus reculés,avoit fait prendre naisiance. Les Provinces - Unies pouvoient 'soutenir laguerre , fans emprunter tant de forces auxiliaires. Cette campagne sucmalheureuse. Maurice n’y fit admirer que sa prudence. II ne conquitrien , mais il chut conserver ce qu’il avoit conquis , à l’exccption deLingen & d’Oldenzeel, qui tombèrent au pouvoir de Spinola. Ce Gé-néral avoit si bien fortifié Anvers , que Maurice n’ofa en tenter lesiégé. Au reste , cette ville n’étoit plus une si belle proie. La plu-part des commerçans avoient été chercher dans Amsterdam la libertéde conscience & celle de l’industrie. L’opulence régné rarement oùrégné le despotisme. Les superbes édifices d’Anvers, presque vuides decitoyens, attestoient encore une splendeur qui n’étoit plus. La capita-le de Gueldre échappa aussi au Prince Maurice , qui avoit résolu dela surprendre. Enfin après de vaines tentatives, il fut contraint de fairedevant Spinola une retraite admirée par ce Général même. Cette campa-gne accrut la réputation des deux Chefs, & non pas la fortune des deuxpartis.
On avoit fait dans les Indes des progrès plus réels. Van der Hagen,Amiral de la Compagnie , avoit enlevé aux Portugais le château d’Am-boine. II s’étoit emparé d’une partie des Moluques ; par ses conquê-tes & par fes négociations avec les Princes Indiens , il avoit assuré àla Compagnie le commerce exclusif d’épiceries ; nouvelle source de
Campagne
íTifruiïueu-
se.
Pregrisdans lesIndes.