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OU DES PROVINCES UNIES, Liv. XXXIII. Secr. X. 159
roient succomber Finnocence. II suc arrêté en effet. Grotius y Hoger- llijl, debeets, & Ledenberg furent traités de même. On les enferma dans des Hollande,appartemens séparés, & ce coup d’Etac fe fit avec tant de mystère , *593-1648.qu’aucun d’eux ne pût fe douter que les trois autres étoienc arrêtés. r ~
C’étoic dans Utrecht qu’on avoit pris cette étrange résolution, contraireà la Liberté Républicaine. Les Etats de Hollande fe plaignirent de cecacte tyrannique , approuvé ou du moins toléré par les íìx villes quele Stadbouder avoit gagnées. Maurice répondit que rien ne s’étoit faicpar son ordre, mais par Tordre des Etats Généraux, dont l’exécudon luiavoit été simplement confiée ; que c’étoit aux Etats de Hollande à accommoderce différend avec les autres Provinces, & qu’il fe conformeroic à touc ce quiferoit résolu.
La famille du Grand Pensionnaire fe présenta devant Maurice & n’en Démarche*reçut que des promesses équivoques & des menaces peu mesurées: elle delafamil-préfenta fa requête aux Etats, qui Fadmirent & n’y répondirent point.
Deux Seigneurs , Schagen & d’Aíperen , tentèrent de le délivrer de ^
vive force. Ce nouveau Regulus les fit arrêter eux-mêmes, puis â/r.considérant, qu’ils n’avoient été entraînés si loin que par zele pour lesdroits de la Hollande , il demanda qu’ils fussent relâchés ; on le luiaccorda & il rentra dans fa prison satisfait & tranquille. Cette con-duite n’étoit pas celle d’un criminel , qui auroit redouté la vengeancedes loix. Cependant fa famille, repoussée par le Prince, peu écoutéepar les Etats , fembloit l’avoir abandonné. L’un de fes gendres s’étoic
retiré en France ; & il n’avoit plus pour lui que fa conscience &
l’équité. On laissok un libre cours aux libelles diffamatoires , qui pré-fentoient fous un jour odieux la conduite des prisonniers; & au-cune voix n’ofoit s’élever en leur faveur. Leur fort étoic celui desaccusés dans un Etat despotique , lorsque des Commissures choisis parla haine, sont les arbitres de leur destinée. Ils étoient déja condamnésavant Fexamen. Nous allons citer les quatre Chefs d’accufation, d’une Chefs (Tac*maniéré plus détaillée & tels que les rapporte un Historien digne de eufation.-foi. „ Le Grand Pensionnaire avoit, *disoit-on , favorisé les Remon-,, trans, qui attribuoient au Souverain une grande autorité dans les„ affaires de l’Eglise ; c’étoit aussi par lui, ou à se recommandation,
„ que l’on avoit donné des Professeurs Remontrans pour successeurs à,, Arminius , ce qui devoir nécessairement contribuer à augmenter le„ nombre des Ministres attachés aux mêmes opinions : 2. il avoit fait
„ prendre & exécuter la résolution de soudoyer les Waardgelders ,
,, qui prêtoient un ferment particulier aux Magistrats des villes : 3. c’étoic„ lui, qui, dans plusieurs endroits, avoit faic exiger un ferment pareil„ des garnisons ordinaires ; ce qui aux yeux du Prince étoit une„ violation des droits attachés à se charge de Capitaine Général , &
„ une démarche par laquelle on avoit cherché à diminuer son crédit„ & son autorité: 4. ce qui s’étoit passé à Utrecht, tendoic k la même„ fin. Car ji étoit assez clair , que tout s’y étoit fait par les intri-» g ues d Oldenbarnevelt. II fçavoit que le Prince travailloit à y faire-