Buch 
44 (1788) La continuation et la fin de l'histoire de Hollande ou des Provinces-Unies, et le commencement de celle d'Angleterre ou de la Grande-Bretagne
Seite
500
JPEG-Download
 

*oo HISTOIRE DE H O- L L A N D E

Sect. XIII. intentions: il créa * h son tour une compagnie, mît les BourguemaîffôSí-Hist. de à la tête, & ne voulut jamais souffrir que la compagnie franctie montâtHollande, ja garde avec la sienne à l’hôtel de ville. Les deux. compagnies se re-tuel’ànôs g ar doienc de mauvais œil. Un soir que Fledderus, l’un des députés &.jours. Major actuel de la compagnie franche, dont le zèle amer s’étoit exhaler

--— en discours insolens contre la Magistrature, fe retiroic avec fa famille v .

escorté d’une patrouille, il fut attaqué; on sic feu fur la petite troupe,,qui suc mise en fuite; fa fille & quelques autres personnes furent blessées*Fledderus fe plaignit au Prince, qui remit la décision à. un autre teins»

, Fledderus demanda une justice plus prompte & le Prince renvoya fa re-

7 quête à la Régence de Steenvvyk pour lui en faire le rapport. Fledderus?-revint à Steenwyk & fut arrêté : fa femme demanda son élargissement,au Prince, qui la renvoya aux Etats d’QvcryíJèl. Les Etats prononcèrentExécution qu’il falloic huiler la décision de cette affaire au juge ordinaire. La Ré-*troce. gence fe croyant autorisée par le renvoi du Prince , sic pendre Fledde-rus, arrêter quelques mutins & nomma un ministre au lieu de celui qus.le consistoire avoir élu. Les mutins arrêtés firent agir., & le Stadhouder.ordonna de suspendre toute procédure ;. il renvoya des- Commissuresqui élargirent & déchargèrent les. prisonniers de toute accusation, ré-habilitèrent la mémoire de Fledderus, donc le cadavre fut exhumé &transféré dans une sépulture honorable. La Régence fut entièrement-changée & le Prince mit fin à la querelle, qui depuis cinq ans regnoic,entre le clergé & la magistrature»

Mais dans ce tems, le clergé dans quelques-unes des Provinces-Unies,avilisibic la religion par les. moyens même qu’il prenoit pour la.faire ho-' Corvulfìons norer. Soit superstition., soit fanatisme., la mode des convulsions & des *& faux miracles qui avoient fait tant de bruit cn Fiance, s’introduiíit en Hoihr-

miracles. , à du, cimeciere Sc., Medard. paílà dons la Veluvve. Le jeune Kui-pers, ministre de l’églife de Nieukerit, qui avoic reçu de la. nature une.imagination ardente, beaucoup d’éloquence, une ame tendre. & un grandfond de mélancolie, fut entraîné de bonne heure dans l’excès de la dé-votion: pénétré des vérités évangéliques qu’il annonçait, il ajoucoic en-core à la sévérité du précepte. II inspira l’effroi, plutôt que la crainte,de la Divinité. II opéra dans quelques-uns de fes auditeurs & furcousdans les femmes & les enfans, dont l’ame tendre & sensible & la foi-blesie des organes ne pouvoient soutenir les fecousiès de son éloquence, desmouvemens qui parurent extraordinaires: on les voyoit d’abord verser un-torrent de larmes; l’oppreílion de leurs cœurs produisoit des convulsionsdans tous les membres. Les images effrayantes d’un Dieu. terrible &.irrité,d’un enfer toujours prêt à s’ouvrir fous les pas du pécheur, aliénoientleur esprit; les organes de la voix fe rellèrroient, & lorsqu’ils- pouvoient-s’e-xprimer, ils jeteoient des cris & des hurlemens : l’imagination frappée dePhorreur des supplices éternels, qu’on leur avoit, annoncés, ils voyoientle diable prêt à les saisir; ils versifient un torrent de larmes, fe frap-poient la poitrine, dé festoient leurs péchés (& tout étoit péché pour.eux) : ils imploraient la miséricorde divine & croyoienc la fléchir parles macérations les plus dangereuses: ceux donc les organes écoient plus