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Seçt. X. épouse pour k derniere fois ; pendant que fa main traçoit cet éternel 1
Hifl. de adieu , on lui entendit répéter plusieurs fois : fi je fçavois dit moins-;
Hollande. p our q UO ì U faut que je meure ?. Un des .Fiscaux eut la. dureté de lui
ï 5g3~ I -4 - dire : vous íe sçavez déja ; mais on vous rapprendra bientôt encoremieux. Ce propos eut été moins déplacé dans la bouche d’un bourreau,que dans celle d’un Magistrat. Le Ministre Antoine Wallseus fut chargéde préparer à la mort ce grand homme , qui auroit pu lui dire ,comme le vieux Connétable de Moncmorenci : quand on a vécu tantd''années avec honneur , penses-tu qu'on n ait pas appris ,à mourir unquart-à'heure. D’Oldenbanìevclt le pria de demander deux choses auPrince en son nom ; la premiere , de lui pardonner , s'il Pavoit per-sonnellement offensé j la. seconde , de ne pas étendre fa. vengeance furses enfans. „ Qu’entendez-vous par ce mot pardonner ?” lui dit léMinistre : „ le priez-vous de révoquer la .sentence .de mort?- Non,”répondit d’Oldenbarnevelt, „ ma priere ne s’écend pas juCques-là.”Maurice joua bien son rôle ^en présence de, Wallteus. II parut s’atten- •drir fur le fort de la victime , dont la mort étoit son ouvrage ; ona même prétendu., qu’on avoir vu couler quelques larmes de les yeux.11 assura qu’il avoit toujours aimé d’Oldenbarnevelt ; qu’il étoit touchéde fa disgrâce; qu’il avoir prié les Juges de, ne point faire à cevieillard un crime des outrages qu’il avoit reçus de lui;. &. que per-sonne ne sollicitoit avec plus d’ardeur pour, cet infortuné; II promitaussi de traiter favorablement ses enfans , tant quils feroient bien,Puis il ajouta: „ ne demande- 1 -il pas qu’on lui faste grâce de la
„ vie ? ->. 11 ne m'a rien dit de pareil " repartit. Wallteus ; qui
alla aussitôt rendre compte, à .d’Oldenbarnevelt de son entrevue .avec lePrince. „ Je. ne., demande rien de plus pour mes enfans,” réponditce magnanime vieillard: , „ mais son Excellence se trompe, fort, lî„ elle croît que je demande grâce pour moi. Mais. Hogerbeets Ôç„ Grotius, ” ajouta-t-il, „ quel fort leur prépare.r t-.on..? Mourront-,, ils comme moi ? ——- On ignore, leur jugementrépartit le Mi»nistre.—„ Je ferois fâché reprit le, vieillard , „ qu’ils périílènt comme„ moi, & parçe que je les aime , & parcé que j’aime ìua patrie.„ Elie ne perd en moi qu’un vieillard, qui n’avoit plus à lui„ offrir qu’un reste de vie prête à s’éteindre. Mais Hogerbeets & mon„ cher Grotius font. jeunes encore peuvent rendre, à l’Etat de grands„ services.”
Enfin le jour fatal étoit arrivé , où. ss’OIdenbarnevelt.', par fa mort,devoit apprendre aux hommes, que l’innocence n’est gueres plus en sû-reté. dans une République que dans un Etat Monarchique. D’Oldenbarne-velt fit tranquillement avec, son sidele domestique Jean Franken, les pré»paratifs- nécessaires pour son supplice. II réfuta de voir fa famille , crai-gnant que ,1a vue de.tant d’objets si chers, ne, lui fît regretter, la vie.Cependant les personnages les plus respectables s’intéressoient en fa fa-veur. La Princesse Douairière voulut voir le Prince , & ne put y par-yenir. L’Ambassadeur, de France demanda audience, elle lui fut refusée ;