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44 (1788) La continuation et la fin de l'histoire de Hollande ou des Provinces-Unies, et le commencement de celle d'Angleterre ou de la Grande-Bretagne
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5ta HISTOIRE DE HOLLANDE

Sb<tt. xill. ces mots: Salutìfero Bcerhaavii Genlo sacrum . (Au Génie salutaire deHiji. de Boerhaave (i).

1607 n ^Â- guerre entre l’Angleterre & la France tendoit à sa fin. Les Angloisqùes à tios n ’ en continuoienc pas moins leurs pirateries. Cependant les Holiandoisjours. s’étoient mis en état de défense. Cinq frégates Anglaises, dont une étoic

—-- armée de cinquante pieces de canon, rencontrèrent un vaiílèau de guerre de

désuni** République, escortant quatre vaisseaux marchands qui sortoient du Texe!.glcis. Ce vaisieau étoit commandé par le Capitaine Salomon Dedel. Quoiquetrès inférieur en forces, Dedel refusa la visite du Commandant AngloisCombat. & se prépara au combats il fut long & opiniâtre. Dedel fut bleííë,ainsi que onze Holiandois.; deux furent tués ; son vaisseau fut entourépar les cinq frégates, pris & conduit à Londres, avec les quatre vaisseauxmarchands; mais la Cour de Londres, pour la premiere fois, déclara-ces vaisseaux injustement pris : fans doute pareeque les négociations pourla paix étoient déja fort avancées.

La paix en Allemagne (2) & surtout celle de T Angleterre avec la France& l’Efpagne, délivra la République de ses craintes & des traitemens in-justes des Anglois, qui cependant eurent recours aux Etats Générauxpour obtenir le passage de leurs troupes fur son territoire & pour leurembarquement à Wiilemstadt. Ce pastàge leur fut généreusement accordé.Le Stad- Le Stadhouder avoit atteint fa quinzième année : il fut admis à l’assem-houder ad- blés des Etats Généraux & à celle du Conseil d’Etat. Le Comte denus aux Waísenaar, Président du Conseil d’Etat, borna tout son discours à deson e ' vœux, mais ces vœux étoient des instructions, ou plutôt des leçons. IIsouhaitait qu’on vît fe réunir dans le jeune Prince le zele & l’amourpour la Patrie de Guillaume I; les connoiííànces & les succès millitaires

de

(1) Ilerman Boerfmve nâquic en 1 6s>8 , à Voorhout, près de Leyde. Son pere,pasteur de cette église, fut son premier maître. Dés l’âge de onze ans, il savoit duGrec, du Latin, de la Géométrie & un peu de Littérature. A quatorze il parut dansles écoles publiques de Leyde , & s’y fit en peu de tems une grande réputation.A quinze il perdit son pere. Destiné au Ministère comme lui, il apprit l’Hébreu, leChaldéen, étudia la critique de sancien & du nouveau Testament, lut les anciens au-teurs Ecclésiastiques & les Commentateurs modernes, fans perdre de vue la Médecine:il fut reçu Docteur dans cette science, en 1693 , à l’âge de 25 ans. L'Université deLeyde qui lui avoit fait présent d’une médaille d’or, à l’âge de 20 ans, pour récom-penser son mérite & l’encourager , lui donna bientôt des témoignages d’estime pluséclatans. II eut trois places considérables' dans cette Ecole; celles de Profefiéur enmédecine , en chymie & eu botanique. Les étrangers vinrent en foule prendre sesleçons; toute l’Europe lui envoya des disciples. L’Académie des sciences de Paris &la Société de Londres fe l’associérenc. II réunit dans tous ses ouvrages & surtout dansses Aphorismes , la théorie & la pratique. II a réduit la médecine à des principesclairs & lumineux. Les Médecins praticiens ne peuvent plus fe palier de ses écrits.II mourut en 173:1. II laissa à fa fille unique, quatre millions de notre monnoie,quoiqu'il eût commencé par donner des leçons de mathématiques pour subsister. SesInstitutions de médecine font traduites dans toutes les langues, & même en Arabe.Sa réputation étoit si étendue, que d’une des autres parties du monde on lui écrivoicavec cette feule adresse: A f illustre Boerhaave, Médecin cn Europe, ík la lettre luifut rendue.

(2) Voyez nos Volumes précédens, Histoire de France, d’Allemagne, &c.