OU DES PROVINCES UNIES, Lív. XXXIIÎ. Sect, XÏIT. 49/
Daniel Raap , concernant la vente publique des emplois au profit de â. déLEtar; l’exclusion des magistrats pour les places de Capitaines des com- Hollandepagnies bourgeoises & les anciens privilèges des milices. Ils obtinrent 1697,jus.-une grande quantité de souscriptions à leur requête, & envoyèrent en q - UCSàieur nom des députés au Prince, qui se vit obligé de les recevoir. 3 ° uri ' ,
Guillaume étoit naturellement bon & populaire. Ces députés glorieuxde ses maniérés prévenantes, ne manquoienc pas de se vanter de {'accueil■qu’il leur faisoit & de dire hautement qu’il approuvoit les trois articles.
Par ces manœuvres, appuyées de menaces, ces bourgeois qu’on appelloittìoëltfies , du lieu où ils œnoienc leurs assemblées, qui se diíòient & qui: íê croyoient les libérateurs de la patrie, forcerent les magistrats d’approu-ver leur requête , & l'on offrit les postes au Stadhouder qui en céda lerevenu à l’Etat.
Les membres du Conseil & les Bourguemaîtres voyant qu’on ne cher-■choit qu’à les dégoûter, résolurent de donner leur démission avec leconsentement du Prince. Cependant quelques bourgeois plus justes, de-mandèrent que k Régence fût conservée ; mais les Doëhítes, ayant gagnéla corporation des hommes h haches, ou charpentiers de vaisseaux, par-coururent la ville à la tête de quinze cens confédérés, affectant de s’arrê--ter avec menace, devant les maisons de ceux qui protégeoient la. Ré-gence actuelle. Ceux-ci surent intimidés & n’oserent plus se montrer.■Guillaume IV. se rendit à Amsterdam. Raap alla le recevoir & le harangua;le Prince fit son entrée dans la ville, à la tête de quatre mille char-pentiers, qui voulurent Paccompagner, avec l’étendard Orange, fur lequel-étoit la devise: pour orange et tA lîberté. Ce mot sacré de li-berté , est toujours le prétexte des tyrans & des esclaves. Les députés desquartiers de la ville lui présentèrent une requête, pour lui demander■que la Régence fût changée & les deux Pensionnaires renvoyés. Quel- Les sédi -ques séditieux, avec une escorte de charpentiers, se rendirent chez les lieux for-quatre Bourguemaîtres & exigerent leur promesse que dans deux jours cent ltiils abdiqueroient. Le Prince crut les appaiser, en déposant les Bourguemaì-tres & les trente-six Sénateurs qui formoient le Conseil. Aucun des Bour- tsabdiques'.guemaîtres ne tût rétabli, mais on élut dix-neuf des Sénateurs réformés,membres du nouveau Conseil ; les dix-sepe autres places furent rempliespar des personnes, qui jamais n’avoient exercé aucune fonction de ma-gistrature. La Bourgeoisie encouragée par ces succès, demanda que Pan- Et le Prin-çien Conseil lût changé , & le Prince ayant demandé aux Etais des ce à chan-pouvoirs qu’il n’avoit point, y sic encore une partie de ce que les ger la Ii£ ‘Bourgeois exigeoient. gmee*
La même effervescence regnoir dans les autres villes de la Province.
Partout le -peuple soulevé demandoit le changement des magistrats, horsdu cems, St partout il le portoic aux mêmes excès. II n’y eut que Dor-drecht & les villes de Zélande, qui conservèrent leur magistrature ; par-tout ailleurs le Prince fut autorisé à faire des changemens.
Les factieux allaient plus loin, ils demandaient un conseil de guerrelibre; mais le plus grand nombre ayant proposé que, pour rendre son in-dépendance plus entiere, on en exclut tout mejnbre qui auroit été dans
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