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17 (1761) L' histoire générale des Turcs et des empires qu'ils ont fondés dans la Tartarie et dans l'Asie Mineure: celle des Mongols et des Tartares depuis Jenghiz Khan, de l'empire fondé par ce conquérant, et de ses successeurs dans le Mogolistan, dans le Kipjak, dans la Taratarie Crimée, dans la grande et dans la petite Bukharie, et dans l'Iran ou la Perse en général
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HISTOIRE GENERALE DES TURCS. Liv. II. Chap. IV. 189I’ombre d’un poirier sauvage: il n’y eut qu’un Cavalier qui offrit de le Sectionservir, & qui tâcha de raccommoder son casque. Dans le même tems un jJ^' erneTurc se saisit de la bride de son cheval, mais l’Empereur le jetta V™ dcYJA\]Ki-terre avec un bout qui lui reíloit de sa lance. D’autres étant ac- flan II. E.courus pour le prendre, il les écarta avec la lance du Cavalier qui le fer- Sultmi devoit ; il en tua un, & le Cavalier abbattit la tête à un autre, avec son épée. Roum -Ayant été joint à la fin par dix Romains,.il surmonta avec une incroya- ï’Ewpeble fatigue les difficultés des passages, & après avoir traversé la riviere & reur , quimarché sur les corps morts , il rencontra une troupe de Romains, qui A fauvevinrent à lui aussi-tôt qu’ils l’apperçurent. II vit en cette occasion Jean avec l mie ‘Cantacuzene , qui avoit épousé sa niece, combattre fort vaillamment, &être tué & dépouillé, pendant qu’ii regardoit en vain si personne ne vien-droic à son secours. Ceux qui l’avoieut tué, ayant apperçu l’Empereur,qui ne se pouvoit cacher, ils firent comme un cercle en serrant leurs rangspour l’envelopper. Ils étoient montés fur des barbes dressés à tous lesexercices, & qui parmi les ornemens dont ils étoient chargés avoient delongs colliers de crin avec des sonnettes. Manuel, ayant encouragé les siens,repoussa vigoureusement les ennemis, & avançant toujours, tantôt encombattant tantôt fans combattre, il joignit enfin les premieres légions.

Avant que de les joindre, il demanda de l’eau d’une riviere qui cou- Insolenceloit auprès du lieu oà il étoit, & ayant trouvé qu’elle étoìt teinte du sang à» sol-de ceux qui avoient été tués, il la jetta en disant: Que je fuis malhcu- aa 'r eux de boire du sang Chrétien! sur quoi un soldat insolent lui dit: Ce n estpas d'aujourd’hui que vous buvez du sang Chrétien, il y a longtems que vousêtes accoutumé à en boire avec excès, [f que vous vous en êtes souvent enivré,puisque vous exercez sur vos sujets les exactions les plus violentes & les plus .inhumaines. L’Empereur ayant vu dans le même tems, que les Turcs em-portoient des sacs d’argent qu’il avoit destiné au payement de son armée,il exhorta ceux qui étoient avec lui à l’aller reprendre: mais le même sol-dat, continuant ses insolences, dit: il devait nous donner cet argent là, aulieu de nous commander à présent de Ialler retirer au péril de nos vies ; s il esthomme de cœur, comme il s’en vante, qu.il aille lui-même I arracher aux Turcs.L’Empereur supporta ces insultes avec la patience la plus parfaite.

Contostephane & quelques autres arrivèrent fur le soir , sans avoir été L'Ernpe-blessés. Ils passerent la nuit dans la plus grande angoisse, appuyant leurs ríUr I e <lé stetes fur leurs mains, <k se comptant parmi les morts, a la vue du péril p e st uir ^dont ils étoient environnés. Ce qui augmentoit encore leurs frayeurs, étoit «Èd'entendre les Turcs qui couroient autour de leur camp , & qui avertis- tem parsoient à haute voix ceux de leur kays d’en sortir , pareeque le lendemain l f re P r sils feroient tout passer au fil de l’épée. L’Empereur conçut alors le dessein ^paitTde s’enfuir secrettemenr & d’abandonner ses gens à la boucherie, ôciln’cutpoint de honte de l'avouer: ceux qui étoient avec lui en furent indignés ,

.& fur-tout Contostephane. Un soldat inconnu qui étoit hors de fa tente,bayant entendu, s’écria tout haut: quelle détestable pensée est entrée dansT esprit dc F Empereur ! & lui adressant la parole: N’est-ce pas vous, lui dit-il, qui nous avez amenés ici pour nous faire périr dans des rochers , qui nous

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