fíist. d’Aii
gleterre.
Introd.
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talens. Attaqué d’une maladie dangereuse, il promet de changer de con-duite, s’il recouvre la santé. Le ciel exauce ses vœux, mais pour le_ malheur de ses peuples; puisque reprenant avec ses forces son anciencaractère, il se montre chaque jour plus dur & plus farouche. Ce n’ellque bien longtems après qu’il reçoit enfin la punition de ses crimes. IIest tué dans une partie de chaise d’un coup dè flèche lancée au hasard,qui lui perce le cœur.
A cette époque la. nation Angloise commence à jouir de son ancienneliberté. Henri 1. reçoit le sceptre des mains de ses sujets, qui le luidéfèrent au préjudice du droit que Robert son frere aîné avoit à la suc-ceíìîon du trône. Pour reconnoître un auífi grand service, il se hâte deleur accorder ces privilèges qui dévoient rompre pour jamais en Angle-terre les fers du Despotisme, rendre la Nation plus libre qu’elle ne sa-voir été jusqu’alors, ôter au Souverain toute influence fur les droits desCitoyens, le mettre au contraire en quelque forte dans la dépendance duPeuple, donner à celui-ci la prépondérance dans l’administration des af-faires de l’Etat, renfermer enfin dans les bornes les plus étroites & lesplus insurmontables l’autorité suprême, pour qu’elle n’eût plus désormaisque le droit précieux & vraiment Royal de répandre des bienfaits, fansavoir l’odieuíè puiflance de faire du mal. Telle est sorigine de cettefameuse Charte , que l’on peut regarder comme la base eflèntielle &fondamentale de la liberté publique.
Henri II réunit à ses Etats la Guienne & le Poitou, en épousant laPrinceflè Eléonore, que Louis VII, Roi de France, venoit de répudier.Les premieres années de son régné sont troublées par l’esprit inquiet &turbulent de l’Archevêque Becket. Mais à peine un lâche aílàssinat a misfin aux complots de ce Prélat factieux , qu’Henri fe propose de subju-guer l’Irlande , vaste anarchie divisée en plusieurs Souverainetés, & oùregnoient les vices les plus bas, les mœurs les plus grossières, les cou-tumes les plus barbares, l’ignorance, le fanatisme & la superstition. CePrince n’avoit aucun droit à cette conquête; mais il croit légitimer sesprojets d’usurpation, en-demandant au St. Siège la permission d’envahirce Royaume, & d’y porter avec la terreur de ses armes, la lumière del’évangile.
Usurpateur injuste de slrlande, mais doué des plus rares qualités, Henriméritoit, à ce crime près, de jouir d’une tranquille vieilleflè. Trop sen-sible pour résister aux chagrins que lui causent les révoltes de ses enfans,& de Richard surtout , l’objet de sa tendresse, il expire de douleur,trop tôt pour l'Angleterre, trop tôt pour ses enfans eux-mêmes, dévo-rés des remords que leur causoit leur perfidie. Richard ne jouitpas longtems du fruit de ses noirceurs. Jean son frere s’empare dusceptre, au moyen d’une ligue qu’il sait se ménager adroitement. Richardest enfermé dans une obscure prison, & à peine est-il parvenu à briserses fers & à reprendre la couronne, qu’il meurt d’une blessure dans unebicoque. Alors les droits de Jean sont reconnus; mais ses vices, sonhumeur sanguinaire , son injustice , ses déprédations soulèvent le peuple-Jean allarmé fe hâte d’aíîèmbler les Barons, jure d’obferver tous les ar-ticles