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44 (1788) La continuation et la fin de l'histoire de Hollande ou des Provinces-Unies, et le commencement de celle d'Angleterre ou de la Grande-Bretagne
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OU -DES PROVINCES UNIES, Lrv. XXXIII. Sect. X. i6l,

ouvrir la lettre, qu’au moment où Lcdenberg espéroic être délivré des Hîfl.temains de ses persécuteurs & du fardeau de la vie. „ J e sçais que Tin- Hollande.

„ clination est de statuer en ma personne Texemple , me confronter l 59Z--6h8.„ avec mes meilleurs amis , me torturer , après me convaincre de udtnberg, „ contrariétés & faussetés , comme on dit , & après fur des points & se donne l». pointilles, fonder une sentence ignominieuse; car ainsi faut-il faire mort °

„ pour justifier'le saisissement & emprisonnement. Pour échapper de tout„ cela , je me vais rendre à Dieu par plus court chemin. Contre

„ l’homme mort ne tombe sentence de confiscation des biens.” II est

aisé de voir quel parti le Prince put tirer de cette circonstance , &de se faire une idée de tous les soupçons qu’elte fit naître. Si Le-*denberg n’étoic pas coupable-, pourquoi fe donnoic-il la mort? Leciel laisse -1-il succomber l’inriocence ? Tant de Juges pou voient - ilsRaccorder pour commettre une injustice ? Oui , fans doute, l’inno-cence succombe quelquefois ; la protection du Ciel ne la fauve pastoujours de la méchanceté des hommes. Mille exemples attestent cettetriste vérité ; quelque innocent qu’on puisse être, le meilleur partiqu’on ait à- prendre , lorfqu’on est accusé par des hommes puiílàns,

est de s’cnfuir & de répondre de très loin à la calomnie. Leden*

berg ne pouvoit plus fe dérober a fes persécuteurs que par la mort; elle futfon'afyle. Nous sommes bien loin d’approuver ce suicide: nous prétendonsseulemertt qu’il ne prouve pas que Ledenberg suc coupable, mais feulementqu’il redoutoit les douleurs de la torture,. &l’injustice de lès ennemis devenusmaîtres de -son fort.

Bogerbeets fut interrogé de nouveau: Grotius le fut ensuite, &confondit ses Juges par oette fermeté de caractère , cette force deraisonnement, . cette éloquence impérieuse , qualités auxquelles il dévoieson élévation.

Enfin d ? 01denbarnevelt parut devant fes Juges, disons mieux, de- oídcnbar -vant ses ennemis. L’intcrrogatoire dura vingt jours, & fe fit avec autant -nevelt estde mystère que dans un Etat despotique. ' La postérité a ignoré la interrogé.plupart des questions des Commissaires, & des réponses de l’acculc. Ce-pendant les Ambaílàdeurs de France, Boifife & du Máurier, préfentérencdes Mémoires' aux Etats Généraux en faveur des prisonniers. Us de-mandoient qu’on les remît entre les mains de leurs Juges naturels, ouqu’on leur en donnât qui ne fuífènt pas soupçonnés de partialité. Onrépondit vaguement que le jugement qu’on alloit prononcer , feroit siéquitable, que Louis le Juste Tapprouveroit lui-même. Scriverius,ami de Grotius & dTIogérbeets , s’occupoit alors de la seconde édi-tion des poésies Latines de Janus Secundus. On avoir jufqu’alors in-tercepté la plupart des billets qu’on avoir écrits aux prisonniers. Scri-verius imagina un nouvèau stratagème , pour tromper la vigilance desgardes & avertir fes amis de touc ce qui fe passoit ; ce fut de sup-primer quelques vers de son auteur, & de leur en substituer d’au-tres , par lesquels , désignant fous des noms supposés leurs amis &lents ennemis, il les prévenoit fur tout ce .qu’ils pouvoient craindre ou: espérer : les voici.

Tome XLIF >

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