HISTOIRE GENERALE DES TURCS. Liv. II. Chap. IV. 185ment à son pere , il aura régné quarante-sept ans. Cela aide beaucoup à Sectionremplir le vuide que ces Historiens ont laide dans la succession de ces v ;Sultans , & la plus longue durée du régné de son fils & successeur ache* ^ jvLaínTdvera de le remplir parfaitement. iv. Sultan
de Roum.
SECTION VI.
Le Régné âe Kilij Arílan II. cinquième Sultan Seljucide âe Roum.
T es Historiens Grecs & Orientaux conviennent que Kilij Arjlan II. suc* Section■*-' céda à son pere MaJJud dans le Sultanat de Roum; mais c’est aussi tout VI.ce que les Historiens Persans nous apprennent touchant ce Prince, à l’exception de la durée de son régné, qu’ils ont abrégé des trois quarts. C’est ^slan^ir.ce qui confirme le soupçon , qu’ils ont manqué de Mémoires fur les pre- y. Sultanrniers Sultans de cette Dynastie. En effet D'Herbelot n’a donné , comme de Roum.cì-dessus , fous l’article de Kilij Arjlan II. que ce qu il a tiré d'Abulfarage (a) ; & cela se réduit à un court récit des chagrins qu’il s’attira par le lan ‘ ^ cil spartage qu’il fit de ses Etats entre ses enfans , quelques années avant fa quîememort, que l’on trouve auffi dans les Historiens Byzantins ; ensorte que nos Sultan,Lecteurs font redevables à ces derniers de tout ce qui concerne le régnéde ce Sultan, à la réserve du tems de fa mort, qu 'Abulfcirage a marqué.
Majut ou Majsûd, Empereur des Turcs, fe sentant proche de ía fin, Attaquépartagea entre ses enfans les villes & les Provinces qui relevaient de lui. par Jagu.11 donna à son fils Iíbliziajllan ou Kilij Arjlan la ville Capitale de Cogni pzfon.avec les places qui en dépendent ; à son gendre Jagupasan , peut-être Ta*kûb Hassan, ies villes d’Amasie & d’Ancyre, & la Cappadoce, contrée ílfertile ; & à Dadune les villes de Céfarée & de Sébaste. Les enfans deMajsud ne demeurèrent pas long-tems unis. Les Sultans de Cogni & deCappadoce , qui fe regardaient d’un œil d’envie Sc de jalousie , porterenttous deux leurs plaintes à l’Empereur Manuel , qui augmenta secrettemencla mésintelligence entre eux. II accorda néanmoins publiquement du se-cours k Jagupasan , par l’aversion qu’il avoit pour le Sultan , Prince d’uncaractère sombre & noir, qui méditoic sourdement la perte de tous ses pro*ches, & faifoit souvent des courses fur les terres des Romains.
Jagupasan , enorgueilli de ce renfort, attaqua le Sultan; il se donna plu-sieurs combats, où l’avantage fut à peu près égal ; mais la victoire s’étantà la fin déclarée pour JagupaJan , il mit bas les armes, & se tint quelquetems en repos.
Le Sultan vint ensuite trouver l’Empereur , quand il revint d’Occi- Le Sultandent (*) à Constantinople. Manuel le reçut avec joie, croyant que la p xè-serendatt-
sence de ce Prince servirait à rétablir ses affaires en Orient. L’Empereur Pss &
_ r Manuel,or*
Ça) ù'Herlelot , p. 1004. art. Kìllg Arjlan Ben Massoud.
**° ils supposons qu’il revenoit de son expédition de Sicile, ce que nous croyonsqui tombe en l’année 1153 ou 1154, car notre Historien Aicetai ne marque ni tems ni lieu.
Tome XVII. A