HISTOIRE DE HOLLANDE
Sect. XIII. pendant il ne se pasià rien d’important dans les Pays - Bas r l’absence duHifl. de Prince Eugene que la mort de PEmpereur retenoit en Allemagne , & la
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Hollande. ^jggrace âont Marlborough sentoit qu’il étoit menacé, jettoient beaucoupl quésànos de lenteur dans les opérations. Celui-ci néanmoins surprit les Françoisjours. dans leurs lignes de St. Orner , les en chassa & bientôt après obligea
Bouchain à se rendre.
La Hollande perdit la même année le Prince d’Orange, Jean Guillaume
Mort fu-
neste du
11 s'étoít rendu à I armée des Alliés.
Prince Haye, pour terminer quelques différends au sujet de la succession de Guil-
Á'Oraiige. ] aume III: il engagea les Etats à rappeller le Prince d’Orange ; il s’en dé-
fendit quelque tems; mais enfin il partit le 4 Juin avec quelques Seigneurs& ses domestiques. 11 fut assailli par une tempête en passant le Moerdyk ;le ponton dans lequel il étoit entré ayant été renversé d’un coup devent, le Prince qui s’étoit accroché au mât, fut jetté hors du batteau& submergé; son corps ne fut retrouvé que neuf jours âpres. 11 n’avoitque vingt-quatre ans. II fut regretté avec raison. II avoit donné plusieursfois des preuves de courage & de talent ( 1 )- H Lissoir une fille, & sonépouse étoit enceinte. Elle accoucha le 11 Septembre de Guillaume Char -les Frifo que nous verrons Stadhouder de toutes les Provinces de l’Union.
Cependant une intrigue de Cour dont la France savoir profiter, donnoitlieu à des conférences fermettes entre cette Puiílànce & la Reine Anne.„ Les Propositions faites par le Président Rouillé (*) aux Etats Géné-
„ raux, n’avoient point été acceptées. Le Marquis de Torcy avoit fait un
„ voyage inutile à la Haye. Sa bonne foi, fa candeur & son habileté n’a-„ voient produit aucun effet. Le Pensionnaire Heiníïus froidement opiniâtre„ opposoit toujours des obstacles à la paix, en paroi fiant la desirer : deCaraftere ,, nouvelles propositions faisoient naître de nouvelles difficultés. Heinsiusde Hein- J> n’affectoit de franchise que pour être plus mystérieux: il cachoit l’éten-
jhn.
due de ses deílèins, par le calme de son maintien, d’autant plus fin, qu’il
„ étoit flegmatique: il ne disoit que ce qu’il falloit pour engager un négocia-„ teur à dire davantage ; mais fa sinesiè même fervoit souvent à le tromper,,, en supposant aux autres des vues dont ils étoient bien éloignés. Aucun„ extérieur n’annonçoit en lui l’homme qui gouvernent l'Etat; tout son„ domestique étoit composé d’un Secrétaire, d’un laquais, d’un cocher &„ d’une servante: cette affectation de modestie tenoit peut-être de plus près„ à la vanité, que l'excès du faste.
Da Mar- „ Le Marquis de Torcy joigtioit la douceur d’esprit h la fermeté de ca-qnis de n ractere. Réservé sans être faux, il connoissoit les hommes , avoit lesTorcy. m qualités propres pour les persuader & ne cherchoit jamais h les séduire.
,, II méprisoit ces détours obliques , ces expressions ambiguës & ces in-„ trigues sourdes, qui font les grandes fineíîès des petits négociateurs : son„ ame noble & grande étoit digne du Monarque qui le faisoic agir. En un
( 1 ) Hist. du Stadhouderat, par M. f Abbé Raynal.
(*) T° u£ ce qui est marqué par des guillemets est tiré d’un manuscrit de M. l’Abbéde Voisenon, contenant l’Histoire des Négociations de la paix d’Utrecht, d’après lesMémoires originaux