HISTOIRE GENERALE DES TURCS. Liv. II. Chap. U. i®3
ceux qu’ Ahmed j Gouverneur de Samarcande, avoir mis en embuscade Sectiow .pour l’enlevtr. Sa faveur à Ja Cour ayant baissé, i] demanda la permis-lion de fe retirer dans son Gouvernement, où il paroisse!t y avoir des de ‘sanjarsemences de révolte. Le Sultan, en le voyant partir dit à ses Courtisans, VI.Sultanje vois les épaules d’un homme dont selon les apparences je ne verrai plus Seljucidegucres le visage : on lui conseilla de le faire arrêter s’il avoit quelque de ^’ Iran *soupçon contre lui, mais Sanjar repartit: j'ai de très-grandes obligations à ""cet homme ausjì bien qu à son pere , sff je croirois blesser la reconnoijsance queje leur dois , Jì je l'ojfenfois fur un simple soupçon.
Atsiz vérifia le prognostic du Sultan, car il ne fut pas plutôt arrivé II se ré-dans le líarazm , qu’il se mit à la tête des rebelles, deforte que Sanjar fut v °l tc à'obligé de faire la guerre à un ennemi qu’il venoit de laisser échapper deses mains, pour avoir respecté davantage les loix de l’Amitié que les re- mm *gles de la Politique. Cette expédition ne lui coûta cependant pas beau-coup de peine ; car s’étant mis en campagne l’an 533 de l’Hégire, 1140de J. C. avec des forces supérieures, il mit les rebelles en fuite, & 11Kilij , fils d'Atsiz , ayant été fait prisonnier, fut puni de mort. Cettevictoire calma les troubles du Karazm, dont Sanjar donna le Gouverne-ment à son neveu Solhnan Shah ; mais comme le Sultan ne laissa que peude troupes à ce Prince, il fut bientôt obligé de fe retirer & de céder laplace à Atsiz, qui rentra dans le Karazm à la tête d’une puissante armée.
Et l’on regarde cette année comme l’époque du commencement de la Dy-nastie des Shahs ou Souverains proprement dits du Karazm (a).
Deux ans après Samarcande se souleva encore contre le Gouverneur, Autre ri-qui étant attaqué de paralysie se trouvoit dans l’impuissance d’agir. LeSultan marcha contre les rebelles, & après un siégé de six mois ils furent Hejir.*obligés de rendre la ville par composition : le Sultan usa de sa clémence 535. de J.ordinaire envers les habitans . & ôta le Gouvernement à celui qui ne C. 1140.pouvoit pas faire ses fonctions, pour le donner à son fils.
Pendant le séjour que Sanjar fit à Samarcande, il fut sollicité par quel- Guerre £eques Seigneurs de fa Cour, de jiorter ses armes contre Gurjasb, Roi du Tartaric *Karakatay (*), lui représentant la gloire qu’il y auroit à faire la conquêted’un Pays qui paroissoit presque inacceflible, il fe rendit à leurs instan-ces, & fit marcher son armée de ce côté-là (f) ; mais Gurjasb vint au de-
vant de lui avec la sienne, tail
a en pieces trente-mille hommes des trou-
pes du Sultan, enleva tous ses équipages, & se rendit maître de tout sonHaram ou Serrai!, dans lequel étoit la Reine Tarkan Kathiín , la principa-le de ses femmes. Le Sultan Sanjar ne put prendre d’autre parti danscette déroute, que de choisir trois-cens hommes des plus braves de son
ar ;
(a) Khondemir, Lebtarihb, Nigkìarijì. ap. D'Herbelot, p. 14 6 . art. Atjîz.
(*) Voy. la Description de ce Pays ci-dessus Ch. I. Seâ. IV. D'Ilerbe/ot, ou Khondemirqu.’i! fuit. dit qu’on le nomme Karakatay ou Katay noir à cause de l’e'paisseur de ses fo-rets ,“ de la profondeur de ses vallées, qui le rendent sombre & obscur.
GV Le lebtarihb met cette expédition en l’année de i’Hégire 536, de J. C. 1141, &dit que la ìmte de la défaite de Sanjar fut la perte du Mawaralnahr.