OU DES PROVINCES UNIES, Liv. XXXIII. Sect. XIII. 477
secrètement en Hollande, soit qu’elle y parût pour la premiere fois, on ma. dedécouvrit que les Franc-Maçons avolent des loges dans plusieurs villes de Hollande,la République & particulièrement à Amsterdam & à la Haye. Le profond l ^ 7 » i u s msecret qu’ils gardoient fur leurs loix & leurs cérémonies , leur attiroit q ^ rs à r ‘ osbeaucoup de prosélytes, & encore plus d’ennemis , qui se perfuadoient J!!!—qu’on ne couvroit du voile du mystère que ce qu’il est honteux de mani-fester. On leur supposa des vues criminelles; les uns contre l’Etat , lesautres contre les mœurs, les dévots contre la religion. C’étoit pourcela, difoit-on, que. lors de fa réception, chaque Franc-Maçon prêtoitun ferment terrible de fe soumettre aux supplices, dont on lui offrofcl'image, si jamais il divulguoit l’histoire de la maçonnerie. II étoit par-donnable aux chefs d’une République de s’allarmer d’une société nom-hreufe, qui faifoit du mystère la premiere de ses loix. Ce qui eut dûnéanmoins rassurer le Souverain, cômvne il i’avoic été en France & enItalie, c’est que les plus honnêtes gens de tous les états étoient de cetteassociation, & qu’elle opéroit journellement des actes de bienfaisance. Oules accusa ouvertement de tramer des complots contre le gouvernement.
Pour fe justifier, les Franc-maçons de la Haye firent annoncer dans lespapicis publics , qu’ils a voient lait l’ouverture de leur loge en présencedes personnes respectables qu’ils nommoient. On regarda cette annoncecomme Un nouvel outrage. Les Etats de Hollande firent arrêter fauteurde l’annonce, qui fe trouva franc - maçon & qui avoua avoir tout fait parordre de fa loge. Enfin en v-.rtu d’un édit émané des Etats de Hollan-de , adressé aux magistrats de toutes les villes, toutes les loges de leurressort furent fermées, les assemblées défendues avec la plus grande sévé-rité & les frères dispersés. Iì y a des royaumes où le magistrat a uséde la même rigueur; mais on a connu l’innocence de cette confrátcrnité& les franc-maçons font aujourd’hui rétablis en Hollande même.
La Hollande étoit alors en pleine paix & s’occupoit des progrès de Ann. 1735.son commerce: elle ne prenoit aucune part, non plus que l’Angleterre, Guerreà la guerre que la France, l’Efpagne &• la Savoie saisissent h l’Empereur c ^ reCharles VI , qui foutenoit son neveu fur le trône de Pologne, donc il re ™ r p f’avoit fait descendre Stanislas Leszinski. La Hollande s’unit à l’Anglecerrepour pacifier ces Puissances. Les Etats Généraux préfenterent un projetde conciliation, que la France ne voulut point adopter; mais comme ilimportoic à leur commerce que l’Europe fût tranqiwHe , ils espérèrentplus de succès d’un armement considérable. Ils résolurent d’augmenterleurs forces fur terre & fur mer, fous prétexte de mettre la République Armementà couvert des suites que la guerre pourroit avoir ; mais la France con de la m*sentit à une suspension d’annes , pendant laquelle les préliminaires de la publique.paix furent signés à Vienne. L’Angleterre & la Hollande indisposéesqu’on eût rejette leur médiation , & qu’on n’eût fait aucune mention deleurs intérêts , refusèrent de garantir les articles du traité. La Républi-que n’en recueillit pas moins les effets qu’elle en nttendoit pour fa navi-gation & son ému nerce: aussi lorsque par le traité de 1738, Louis XVfut engagé à maintenir la Pragmatique Sanction, qui fixe dans la maisond’Autriche la succession à l’Empire , les Etats Généraux & l’Angle terre,
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