OU DES PROVINCES UNIES, Liv. XXXIII. Sbct. X. 171
expérience que dans l’Etat même le moins Monarchique, l'autorité d’unchef est toujours oppressive , penchoient pour le Parlement.
Richelieu étoit mort, & son maître , ou plutôt son esclave, lavoirsuivi de près dans la tombe. Mazarin avoir renouvelle Pallíance entre laFrance & les Provinces - Unies. Le Prince de Condé remportoit la vic-toire h Rocroi;& Frédéric-Henri manquoit la conquête de Hulst, malgréla terreur que le succès des armes Francoises avoir jettée dans le partiEspagnol.
L’année suivante fut plus glorieuse pour FréJéríc- Henri; il s’emparadu Sas-de-Gand, conquête importante, qu’on auroit dù entreprendreplutôt. Celle de Hulst , si longtemps & si vainement projettes par leStadhouder, fut enfin achevée en 1645. Mais il s'efforça deux fois desurprendre Anvers, & deux fois il vit échouer ce deíîèin, dont le succèsauroit mis le comble à ses désirs.
Cependant on cntamoit à Munster cette grande négociation qui devoirchanger le système politique de l'Europe. Frédéric-Henri, qui craignoitque la paix ne lui ôtât une partie de son autorité , ne pût retenir lesAmbassadeurs des Etats dont il vouloir différer le départ. Quoiqu’affoiblipar l’âge & par fes infirmités , il sc mit en campagne , & fut malheu-reux dans tout ce qu’il entreprit. Audi lorsqu’on vint le complimentersur son retour, il répondit avec humeur : je suis fâché qu'ìl neJe soit rien fait de plus cet été ; mais on est en paix. Le chagrin,l'âge, les infirmités, tout concouroit à Paccabler. On a vu quelqueshéros privilégiés, à qui la Nature a accordé la faveur de conserverleur génie jusqu’au tombeau, malgré la décadence de leur corps:le Stadhouder n’eut point ce bonheur ; le moral suivit en lui le phy-sique ; son esprit s’affoiblissoit ; il devenoit irrésolu, même timide ;enfin une maladie de langueur termina ses jours le 14 Mai de cetteannée. II eut autant de talens & plus de vertus que son frere. Sonambition fut moins avide & moins sanguinaire. 11 sçut pardonner à sesennemis, & demeurer sidele à scs amis malheureux. Son gouvernementfut doux : il rappella cet esprit de tolérance , qui avoit été la basede l’édifice politique. Les Catholiques même ne furent point persécu-tés. Sévére dans les camps, aimable dans fa cour, débonnaireavec le peuple, modéré dans les astèmblées ; il fut adoré de tous■les partis , ou plutôt il n’y eut point de partis sous son gouvernement.
Guillaume son fils lui succéda. Celui-ci ne respiroit que la guerre,& si l’on n’avoit mis un frein à son courage, -Jl'alloit par. des, expédi-tions hardies rompre les conférences de Munster. La paix , à laquelleon avoit tant de fois & si vainement travaillé, fut enfin conclue, malgréles remontrances des Ministres François, & même de la Hollande & dela Zélande, qui prétendoient que la République, d’après les Traités, nedevoir point faire de paix particulière avec l’Espagne., ni la signer, quelorsque les intérêts de la France & ceux des autres Puiíìances auroientété discutés. Par ce Traité le Roi d'Efpagne reconnoiffoit les Pays-BasUnis pour Etats Libres & Souverains , fur lesquels ni lui, ni scs Suc-cesseurs ne formeroient jamais aucune prétention. II déclaroic, au contrai-
Y 2
flist. de
Hollande.
1593-1648.
Mort rieLotmXIII.Auu. 1643.
Ann. 1644.
Ami. 1645.
Ann. 154$.
Ann. 1647»
Mort deFrédéric -Henri.
Ann. 164.1.
Paix deMunster.