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17 (1761) L' histoire générale des Turcs et des empires qu'ils ont fondés dans la Tartarie et dans l'Asie Mineure: celle des Mongols et des Tartares depuis Jenghiz Khan, de l'empire fondé par ce conquérant, et de ses successeurs dans le Mogolistan, dans le Kipjak, dans la Taratarie Crimée, dans la grande et dans la petite Bukharie, et dans l'Iran ou la Perse en général
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HISTOIRE GENERALE DES TURCS. Liv. II. Chap. U. i®3

ceux qu’ Ahmed j Gouverneur de Samarcande, avoir mis en embuscade Sectiow .pour l’enlevtr. Sa faveur à Ja Cour ayant baissé, i] demanda la permis-lion de fe retirer dans son Gouvernement, où il paroisse!t y avoir des de ‘sanjarsemences de révolte. Le Sultan, en le voyant partir dit à ses Courtisans, VI.Sultanje vois les épaules d’un homme dont selon les apparences je ne verrai plus Seljucidegucres le visage : on lui conseilla de le faire arrêter s’il avoit quelque de ^’ Iran *soupçon contre lui, mais Sanjar repartit: j'ai de très-grandes obligations à ""cet homme ausjì bien qu à son pere , sff je croirois blesser la reconnoijsance queje leur dois , Jì je l'ojfenfois fur un simple soupçon.

Atsiz vérifia le prognostic du Sultan, car il ne fut pas plutôt arrivé II se ré-dans le líarazm , qu’il se mit à la tête des rebelles, deforte que Sanjar fut v °l tc à'obligé de faire la guerre à un ennemi qu’il venoit de laisser échapper deses mains, pour avoir respecté davantage les loix de l’Amitié que les re- mm *gles de la Politique. Cette expédition ne lui coûta cependant pas beau-coup de peine ; car s’étant mis en campagne l’an 533 de l’Hégire, 1140de J. C. avec des forces supérieures, il mit les rebelles en fuite, & 11Kilij , fils d'Atsiz , ayant été fait prisonnier, fut puni de mort. Cettevictoire calma les troubles du Karazm, dont Sanjar donna le Gouverne-ment à son neveu Solhnan Shah ; mais comme le Sultan ne laissa que peude troupes à ce Prince, il fut bientôt obligé de fe retirer & de céder laplace à Atsiz, qui rentra dans le Karazm à la tête d’une puissante armée.

Et l’on regarde cette année comme l’époque du commencement de la Dy-nastie des Shahs ou Souverains proprement dits du Karazm (a).

Deux ans après Samarcande se souleva encore contre le Gouverneur, Autre ri-qui étant attaqué de paralysie se trouvoit dans l’impuissance d’agir. LeSultan marcha contre les rebelles, & après un siégé de six mois ils furent Hejir.*obligés de rendre la ville par composition : le Sultan usa de sa clémence 535. de J.ordinaire envers les habitans . & ôta le Gouvernement à celui qui ne C. 1140.pouvoit pas faire ses fonctions, pour le donner à son fils.

Pendant le séjour que Sanjar fit à Samarcande, il fut sollicité par quel- Guerre £eques Seigneurs de fa Cour, de jiorter ses armes contre Gurjasb, Roi du Tartaric *Karakatay (*), lui représentant la gloire qu’il y auroit à faire la conquêted’un Pays qui paroissoit presque inacceflible, il fe rendit à leurs instan-ces, & fit marcher son armée de ce côté-là (f) ; mais Gurjasb vint au de-

vant de lui avec la sienne, tail

a en pieces trente-mille hommes des trou-

pes du Sultan, enleva tous ses équipages, & se rendit maître de tout sonHaram ou Serrai!, dans lequel étoit la Reine Tarkan Kathiín , la principa-le de ses femmes. Le Sultan Sanjar ne put prendre d’autre parti danscette déroute, que de choisir trois-cens hommes des plus braves de son

ar ;

(a) Khondemir, Lebtarihb, Nigkìarijì. ap. D'Herbelot, p. 14 6 . art. Atjîz.

(*) Voy. la Description de ce Pays ci-dessus Ch. I. Seâ. IV. D'Ilerbe/ot, ou Khondemirqu.’i! fuit. dit qu’on le nomme Karakatay ou Katay noir à cause de l’e'paisseur de ses fo-rets ,“ de la profondeur de ses vallées, qui le rendent sombre & obscur.

GV Le lebtarihb met cette expédition en l’année de i’Hégire 536, de J. C. 1141, &dit que la ìmte de la défaite de Sanjar fut la perte du Mawaralnahr.