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-HISTOIRE DE HOLLANDE
Sect. X. ci attesterent, que rhéróïfme se peignoit encore dans les regards fa-IUst- de rouches de ces hommes expirans , & qu’ayant cessé d’être redoutables,
Hollande.^ ì n fpiroienc cependant une sorte de terreur. Un exemple de cette. 1593-1 4»- e fp ecei àoit peut,-être plus beau & plus utile qu’une victoire, surcoûts’il eût été suivi d’un monument élevé à la gloire de ces illustresvictimes.
Cependant Spinola s’écoit emparé de Rhinbergen presque à la vue deMaurice, qui n’avoit point secouru cette ville, parce qu’il vouloirdemeurer maître des bords de l’Yssel. Le peuple tient rarement comp-te h un Général des sacrifices qu’il est forcé de faire pour conserver,une position avantageuse.
Retraite La retraite de Maurice devant Groll , fit encore triompher l’envie.deMaurice. On se rappella que la campagne précédente n’avoit pas été plus glo-rieuse que celle-ci, & l’on ne songea pas que l’on n’avoit point en-core eu en tête un Général aussi habile que Spinola ; que c’étoitbeaucoup de n’être pas accablés par lui , que les refiources de touteespece abandonnoient dans son camp, tandis que les Provinces-Uniesplus occupées-de la splendeur de leur commerce que des succès de leursarmes, songeoient moins à. la subsistance de leurs armées de terre, qu’à i’hon-neur de leur pavillon.
Frédéric - Henri n’avoit pas été mieux secondé par la fortune queMaurice; il avoit essuyé autant d’échecs qu’il avoit formé d’entrepriscs: ilavoit fçu sc garantir de toute surprise; mais il avoit trouvé les ennemis aussivigilans que lui, & n’avoit pû les surprendre, ni dans Venlo, ni dansMort de d’autres villes. Ainsi cette année ne fut remarquable que par la mort duPhilippe de Comte Philippe de Hohenlo, par celle de Jean de Nasiàu, Frere de Guil-Hohenio,& ] a ume I, & par le mariage de Philippe Guillaume Prince d’Orange, avec%'alsau * 6 61se du Prince de Condé. Cette alliance assuroit aux Provinces-uniesa ^ a ' l’amitié du Héros qui avoit fçu triompher du fanatisme du peuple, de lahaine des prêtres, de la politique de la Cour de Rome, & des forcesd’Espagne.
A n 1607. Tandis que Frédéric-Henri entroit dans Erkelens par surprise, & qu’iln ' ' échouoit devant Oldembourg, Jacques van Ileemskerk déja connu par son
voyage dans la Nouvelle-Zemble, sc rendoit plus céléb r e encore par unevictoire. II commandoit une Hotte composée de vingt-six vaiílèaux. L’A-miral Dom Juan Alvarès d’Avila, qui mouilloit dans la Baye de Gibraltar,avec neuf galiions & douze autres vaiílèaux, comparant la force de sesgalbons h la foiblesse des navires Hollandois, demanda à un prisonnier qu’ilVictoire retenoit près de lui, quel pouvoit être leur dessein? „ Celui de vous atta-navale des „ quer à l’instant même,” répondit le Batave. L’orgueilleux Espagnoljiollandois. sourit avec dédain h cette réponse ; il parut croire que son prisonnier plai-santoit: il changea de pensée & de langage, lorsqu’il vit la flotte Hollan-doise attaquer la sienne avec autant d’ordre que de furie. Heemskerk futtué au commencement du combat, & ne put être témoin de son triomphe.Mais il avoit si bien prévu tous les événemens, son plan d’attaque étoit sisagement combiné, sa mort avoit inspirés aux Hollandois une telle ardeur•de le venger, qu’après un combat opiniâtre les Espagnols furent entière-ment