Buch 
44 (1788) La continuation et la fin de l'histoire de Hollande ou des Provinces-Unies, et le commencement de celle d'Angleterre ou de la Grande-Bretagne
Seite
160
JPEG-Download
 

i6o

HISTOIRE D E II O L L A N D-'E

Sect. X. „ licentîer Jes. Waardgelders, & cependant il n’en avoir pas moins fait

íniande ” nornmer une députation , qui s’étoit rendue à Utrecht, pour pré-

iS93-i<M« ” ven ’ r ce licentiement, ou pour employer la force de ces mêmes

-,, Waardgelders , afin d’y mettre la Magistrature , autant qu’ìl le

„ pourroic, à couvert de route entreprise de la part du Prince. Ho-

„ gerbeets & Grotius , ajoucoit-on, étoient de tous ces Députés

„ ceux qui aveient le plus de mérite & de capacité; raison qui„ devoir suffire pour leur faire partager la disgrâce que le Pension-„ naire s’étoit attirée par cette députation. D'ailleurs ils avoient„ conseillé de s’aíTurer des portes de la ville , de doubler les g-ar-„ des, & avoient sérieusement condamné le refus des Waardgelders de„ prendre la défense des Etats & de la Régence; action que le Prince regar-„ doit comme une résistance violente «St criminelle, faite à lui-même & aux„ Députés des Etats 'Généraux.”

Maurice traitoit d’attentats dignes du dernier supplice des démarches ,si peu criminelles, que les opinions fe parrageoient & qu’on - neíçavoit si elles avoient été nuisibles ou utiles à ìa patrie, & que tousles citoyens honnêtes convenoient au moins qu’elles avoient été entre-prises par des motifs louables; & ce même Maurice violoit lui-mêmeles privilèges de la Hollande par la détention illégale-des prisonniers ,par le choix de leurs juges , par la maniéré dont on-dévoie procédercontre eux ; puis exerçant un despotisme encore plus étendu , il par-couroit la Hollande , changeoit la Régence des villes , destituoit lesanciens Magistrats, en créoit .de nouveaux; en un mot, on l’auroicpris plutôt pour un Despote Asiatique , que pour le premier Miniilred’une République. ^Lorsque les habitans-de Hoorn lui représentèrent quefa suite nombreuse les alarmoit, ■ & qu’iUTe prioient d’entrer dans laville avec un cortege moins redoutable ; il répondit qu’il ne re-trancheroit pas un Page de^ fa fuite. II bravoit à la fois, ■& -les > Ioixde la République, & le mécontentement des Hollandois , Lt la puiílàncede Louis XIII, dont TAmbasTadeur s’étoit plaint de la violence faite à unvieillard, & à des hommes -de -mérite, que son maître protégeait. D’OL•denbarnevelt reçut dans fa prison plusieurs billets , par lesquels onl’avertiílòit de l’animosité du Prince , de la partialité des Juges qui luiétoient vendus , ‘•de la foibleíïè des Hollandois qui ne le défendaientqu’en tremblant, du mépris avec lequel avoient été traitées les quatrevilles , dont chacune réclamait son Pensionnaire , enfin de l’inutiie sol-licitation du jeune-Roi , qui vouloir sauver un étranger, & qui depuisimmola à la vengeance de Ton Ministre, Marïllac , Montmorenci & tantHúgerbeets d’autres. Hogerbeets fut interrogé le premier, & ses réponses pleinesest interro- de candeur nè chargèrent ni lui-même, ni Oldenbarnevelt. Un événe.S‘‘ ment défavorable aux prisonniers-fut la mort-de-Ledenbçrg. On Pavait

-menacé de la torture , parce que ses aveux tì’éroient point assez confor-mes aux désirs de ses ennemis. Avant de fe percer avec l’on couteau,il avait écrit en allez mauvais François le billet suivant, qu’il avait.confié, à son fils. Le -jeune homme ignoroic cette langue , & ne devoir

ouvrir

Conduitedespotiquede Mauri-ce,