330 HISTOIRE
HiH d’An* l’objet de l’aniour de ses sujets & des respects du Parlement. Aveuglégiéterre. par son ambition, & se persuadant, après la mort de Charles de Valois,
Introd. q Ue du chef àt fa rnere il a des prétentions fondées à la Couronne de
■ ■ ■ " 1 ' France, il se ligue avec plusieurs petits Souverains, prend' hautement I'e
titre de Roi de France, fomente entre les deux nations une haine irré-
conciliable , envahit quelques Provinces Françoìses, obtient des succès,essuye des revers qu’il répare par des victoires, obtient des subsides toutesles fois qu’il en demande, & n’en demande jamais qu’après avoir ajoutéde nouveaux privilèges aux anciennes prérogatives des citoyens. Enhardi parle progrès de ses armes, il assiège les places les plus importantes de France,y entre en vainqueur , & se rend maître de la personne du Roi, qui
dans la fuite est vengé complectement par la défaite entiere des Anglois.
Ce revers ternit la gloire d’Edouard, qui voie en même tems son auto-rité s’affoiblir, à meíure. que le pouvoir du Parlement s’accroît, & quela liberté de la Nation se fortifie.
Trop jeune pour tenir les rênes du gouvernement , Richard II voieson royaume en proie aux factions que suscite la mésintelligence de festrois oncles,’les Ducs de Lancastre, d’Yorck & de Glocester. EnvainJe Monarque tente de lutter contre leurs efforts; il est contraint de plierfous l’afcendant qu’a pris fur son esprit le Duc de Glocester ; & pourcomble d’outrages & d’humiliation , il se volt privé de la couronne parles intrigues d’Henri d’Herreford, fils de ce même Duc de Glocester,qui ayant succédé aux droits de son pere, porte contre Richard les accu-sations les plus graves, le fait déposer, renferme dans un noir cachot,lui arrache la vie, & se place lui-même fur le trône, comme descendanten droite ligne de Henri III. Cet excès de scélérateílè ne reste paslongtems impuni. A peine Henri IV s’est-il couronné lui-même, qu’une.révolte générale lui annonce le mécontentement de la Nation. 11 s’efforcevainement de gagner l'amitié des citoyens; envain il jure de défendre leursdroits, de protéger leurs privilèges & de leur accorder de nouvelles pré-rogatives ; les fruits amers qu’il retire de ses crimes empoisonnent sa vie,qu’il perd avec cette même couronne qu’il a acquise k force de noirceur& d’assassinats.
Paisible possesseur du trône, Henri V son fils, craignait de voir se re-nouveler les anciennes factions, allume dans le sein de la France le flam-beau de la guerre , & profite en politique habile de l’imbécillité deCharles VI, & du malheur d’une Nation en proie aux factions des Ducsde Bourgogne & d’Oriéans. Les succès & les conquêtes accablent sesennemis; il obtient un Traité, par lequel le foible Charles, se conten-tant de jouir pendant sa vie du titre & des honneurs de Roi de France,reconnoît & déclare Henri V héritier de fa couronne. Heureusementpour la France ce projet ne fut point exécuté, grâces à la valeur duDauphin. Au bout de quelques années, Henri meurt comblé de gloire,admiré de l’Europe, mais peu aimé des Anglois, qui ne voient qu’avecdes yeux jaloux l’élévation de fa fortune. La mort de ce Prince n’estsuivie d’aucune révolution dans l’Etat ; la Chambre des Communes s’ar-roge le droit de donner une nouvelle forme à l’administracion , & n®