Buch 
44 (1788) La continuation et la fin de l'histoire de Hollande ou des Provinces-Unies, et le commencement de celle d'Angleterre ou de la Grande-Bretagne
Seite
476
JPEG-Download
 

1

4/6

HISTOIRE DE HOLLANDE

Sect. XIII. „Hist. de „Hollande.1697, w f - ”ques à «os »>jouis. „

E.éponseadroite desEtats.

Terreur

supersti-

tieuse.

trône d’Angleterre, établie par la Loi. Enfin que par toutes ces rai-sons, il attendoit pour fa fille de la part des Etats, uue réception &un traitement conformes à ses feneimens & à fes désirs. Les Etatsrépondirent qu’ils regardoient comme une preuve de faffection de 8. M.,d’avoir choisi pour gendre , un Prince dont le mérite personnel leurrappelloit celui de fes ancêtres, & les services qu’ils avoient rendus à„ la République; que puisque S. M. a volt jette les yeux sur une Ré -„ publique libre , pour y fixer le séjour d'une fille aujjì chere , ih espé-„ rotent quelle trouveroit tous les agrémens que la situation des lieux„ la forme actuelle du gouvernement , à la conservation de laquelle„ les Etats prenoient le plus grand intérêt , pourraient lui procurer. "Cette réponle adroite annonçoit d’une maniéré assez ouverte les inten-tions du. Gouvernement au sujet du Stadhouderat, & la résistance que lesEtats fe propofoient d’oppofer aux efforts & aux sollicitations que lesamis du Prince pourroient employer.

Malgré l’accroiffèment des lumières en Europe , deux événemens quife pasierent cette année , caractérisent trop la nation pour les palierfous siience. On (è souvient encore de PefFroi superstitieux qu’cxcîta parmiles Catholiques des Provinces-Unies, la coïncidence de la fête de St;'Jean& de la Fête-Dieu : coïncidence très rare, mais nécessairement amenéepar le cercle des années. Une ancienne prédiction annonçoit les plusgrands désastres dans l'année, où ces deux fêtes dévoient fe trouver en-semble. On s’attendoit aux révolutions & aux calamités les plus affreu-ses: les Protestans à la plus violente persécution de la part des Catholi-ques , qui craignoient les mêmes horreurs de la part des Protestans. Lareligion -dominante étoit la plus allarmée ; fa haine grofDíïàne les objetsfe repréfentoit les Catholiques massicrant fes magistrats, établislanc u:inouveau gouvernement, s’cmparant des églises à main armée. On con-noifibit lès magasins qui rccdoient leurs armes. On avoic trouvé des cor-des fous les bancs de leurs églises, & ces cordes déíignoient les supplicesqii’ils destinoient aux cheís de la république. Cette terreur ridiculegagna les magistrats de quelques villes & de plusieurs villages, qui eurentla foibleíìè de faire doubler la garde, d’emprifonncr des Catholiques queprudentes. j eur imagination leur faifoic regarder comme suspects; précautions dange-reuses & qui pôuvoienc avoir les plus funestes effets, parce que les Ca-tholiques, auffi superstitieux que les Protestans, pouvoient prendre ces mou-vemens pour les préparatifs'de la persécution qu’ils redoucoient autantqu'eux.. Enfin le jour fatal arriva, (k les uns &. les autres furent égale-ment étonnés de leur tranquillité & de leur tolérance mutuelles. L'amouroutré de. la liberté, autre efpece de fanatisme, sic imaginer à ceux quicraignoient de la voir opprimer, que les partisans de la maison d’Orangeavoient fomenté ces frayeurs, asm d’en profiter: mais tous ces bruits tom-bèrent & il ne resta que la honte d’avoir eu peur.

Front- Mais la peur est une foibleíìè dont on éprouva bientôt qu’il est plusMaçons aisé de rougir que de guérir. II n'étoit alors question en France que

persécutés . j a société des Franc- Maçons, établie d’abord en Angleterre & ré-

pandue dans la plupart des Royaumes de l’Europe: soit qu’elle le fût

Précau-tions im-