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44 (1788) La continuation et la fin de l'histoire de Hollande ou des Provinces-Unies, et le commencement de celle d'Angleterre ou de la Grande-Bretagne
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OU DES PROVINCES UNIES, Liv. XXXIII. Sect. XIII. 371

resté sur le champ de bataille plus de trente mille morts (1). Les Fran-çois n’en a voient perdu qu’environ huit mille; mais le champ de batailleétoit resté aux Alliés, qui assiégèrent Mons: le Prince d’Orange dirigeale siégé, & Mons capitula.

Les Hollandois astoiblirent la France, non-feulement par leurs armes,mais encore par leur sage politique. Les Etats de Hollande & de Zélandedéclarèrent par un édit,que les Réfugiés Protestans & leurs enfans, feroientconsidérés comme sujets naturels de leurs Provinces & qu’ils pourroient,toutes les fois qu’ils le voudroient, fe faire donner des lettres d’indignatou de naturalisé. Quelque tems après les Etats Généraux rendirent cetédit général pour toutes les Provinces, & ordonnèrent en outre que laIrance ne pourroit former aucune prétention fur les biens des Réfugiés, dé-cèdes dans ces Provinces, soit à titre de contrats de mariage, de diipoíitiontestamentaire ou de succession ab intestat.

Les Négociations pour la paix femblerent prendre plus de consistance. LaFrance avoit envoyé ses Députés à Gertruidenberg; mais ni les offres queLouis faifoit de fournir de l’argent aux Alliés pour détrôner son petit-fils,ni celles de donner quatre places en otage, de rendre Strasbourg & Brifac,ni tant d’autres sacrifices ne purent rien obtenir; & les Conférences furentrompues brusquement (2). C’est h peu près vers ce tems que la Cour deVienne, en reconnoiíîànce des services des Etats Généraux, leur donna letitre de Hautes Puissances, qu’elie leur avoit constamment refuséjusqu’alors.

Les succès des Alliés, ceux de l’Archiduc Charles, qui avoit encoreforcé Pnilippe à sortir de Madrid , rendoient les vainqueurs intraitables.L'Espagne étoit aussi épuisée que la France. Philippe V étoit abandonné,lorsque son Conseil écrivit à Louis XIV & le pria d’envoyer Vendômepour l’oppofer à Staremberg. Vendôme arriva fans troupes & fans argent,& tout changea de lace; ía réputation lui procura des soldats, on accou-rut de tous côrés; il ramena Philippe à Madrid, força les ennemis de feretirer vers le Portugal, les poursuivit, atteignit Staremberg à Villa-Viciofa& le battit: Philippe combattit avec lui.

La hauteur insultante des Alliés avoit fait rompre les Conférences deGertruidenberg ; ils comptoienc si peu fur l’efficacité des Négociations,qu’ils avoient repris leurs opérations : ils s’étoient emparés de Douai, deBethune, de 8t. Venant & d’Aire: Vìllar's n’ofoic point hazarder les seulesforces qui restoient à la nation. Les François voulurent surprendre Lou-vain & le fort de Scarpe & ils échouèrent : ils battirent un Convoi desAlliés & Villars les empêcha de faire le siégé d’Arras,

Une révolution arrivée dans le Ministère d’Angleterre & la mort del’Empereur Joseph I, à qui son frere , reconnu Roi d’Efpagne par lesAnglois & par les Hollandois, succéda fous le nom de Charles VI, furent denouveaux motifs qui engagerent la Reine Anne & les Etats h reprendre lesNégociations de la paix; mais 011 n’en continuoit pas moins la guerre; ce-

(l) Voltaire, Siecle de Louis XIV. Cil. XX.

(2 j Voyez les Mémoires de Torcy.

Bist. deHollande.1 697, jus.ques à nosjours.

Sage poli»tique des

Hollandais»

Négocia-tions rom-pues.

Fierté desAlliés.

Succès deVendômeen Espa-gne.

Négocia-tions re-prises.

Aaa s