,84 HISTOIRE GENERALE DES TURCS. Liv. II. Chai*. IV.
Section mauvaise monnoye d’argent , pour la débiter aux Croisés qui auroientquelque chose à vendre. En un mot, il n’y eut point de mal que l’Em-’^Massûd, pereur ne tramât ou ne fît tramer contre eux , afin que l’exempie de leurH'. Sultan malheur servît à détourner leurs deícendans de mettre jamais le pied furde Roum. j es terres des Romains.
~C ~ rn Les Allemands & les François n’étoient pas encore fort avancés , lors-des Turcs. qu’ils rencontrèrent une armée de Turcs, commandée par un Capitainenommé Pamplane , lequel excité par les Lettres de Manuel & animé parson exemple, les attaqua & les délit. Les Turcs se rangerent ensuite surle bord du Méandre, pour leur en disputer le passage; mais Conrad avantpoussé son cheval dans !e fleuve , toute son armée le suivit, & ayant ga-gné le bord , fondit sur les Turcs avec tant de furie , qu’il n’en échappa1147. presque aucun. On peut juger du terrible carnage qu’il y eut par les mon-tagnes prodigieuses d’os qui se voyoient en cet endroit , & que Nìcétaslui-même avoit vues avec etonnement. Le même Historien ajoute, qu’a-près cette célébré victoire les Allemans n’eurent plus d’ennemis à combat-tre dans le reste de leur chemin. Mais les Historiens d’Occident, qui pou-voient être mieux instruits , nous apprennent que l’ennemi ne cessa deparoître, que jusqu’à ce que les Croisés arrivassent à Iconie , Capitale des'Síege Etats Turcs dans l’Asie Mineure. Us investirent la ville de tous côtés,d Rome. ma - s e j[ e àoit fl forte par l’art & par la nature , & les Turcs se défendi-rent si vaillamment, qu’après avoir été long-tems devant la place, ils 11’a-voient encore rien avancé. A la fin les vivres leur manquèrent, ce quiDépart «L causa une si grande mortalité parmi les troupes , que -'Empereur ConradConrad. f ut bien aise de lever le siégé & de s’en retourner. Les mêmes Historiensattribuent généralement cette mortalité & le mauvais succès de toute l’ex-pédition , à la perfidie des Grecs , qui par la connivence de l’Empereurmêloient de la chaux parmi la farine qu’ils apportoient à vendre; ils ac-cusent encore Manuel d’avoir trahi les Chrétiens, en donnant avis de leursdesseins au Sultan Mafut ,ou Mahmûd , ainli que quelques-uns le nomment ( a ).
Voilà tous les évenemens que les Grecs rapportent du régné de Mas-fâd, auxquels nous n’avons qu’un fait à ajouter, epx Abusarâge rapporte;c’est qu’en l’année de l’Hégire 546, de J. C. 1151 JuJlin ou 'JoJsclìn Com-1151. te d’Edesse , ayant fait 1 Ecuyer de Nûro ddin prisonnier , l’envoya à Mas *sud, beau-pere de Nûro ddin , avec un message menaçant (b). Ce fait estpeu important en lui-même, mais il sert à fixer la durée du régné de ceSultan, que l'on fait par-là certainement s’étre étendu jusqu a ce tems-là;& des circonstances que nous rapporterons ci-dessous, marquées par lesHistoriens Byzantins , donnent lieu de penser qu’il véquit même deux ouMort de trois ans de plus. Mais en supposant qu’il mourut à la fin désarmée 1152,Massûd. ce ] a porte la fin de son régné quinze ans plus avant dans le siecle , que nele fait le calcul des Historiens Persans, & lui donne trente-sept ans de du-rée, ce qui avec un an de plus est le double du tems qu’ils lui donnent; &st l’on suppose que c’est lui , & non Saysan , qui a succédé immédiate-ment
(«) Nitet, Hist. de Manuel Comnen. L. I C. 2. 5 & <5, (-) Abulsarag. p. 256.