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44 (1788) La continuation et la fin de l'histoire de Hollande ou des Provinces-Unies, et le commencement de celle d'Angleterre ou de la Grande-Bretagne
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D’ANGLETERRE, Liv. XXXIV. 529

ticles de la Grande Charte, en ajoute de nouveaux, étend les privilèges ////^ d’A*-& les prérogatives des citoyens , met des bornes étroites à son autorité, glecerre.

& place la liberté publique au - dessus de ^indépendance royale. Le Pon- Intr <>d.tife Romain irrité de la conduite de ce Prince pusillanime, veut s'oppo- -

fer à l’exécution de cette seconde Charte; mais son autorité, íi puissanteTailleurs, ne peut rien obtenir* Jean s’unit au St. Siège, & ses sujetsindignés offrent le trône au Dauphin de France. Louis passe en Angle-terre, est reçu avec acclamation, & couronné. Jean meurt, plus mépriséque craint, couvert de honte, déshonoré par ses vices, par la cruautéde son caractère, l’inconséquence perpétuelle de sa conduite & la bizar-rerie de son esprit.

Henri III, son successeur, ne montre fur le trône qu’un Prince sansvertus, fans vices peut-être, mais aussi fans talens. Sous ce Monarqueimbécille les ombres de l’ignorance s’épaississent, & les ténèbres de la -superstition s’étendènt du palais du Souverain dans toutes les parties duRoyaume. Enfin après un régné continuellement agité par les troubles& des injurieuses prétentions des grands, il meurt peu regretté de sespeuples, auxquels cependant fa foiblesse avoit procuré de grands avantages.

Edouard I. qui lui succéda, mit sagement à profit les fautes de sonpere. Son premier soin fut d’assoiblir l'autorité des Barons, qu’il regar-doit comme les rivaux de fa puiílànce & les oppresseurs du peuple.

Dans cette vue, il protège ouvertement les citoyens , établit de sagesloix, veille lui-même à leur exécution, se fait aimer, & ajoute à sesEtats la Principauté de Galles, que, depuis près de huit cens ans, sesprédécesseurs n’avoient pu conquérir. II eut pu ajouter encore l’Ecosse,'si la mort, en le frappant au milieu de fa carrière, n’eut plongé lanation dans le deuil.

Sous Edouard II. son fils, Prince foible & ennemi de toute applica-tion, le Parlement, indigné de la molleíse du Monarque, dispose detoutes les places dans la maison du Roi, dans la Magistrature, les Fi-nances, le Militaire & ne laiíse au Prince que l’ombre de la Royau-té. Edouard piqué & jaloux de faire briller ses talens, porte la guerreen Ecosse, se fait battre, Sr les Ecossois reprennent leur ancienne dé-pendance. La Reine méprisant son époux autant qu’il est méprisé de sonpeuple, se met à la tête des mécontens, attaque le Roi, le fait pri-sonnier, & convoque un Parlement qui , fur des accusations aísez vagues,

& des preuves plus vagues encore , déclare le Souverain incapable deregner, le dépose, confie la Régence du Royaume à la Reine qui,maîtresse du sort de son époux, le fait périr d’une mort violente, &donne, suivant l’usage, des larmes à fa mort. Mais ces horreurs & cesatrocités ne font que les crimes de quelques scélérats qui se disputentla couronne, & elles ne blelsent en rien la liberté nationale, qui s’ac-croît, au contraire, en proportion de l’aviliísement de la majesté du sceptre.

Edouard III. dissipe bientôt les orages que l’efprit de discorde, la soifde t ambition & la perfidie ont rassemblés autour du trône; il fait trem-bler les factieux qui se soumettent d’autant plus promptement, que lavaleur, l’équité, les talens & la sagesse d’Edouard le rendent également

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