HISTOIRE GENERALE DES TURCS. Liv. II. Chap. IV. 189I’ombre d’un poirier sauvage: il n’y eut qu’un Cavalier qui offrit de le Sectionservir, & qui tâcha de raccommoder son casque. Dans le même tems un jJ^' erneTurc se saisit de la bride de son cheval, mais l’Empereur le jetta V™ dcYJA\]Ki-terre avec un bout qui lui reíloit de sa lance. D’autres étant ac- flan II. E.courus pour le prendre, il les écarta avec la lance du Cavalier qui le fer- Sultmi devoit ; il en tua un, & le Cavalier abbattit la tête à un autre, avec son épée. Roum -Ayant été joint à la fin par dix Romains,.il surmonta avec une incroya- ï’Ewpeble fatigue les difficultés des passages, & après avoir traversé la riviere & reur , quimarché sur les corps morts , il rencontra une troupe de Romains, qui A fauvevinrent à lui aussi-tôt qu’ils l’apperçurent. II vit en cette occasion Jean avec l mie ‘Cantacuzene , qui avoit épousé sa niece, combattre fort vaillamment, &être tué & dépouillé, pendant qu’ii regardoit en vain si personne ne vien-droic à son secours. Ceux qui l’avoieut tué, ayant apperçu l’Empereur,qui ne se pouvoit cacher, ils firent comme un cercle en serrant leurs rangspour l’envelopper. Ils étoient montés fur des barbes dressés à tous lesexercices, & qui parmi les ornemens dont ils étoient chargés avoient delongs colliers de crin avec des sonnettes. Manuel, ayant encouragé les siens,repoussa vigoureusement les ennemis, & avançant toujours, tantôt encombattant tantôt fans combattre, il joignit enfin les premieres légions.
Avant que de les joindre, il demanda de l’eau d’une riviere qui cou- Insolenceloit auprès du lieu oà il étoit, & ayant trouvé qu’elle étoìt teinte du sang à» sol-de ceux qui avoient été tués, il la jetta en disant: Que je fuis malhcu- aa 'r eux de boire du sang Chrétien! sur quoi un soldat insolent lui dit: Ce n estpas d'aujourd’hui que vous buvez du sang Chrétien, il y a longtems que vousêtes accoutumé à en boire avec excès, [f que vous vous en êtes souvent enivré,puisque vous exercez sur vos sujets les exactions les plus violentes & les plus .inhumaines. L’Empereur ayant vu dans le même tems, que les Turcs em-portoient des sacs d’argent qu’il avoit destiné au payement de son armée,il exhorta ceux qui étoient avec lui à l’aller reprendre: mais le même sol-dat, continuant ses insolences, dit: il devait nous donner cet argent là, aulieu de nous commander à présent de Ialler retirer au péril de nos vies ; s il esthomme de cœur, comme il s’en vante, qu.il aille lui-même I arracher aux Turcs.L’Empereur supporta ces insultes avec la patience la plus parfaite.
Contostephane & quelques autres arrivèrent fur le soir , sans avoir été L'Ernpe-blessés. Ils passerent la nuit dans la plus grande angoisse, appuyant leurs ríUr I e <lé stetes fur leurs mains, <k se comptant parmi les morts, a la vue du péril p e st uir ^dont ils étoient environnés. Ce qui augmentoit encore leurs frayeurs, étoit «Èd'entendre les Turcs qui couroient autour de leur camp , & qui avertis- tem parsoient à haute voix ceux de leur kays d’en sortir , pareeque le lendemain l f re P r sils feroient tout passer au fil de l’épée. L’Empereur conçut alors le dessein ^paitTde s’enfuir secrettemenr & d’abandonner ses gens à la boucherie, ôciln’cutpoint de honte de l'avouer: ceux qui étoient avec lui en furent indignés ,
.& fur-tout Contostephane. Un soldat inconnu qui étoit hors de fa tente,bayant entendu, s’écria tout haut: quelle détestable pensée est entrée dansT esprit dc F Empereur ! & lui adressant la parole: N’est-ce pas vous, lui dit-il, qui nous avez amenés ici pour nous faire périr dans des rochers , qui nous
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