OU DES PROVINCES UNIES, Liv. XXXIII. Sec t. XIII. 487
Prince d’Orange à ces dignités; trois jours après , l’élection des villesfut ratifiée par la Province. Dès que la nouvelle de la révolution futparvenue h la Haye, la populace enhardie insulta le gouvernement, qu’onétoit parvenu à lui rendre suspect (1). On avoit persuadé au peupleque pour avancer la paix si désirée des François, il y avoit un traité deneutralité secret, entre la France & les Etats Généraux , qui s’étoient,disoit-on, engagés pour sûreté de robservation de ce traité, de remettreentre les mains du Roi, toute la Flandre Holíandoise , dont les enne-mis preneient les villes de l’aveu & du consentement des principauxmembres du Gouvernement. On donnoit pour preuve de ces faits , lafacilité avec laquelle plusieurs villes fe rendoient à la premiere somma-tion des François: on ajoutoit que plusieurs membres, & nommément lenouveau Pensionnaire Giliis, envoyé aux conférences de Breda, avoientvendu l’Etat à la France, avec laquelle ce dernier , affùroit-on, entre-tenoit des correspondances criminelles. Ces calomnies étoient atroces; lePensionnaire se crut obligé de se justifier devant les- Etats Généraux : lecompte qu’il rendit de fa conduite fut si satisfaisant, que les Etats or-donnèrent-des perquisitions'contre les auteurs de ces bruitíp'p'our les pu-nir: ils prirent en même tems des moyens pour repousser l’ennemi. Lesbruits calomnieux -diminuèrent ; mais les factions en faveur du Prince d’O-range n’en furent pas moins entreprenantes. Les villes „ de la Hollandele nommèrent successivement. Les-magistrats fe virent forcés de céder àP animosité des peuples: il formoit des attroupetnens à la Haye & vomis-soit impunément des injures contre les membres des Etats: il investit lepalais & l’on fut obligé d’y arborer y ainsi qu’à l’hôtel'de ville, le dra-peau d’Orange. La populace arrêtoit ■ chacun des membres des Etats quifortoit de l’Assemblée on lui demandoit s’il avoit déclaré le Prince-,Stadhouder, & s’il avoit signé comme les autres ? Malheur à celui quin’auroit pas répondu conformément au vœu de la populaces Lé Pension?n aire de Dordrecht’fut saisi k-la gorge par un bourgeois prêt à le poi-gnarder , si ce magistrat n’eut été íècouru à tems par un de ses amis-,,qui retint le bras de l’assaíïìn (L). - o
Cependant les ^ Etats différaient encore de déclarer le Prince, Stadhou-der. Le bruit d’une descente des François adroitement répandu, ranimala fureur du peuple; une foule de paysans entra dans la Haye, en de-mandant des armes pour s’opposer à l’ennemi: lé peuple ne douta plusdu danger & éclata en menaces. Les Etats firent publier que danstrois jours la nomination ferait faite: ils espéraient qu’en temporisantils sauveraient la République. Le peuple consentit à ce délai ; mais ildemeura toujours attroupé. Les Etats de Hollande furent forcés de re- !connoître le Prince d’Orange Stadhouder, Capitaine & Amiral Généralde leur Province. Celles d’Ucrecht & d’Overyssel le nommèrent peu dejours après. Enfin les Etats Généraux reconnurent & proclamèrent Guil-laume-Charles-Henri-Friso , Prince d’Orange & de Nassau, Stadhouder,,
( 1 ) Voltaire Précis du Siecle de Louis XV. Ch. XXIII.
( 2 ) Abrégé de f Histoire de Hollande & des Provinces - Unies.
Ilitk deHollande.
1 697; ja-ques à nosjours .
Emeute ìila Haye.
Les Etats& quelquesmembrescalomniésV insultés.
Le Princenommé parles villes.
Les Etats,obligésd arborerle drapeaud Orange.
Forcés derétablir le'Sìadltou -derat .