OU DES PROVINCES UNIES, Liv. XXXIII. Sect. XIII. 495
annulloît la déclaration extorquée des magistrats de Harle m; mais peu de TU fl. dejours après ils furent obligés de céder. Hollande.
La Populace & la Bourgeoisie de Leyde fe porterent aux mêmes excès mscontre les fermiers & les fermes, donc elles obtinrent la suppression. A j 0 U rs.
la Haye la violence alla plus loin; la maison d’un fermier fut attaquée,.--—
la garde bourgeoise la défendit; le Prince fit dire au Conseil de guerre d Leyde,d’eroployer tous les moyens pour arrêter la sédition. On publia la réso* * a ' ie 'ludion d’oppofer la force à la violence. Dès-lors le peuple furieux revientà la maison du fermier & met la garde en fuite. Un détachement dela garnison fit feu fur les mutins. Plusieurs furent blessés, il y en eutdeux tués & cet acte de vigueur suspendit la sédition. Mais à la publi-cation de l'édic des Etats, pour le maintien des fermes fur l’ancien pied,l’incendie fe ranima. La populSce, n'épargna qu’un seul fermier, qui dansl’exercice de ses- fonctions avoit fu gagner Famitié générale. Tant il estvrai que cette haine de routes les nations contre les exacteurs, n'est pasdestituée de toute raison.
Les séditieux excités par des agens secrets, en vouloient au Pension-naire Gillis, & à FAvocat Fiscal vaíí Wezel; on les accufoit de s’êtrelaissé corrompre par For des traitans: on les faisoit paíser pour des sang-sues publiques. Ces calomnies, étoient fans fonde menr. Les Etats prirentces deux magistrats fous leur protection, & le Prince envoya des troupespour garder leurs maisons. Le Pensionnaire Gillis, malgré les efforts defes ennemis & les fureurs de Faveugle populace; malgré les changemensqui survinrent dans la Magistrature, conserva fa place, dont il ne. fe démitque Fan née suivante, lorsque les troubles furent apprises: il eut póur suc-cesseur Jean Pierre SceinBourguemaìtce de Harlem.
La sédition fe fit vivement sentir à Amsterdam. Cette ville fut livrée A Amjìer*au désordre: le sang coula. On pilloit-avee rant de fureur, que plusieurs dot».personnes surent écrasées dans les rues, par la chute, des meubles qu’otvjeteoit par ses fenêtres. Le magistrat fit publier, pour appaifér les rebel-les , que l’on avoit porté leurs demandes aux Etats & au Prince, .& qu’ilfàlloit du moins attendre leur résolution la populace n’en fut que pluseffrénée ; après avoir dévasté les maisons des fermiers, elle fe répawddídans différons quartiers de la ville. La Bourgeoisie fe rassembla fous feschefs, tira fur les mutins & les dissipa : on prit un de ceux qui furent;tués; ón lé traîna aux fourches , où il fut suspendu par le pied: on sesaisit de deux fuyards, q,ui furent pendus fur le champ; pendant l’exécr*t-ion une patrouille bourgeoise ayant voulu percer la foule , & trouvéquelque résistance, tire au hazard, mais à poudre feule: des compagniesbourgeoises qui étoient fur la place, s’imaginent que e’est une attaque dela populace & font une décharge fur le peuple. Plusieurs personnes sontblessées. Tout fuit, on fe presse, quelques-uns tombent & font tomberceux qur les suivent; on fe foule aux pieds, on s’écrafe; plusieurs pous-sés au bord de la riviere, fe précipitent & font noyés. Cette méprisefuneste des compagnies bourgeoises , qui fait périr beaucoup de monde,seit cesser Fémeute.