HISTOIRE GENERALE DES TURCS. Liv. II. Ciîap. IV. 187comble, & n’en chassât Jmir , quoiqu’il fût de la même religion que lui. SecnoaII usa de mauvaise foi pour tromper son propre frere, & pour le dépouil-ler comme les autres : ces exilés fe réfugièrent chez l’Empereur. de i^f ne
En ce cems-îà Soliman, homme fin & rusé, vint excuser le Sultan son Arslan II.Maître, accusant les s ures des contraventions qui avoient été commises. K SultanII accompagna ces excuses de louanges excessives qu’il donna à l’Empe- cle Roum *reur,& d’un présent de quelques beaux chevaux de la part de son Maître, # atíaqu3L'Empereur chargea l'Ambassadeur de reprocher de sa part au Sultan r Empire.son infidélité & son inconstance: mais quoique Khliziajìlan appellât l'Em-pereur son pere, bien loin d’avoir quelque égard à ces reproches, il allaà Laodicée, qui n’étoit pas alors fermée de murailles, & en emmena ungrand nombre de prisonniers & de troupeaux; il y tua aussi quantité depersonnes, & entre autres l’Evêque (à). Les Turcs firent encore d’autresravages, mais l’Empereur.les arrêta, fit réparer Cliate, Pergame & En-dromit,qu’ils avoient ruinées,& fit construire plusieurs Forts,pour mettreles frontières à couvert (b).
Le soin que Manuel prit de réparer les fortifications de Dorylée fut une Nouvelleoccasion de rupture. Le Sultan,feignant d’ignorer le sujet de son voyage, rupture.le fit prier de se retirer: les Turcs, qui n’avoient pas envie de se laisser II ' S *chasser d’un territoire fort fertile, & fort commode pour faire paître leurstroupeaux, firent de fréquentes courses, brûlant les villages & ravageantla campagne. L’Empereur ne laissa pas de faire continuer le travail en-trepris , & quand les fortifications de Dorylée furent achevées, il fit tra-vailler à celles de Sablée. Le Sultan reprocha à l’Empereur qu’il violoitles Traités, & Manuel de son côté l’accufa d’ingratitude.
Les deux partis étant irrités, l’Empereur fit de grands préparatifs de L’Empe .guerre, & passa en Asie. II traversa la Phrygie, passa par Laodicée & reur í earriva à Cône , que l’on appelloit autrefois Colosses, ville fort riche, oùfjfjsl’Historien Nicetas étoit né. Y ayant visité TEglise de St. Michel , qui *étoit admirée pour sa grandeur & pour la beauté de son architecture, ilalla à Lempis & de-là à Celene, où le Marfyas a fa source. 11 se renditaprès à Corne & à Myriocéphale. 11 marchoit avec beaucoup de précau-tion, se retranchant toujours avec soin, & ne s’exposant jamais au dan*ger, quoique la multitude des machines qu’il traînoit après lui, rendîtfa marche lente & incômmode. Les ennemis paroissoient quelquefois, &esearmouchoient avec les Romains ; mais ce qu’il y avoit de plus fâcheux,c’est qu’ils coupoient l’herbe, & gâtoient l’eau des rivières & des fontai-nes , ce qui causa des dissenteries aux soldats.
Le Sultan, ayant reçu un renfort de Mésopotamie & d’autres Pays, Le Sultanenvoya une Ambassade à i’Empereur pour lui demander la paix aux con- demandeCitions qu’il lui plairoic. Tous les gens qui avoient de l’expérience, lui a £** **conseillèrent d’accepter la proposition du Sultan : ils lui remontrèrent que
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5 1 & 6 Nicetas ' Hist ' de Manuel. L. I1L Ch.. (fi) Idem , Liv. IV. Ch. 7.
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