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17 (1761) L' histoire générale des Turcs et des empires qu'ils ont fondés dans la Tartarie et dans l'Asie Mineure: celle des Mongols et des Tartares depuis Jenghiz Khan, de l'empire fondé par ce conquérant, et de ses successeurs dans le Mogolistan, dans le Kipjak, dans la Taratarie Crimée, dans la grande et dans la petite Bukharie, et dans l'Iran ou la Perse en général
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ï 8<5 HISTOIRE GENERALE DES TURCS. Liv. II. Chap. IV.

SacTioN ordonna une espece de triomphe, mais le peuple ne fit pas beaucoup d’at-VI. tention à ce spectacle, parceque tous les esprits avoient été remplis deLeregnc f ra y £lir p ar un tremblement de terre, qui renversa les plus belles maisons,ArOanil & T 1 * remplit l’air de noires vapeurs. Le Sultan demeura fort long-tems àV Su'tan Constantinople & y prit souvent le divertissement des spectacles. Un jourífeRoum. un Turc qui passoit d’abord pour Magicien , mais qui fut reconnu depuis

— . .— pour un fou , monta fur la tour de Y Hippodrome, que les Turcs nomment

Atmeidan , qui signifie la même chose: ce fou prétendit qu’il traverseroittoute la place en volant ; il étoit vêtu dune roble blanche fort longue ôcfort large, dont les pans retroussés avec de f osier dévoient lui servir d’ai-les ou de voiles pour recevoir le vent. II demeura long-tems â étendre lesbras pour prendre mieux le vent, & le peuple qui s’impatientoit lui crioitsouvent de voler. L’u.mpereur le détournoit de cette entreprise vaine &dangereuse ; le Sultan étoit partagé entre l’espérance & la crainte. Enfinquand ce nouvel ícare crut avoir trouvé le moment favorable , il s’éiançacomme un oiseau, mais ses ailes n’ayant pu soutenir le poids de son corps,il tomba par terre & se cassa le cou, ce qui fit rire les Chrétiens, qui vi-rent ce spectacle.

Présens L’Empereur, qui avoìt fait de riches présens 3 Khlìzlajllan , le mena urrque Ma- jour dans l'on Cabinet, où il avoit fait mettre quantité d’or & d'argencnuel lui monnoyé , de vases cizelés, de magnifiques habits & de belles étoffes, &f aií ‘ Jui demanda ce qu il vouloir de toutes ces choses ? Le Sultan lui ayant répon-du qu il recevroit avec rejpeà ce qu il jugeroit à-propos de lui donner: Ma-nuel iui demanda , jì avec ïargent qu il voyoit , il pourroit venir à bout de sesennemis ? Khiíziastlan repartit qu il y avoit long - teins qu il les auroit domp-tés, s’il avoit eu une partie de tant de richesses: Hé bien , reprit i’Empereur,je vous donne tout cela , afin que vous jugiez de ce que posjéde m Empereur 9qui peut faire des présens fi magnifiques.

Mauvais Le Sultan , charmé d’une liberalicé fi extraordinaire, promit de remet»procédí da tre à Manuel la ville de Sébaste, avec les terres qui en dependent. L’Em-Suitan. p er eur accepta cette offre avec joie, & promit de lui faire d’auires pré-sens s’il tenoit fa parole ; & pour battre le fer tandis qu’il étoit chaud, ilenvoya Constantin Gauras avec de 1 argent & des troupes. Mais Khliziaji-lan ne fut pas si-xòt à Cogni, qu il ruina Sébaste, prit Césarée, chassaDadune de fes Etats, & poursuivit sagupasan, qui mourut pendant qu’illevoit des troupes, pour faire tête à son ennemi. Dadune , s’étant empa-ré d’Amasie, fut cause de la mort de la veuve de Jagupasan , qui savoirappelle ; car les habitans , s’étant soulevés, latuerent, & chassèrent Da-dune, dont elle prétendoit établir Ja puissance par fes intrigues.

Sís suais. Mais ils fe trouvèrent trop foibles pour résister â Khlizìajllan , qui ré-duisit leur ville fous son obéissance, comme il avoit soumis un peu aupa-ravant la Cappadoce, quoiqu’il fiat tout estropié, & si incommodé despieds & des mains, qu’il ne pouvoic aller qu’en char. Cela n’empêchapourtant point, que plein d’ardeur il ne violât (a paix, & n’enlevât plu-sieurs places aux Romains, & qu’ayant trouvé l’occasion favorable pourattaquer la ville de Meiitene, il oe la prît, ne la renversât de fond en-

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