GU DES PROVINCES UNIES, Liv. XXXIII. Secs. Xlll. 47 i
L’Empereur avoir établi h Ostende, une Compagnie des Indes Orien- ff/st. decales; les Puissances maritimes en furent jalouses; les Etats Généraux qui Hollande,regardèrent cet établissement comme très préjudiciable au Commerce des 1697Provinces-Unies, s’en plaignirent hautement. L’Ëmpereur pour le foute- “jouis!
nir contre le Roi d’Angleterre, voulut s’appuyer du Roi d'Espagne. Rip-—
perda, qui avoir été Ambassadeur des Etats Généraux à la Cour de Ma- Compagnie-drid, mais qu’ils avoient dépouillé de ee Caractère, à cause de la Reli- d Cstende.gion Catholique qu’il avoir embrassée, fut envoyé par cette Cour à Vien- ^ aronne, fous le nom du Baron de Paífemberg. II négocia avec habileté & de Ripper-conclut ce Traité qui, en effet, dut paraître fort étonnant à toute l’Euro- da -pe (i)- ^ ar Ge Traité., les deux Souverains renoncèrent à toute précen-
(i) Ripperda qui fut disgracié en 1726, mérite d’étre connu; Les Etats Généraux.
1 ,’avoient envoyé en Espagne en 1715. Ils le revêtirent ensuite du titre d’Ambassadeur,qu’ils lui ôterent bientôt après à cause de sou changement de Religion. Rétablissementde quelques fabriques de toile & d’étain , au préjudice de son pays, lui attira laconsidération des Espagnols & la confiance de la Reine, qui le fit charger des Négo-ciations entre les Cours de Madrid & de Vienne. L’habileté aveo laquelle il se con-duisit, Je rendit plus recommandable, & la Reine toute-puissante à la Cour le mità la tête des finances. . Cette place causa fa perte. Le Peuple lui fit un crime desimpôts qu’il fallut établir pour en tirer i’argent qu’il falloit envoyer à l’Empereur. Lesfinances fe trouvèrent épuisées; manquant de ressources, il chercha à s’étayer de l’An-gleterre & des Provinces-Unies-, & pour s’àtcirer la confiance de leurs Ministres, ils’ouvrit à- eux fur le traité de Vienne, dont ils n’avoient aucun soupçon. Ils furentfort étonnés d’apprendre que le projet étoit de rendre à l’Espagne, Port-Mahon &
Gibraltar, & de soutenir la Compagnie d’Ostende; Stanhope informa le Roi d’Angle-terre de ce qui se passoit, & Van der Mèer les Etats Généraux, Cës deux Puissan-ces demanderenc aussitôt à l’Empereur & au Roi d’Espagne, de les mettre au sait d’untraité auquel elles pouvoieut à peine ajouter foi. Une seconde indiscrétion de Rip-perda avoit mis les Cours de Vienne & de Madrid dans le cas de 11e pouvoir riendésavouer. Ripperda sentit que- sa disgrâce étoit infaillible. Le Roi d’Espagne l’eutpeut-être encore laissé dans le Ministère; mais ce Monarque pressé par l’Empereur sevit obligé de lui ôter le département des finances, en se servant néanmoins du motifspécieux de le soulager d’un fardeau trop pénible. Ripperda ne fut point la dupe dece prétexte, & sans attendre qu’on lui ôtât ses autres emplois, il s’en démit volon-tairement entre les mains du Roi, qui lui donna une pension de trois mille pistoles. IIquitta le soir même, l’appartement qu’il avoit à la Cour, & ne se croyant pas en sû-reté contre le peuple, qui témoiguoit hautement la joie de fa chûte , il demanda unasyle dans l’hôtel de Van der Meer, qui le renvoya à Stanhope. Celui-ci lui permitde rester dans son ^ hôtel, pendant son absence, & en fit part au Roi d’Espagne. Ce-Prince exigea de l’Ambassadeur, non - seulement qu’il ne le laisseroit point partir avantqu’il n’eût remis certains papiers, mais il fit investir l’hôtel par des soldats. Ripperda;craignant qu’on ne l’arrachât de son asyle, fit demander au Roi la permission de seretirer dans un couvent; ce qui lui fut refusé. Le Roi, de l’avis de son Conseil,qui regardent la retraite du Duc chez un Ministre étranger, comme un crime de Leze-Majesté, envoya deux cens hommes de fa garde, avec un Officier, chez Stanhope, dontles protestations ne purent empêcher qu’on ne fe saisît du Duc & de tous ses papiers.
On le transféra au château de Segovie. On i’y gardoit avec foin ; mais deux ans-aprês, i! trouva moyen de gagner un soldat & une des servantes du Gouverneur, quile firent évader. U alla successivement en Portugal, en Irlande, à Londres &. enfin euHollande ; mais voyant qu’il y étoit dans un entier oubli, il alla offrir ses services auRoi de Maroc, 01V il embrassa la Religion de Mahomet. Mais ce Prince lui marquatant d’indissérence, que n’ayant pas de quoi subsister, il fe fit marchand de moutons.
II mourut à Tetuan misérable & méprisé , en 1737. Cependaor Stanhope & Van der -Meer se plaignaient de l’infraction faite au Droit des Gens , en violant un asyle , q'uidevoir être respecté ; mais des foins glus. imponans empêchèrent que cette affaire n’aliârplus loin».