OU DES PROVINCES UNIES, Liv. XXXIII. Sect. XIII. Alz
de Maurice; la douceur & l’aíFabilicé de Fréderic-Henri; la pénétrationde Guillaume II; la politique savante de Guillaume III, & l’enfembledes vertus, de Guillaume IV. Ce jeune Prince causa peu de jours aprèsde vives allarmes à la nation, qui presque généralement en faisoit lesdelices des cœurs. 11 fut attaqué de la petite vérole, mais elle se ter-mina heureusement, & Guillaume V fut admis aux assemblées des Etats,& dans les Colleges supérieurs de la Province de Frise (i).
La navigation se rétablissent ; mais le commerce souffroit intérieurement.Deux fléaux presqu’également funestes le minoient, le luxe & la mau-vaise foi qui marche toujours à fa fuite. La révolte des Negres dansla Colonie des Berhices lui fit beaucoup de mal. Les malheureux esclavesde la République , opprimés & maltraités par des maîtres barbares,s’étoient souvent soulevés; ils n’en avoient été que plus écrasés. Onexerçoit contre eux des cruautés horribles. Les Negres de la Colonie desBerbices se réunirent contre leurs maîtres, dévastèrent les plantations,firent main basse fur les Blancs, & leur firent éprouver des cruautés encoreplus horribles, que celles dont ils avoient été si longtems les victimes.Les Blancs appellerent au secours les troupes de la Colonie ; les Negrescroient en trop grand nombre & tout ce qu’on pouvolt faire, étoit dese défendre: il y eut plusieurs combats très meurtriers. Enfin les EtatsGénéraux y envoyerenc de nouvelles troupes : les Rebelles se trouvèrentles moins forts; une partie s'enfuit & se dispersa dans les forêts; on lesen chassa & la plupart furent massacrés; le reste fe soumit (2).
Le commerce s’étoit soutenu malgré la guerre ruineuse, excitée par lebeau-pere de Guillaume IV entre les Provinces-Unies & la France, malgré lespertes énormes & les vexations dans la derniere guerre essuyées de la part desAnglois, qui croient (depuis que la Hollande leur a procuré un Roi, enson Stadhouder) avoir la Royauté fur la République ; & malgré le sou-lèvement des Negres contre les colons: mais, un condamnable luxe lemit fur le point de fa ruine: la corruption des mœurs qu'il avoit en-traînée, étoit générale. Les Hollandois conservèrent longtems la simpli-cité, la bonne foi, la sobriété, la modestie des anciens Bataves. Leuramour pour le travail, leur activité, leur franchise, donnoient à la nationcette énergie qui leur fit secouer le joug odieux du Despotisme & quiconserva la République contre les efforts d’une nation puissmte , autre-fois maîtresse impérieuse & longtems l’alliée de la Hollande, fa riva-le (3). Tant qu’ils firent servir leurs richesses, fruit de leur industrie,à soutenir l’honneur de leur commerce & la gloire de FEtat; taut qu’ilsmirent leur orgueil à conserver & à augmenter leur crédit, leur com-merce devint toujours plus florissant: mais dès qu’ils se prévalurent deleur opulence, qu’ils regardèrent la richesse, ainsi que la noblesse qu’onhérite & qu’on ne mérite pas, comme une distinction, & qu’ils s’en firentun mérite, tout fut sacrifié au faste, qu’ils regardoient comme la marque
(1) Histoire de la Hollande & des Provinces-Unies, T. IV.
( 2 ) Idem Ibid.
C3) Voyez le commencement de cette histoire.
Tome XLIV. Ttt
flist. deHollande.1697, j us.ques à nosjours.
Commerceprefqu'a-néanti parla luxe.
Révoltedes.Negres .