ï 8<5 HISTOIRE GENERALE DES TURCS. Liv. II. Chap. IV.
SacTioN ordonna une espece de triomphe, mais le peuple ne fit pas beaucoup d’at-VI. tention à ce spectacle, parceque tous les esprits avoient été remplis deLeregnc f ra y £lir p ar un tremblement de terre, qui renversa les plus belles maisons,ArOanil & T 1 * remplit l’air de noires vapeurs. Le Sultan demeura fort long-tems àV Su'tan Constantinople & y prit souvent le divertissement des spectacles. Un jourífeRoum. un Turc qui passoit d’abord pour Magicien , mais qui fut reconnu depuis
— . .— pour un fou , monta fur la tour de Y Hippodrome, que les Turcs nomment
Atmeidan , qui signifie la même chose: ce fou prétendit qu’il traverseroittoute la place en volant ; il étoit vêtu dune roble blanche fort longue ôcfort large, dont les pans retroussés avec de f osier dévoient lui servir d’ai-les ou de voiles pour recevoir le vent. II demeura long-tems â étendre lesbras pour prendre mieux le vent, & le peuple qui s’impatientoit lui crioitsouvent de voler. L’u.mpereur le détournoit de cette entreprise vaine &dangereuse ; le Sultan étoit partagé entre l’espérance & la crainte. Enfinquand ce nouvel ícare crut avoir trouvé le moment favorable , il s’éiançacomme un oiseau, mais ses ailes n’ayant pu soutenir le poids de son corps,il tomba par terre & se cassa le cou, ce qui fit rire les Chrétiens, qui vi-rent ce spectacle.
Présens L’Empereur, qui avoìt fait de riches présens 3 Khlìzlajllan , le mena urrque Ma- jour dans l'on Cabinet, où il avoit fait mettre quantité d’or & d'argencnuel lui monnoyé , de vases cizelés, de magnifiques habits & de belles étoffes, &f aií ‘ Jui demanda ce qu il vouloir de toutes ces choses ? Le Sultan lui ayant répon-du qu il recevroit avec rejpeà ce qu il jugeroit à-propos de lui donner: Ma-nuel iui demanda , jì avec ïargent qu il voyoit , il pourroit venir à bout de sesennemis ? Khiíziastlan repartit qu il y avoit long - teins qu il les auroit domp-tés, s’il avoit eu une partie de tant de richesses: Hé bien , reprit i’Empereur,je vous donne tout cela , afin que vous jugiez de ce que posjéde m Empereur 9qui peut faire des présens fi magnifiques.
Mauvais Le Sultan , charmé d’une liberalicé fi extraordinaire, promit de remet»procédí da tre à Manuel la ville de Sébaste, avec les terres qui en dependent. L’Em-Suitan. p er eur accepta cette offre avec joie, & promit de lui faire d’auires pré-sens s’il tenoit fa parole ; & pour battre le fer tandis qu’il étoit chaud, ilenvoya Constantin Gauras avec de 1 argent & des troupes. Mais Khliziaji-lan ne fut pas si-xòt à Cogni, qu il ruina Sébaste, prit Césarée, chassaDadune de fes Etats, & poursuivit sagupasan, qui mourut pendant qu’illevoit des troupes, pour faire tête à son ennemi. Dadune , s’étant empa-ré d’Amasie, fut cause de la mort de la veuve de Jagupasan , qui savoirappelle ; car les habitans , s’étant soulevés, latuerent, & chassèrent Da-dune, dont elle prétendoit établir Ja puissance par fes intrigues.
Sís suais. Mais ils fe trouvèrent trop foibles pour résister â Khlizìajllan , qui ré-duisit leur ville fous son obéissance, comme il avoit soumis un peu aupa-ravant la Cappadoce, quoiqu’il fiat tout estropié, & si incommodé despieds & des mains, qu’il ne pouvoic aller qu’en char. Cela n’empêchapourtant point, que plein d’ardeur il ne violât (a paix, & n’enlevât plu-sieurs places aux Romains, & qu’ayant trouvé l’occasion favorable pourattaquer la ville de Meiitene, il oe la prît, ne la renversât de fond en-
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