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44 (1788) La continuation et la fin de l'histoire de Hollande ou des Provinces-Unies, et le commencement de celle d'Angleterre ou de la Grande-Bretagne
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OU DES PROVINCES UNIES, Eiv. XXXIII. Sect. X. I§Z

„ un bruit que les Contre -Remontrans ne scroient point satisfaits, uin j e„ que l'on n’eût fait son Excellence Comte de Hollande ; & qu’on Hollande.„ lui avoit dit de bonne part, que certain Bourguemestre , (celui 1523-1648.„ d’Amsterdam) avoit jugé que c’étoit au Pensionnaire à proposer la ~

„ chose ; quoique ce Bourguemesire ayant été prié de fa part de„ s’expliquer là-dessus, eût déclaré ensuite que c’étoit un mal-en-„ tendu... Ses intentions avoient été pures , lorfqu’il avoit travaillé„ à faire prendre les résolutions , pour le maintien de la paix & dans„ la tolérance. Les points contestés , n’étoient pas selon lui aísez im.

,, portans, pour que la concorde en fût troublée & l’union rompue.

„ Lorsqu’on avoit secoué le joug de l'Efpagne, on avoit accordé„ la liberté de conscience, & l’exercice clés différens cultes... 11

,, prétendoit encore que les Provinces de Hollande & d’Utrecht avoient„ le droit de lever des Waardgelders pour leur sûreté , & qu’on ne„ pouvoit licentier cette milice sans le consentement de ces Provin-„ ces." (a) C’est ainsi que le Grand Pensionnaire s’accusoit & sejusiifioit* On voulut, pour ainsi dire , rendre le Ciel complice de lacalomnie; on lui rendit de solemnelles actions de grâce, de ce qu’il avoitfait découvrir des complots formés contre la patrie , de ce qu’il avoitconfondu les sanguinaires espérances des ambitieux , & empêché lecarnage qu’ils se proposoient de faire. Ces termes vagues , dont leslettres circulaires des Etats & les discours des Ministres étoient rem-plis , entretenoient les soupçons du peuple. L’Ambaslàdeur de Francedemanda audience aux Etats & parla en faveur des accusés ; quoi-que persuadé de leur innocence , il implora cependant pour eux laclémence de leur ennemi. Ses efforts furent vains. Le Comte Guil-laume de Nassau & Duik demandèrent aussi qu’on fît grâce de lavie à d’Oldenbamevelt. Maurice y consentit, à condition que fa familleréunie viendroit elle - même demander pardon pour le coupable ; dé-marche qui n’eut pas moins flatté fa haine que la mort même duGrand Pensionnaire. Sa famille sentit, que par cette démarche humi-liante & contraire û la vérité , elle allât lui ôter l’honneur & quepeut-être elle ne lui conserveroit pas la vie. Elle ne voulut pointdonner à Maurice un titre dont il se seroit servi pour justifier ladisgrâce d’Oldenbarnevelt & le noircir aux yeux de son siecle &de la postérité. Elle résolut donc d’attendre le jugement, ne pou-vant concevoir , que tant de Républicains réunis fussent aílèz escla-ves d’un seul homme, pour juger contre leur conscience : elle fetrompoit.

Deux Fiscaux, van Leeuwen ô: Sylla, furent chargés d’aller annon- Confiancecer à ce vénérable vieillard, que fa tête blanchie par les ans tom- <T'Olden-beroit fous le fer d’un bourreau. D’Oldenbarnevelt en parut moins barnevelt.abattu qu’étonné. „ Une sentence de mort! dit-il. Je ne m’y at-„ tendois pas : je croyois qu’on m’entendroit encore.” II écrivit à son

(a) Abrég. de sllist, de Hollande.

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