HISTOIRE GENERALE DES TURCS. Liv. II. Chap. IV. ipi
les Provinces Romaines, & de lui apporter de l’eau de la mer, du fable Sectio»& une rame. Ce Général désola toutes les villes des environs du Méan- vdre, prit par composition Tralles & Antioche, emporta d assaut Lu maPentakhira & quelques autres châteaux, & fit le dégât fur toute la côte. Arslanlf.
Aussitôt que l’Empereur eut avis de cette irruption, il envoya Jean Va- F. Sultantace son neveu, Constantin Ducas , & Michel Aspiéte t tous trois habiles Ca- de Rouin»pitaines, pour donner la chasse aux ennemis. Vatace menz ks troupes ^ r .tout droit à Hyelium & à Limnochire, petites villes qui avoient autrefois ^Turcsun pont fur le Méandre; & ayant appris que les Turcs se retiroient avec £? uurleur butin, il mit la plus grande partie de son armée en embuscade, & Généralplaça le reste au-delà de la riviere. Les Turcs ayant été attaqués dans un à.lieu qui leur étoit désavantageux , Atapaque vint à Ja tête de ses plus vail-lans soldats charger les Romains, pour donner le tems aux autres de passerla riviere. II donna pendant quelque tems de belles preuves de fa con-duite & de son courage, mais quand il s’apperçut qu’il y avoit fur l’autrebord du Méandre une autre armée de Romains qui tuoient tout ce qui fe pré-sentoit devant eux, son ardeur se rallentit,&il chercha un endroit où il pûtpasser avec moins de danger. Mais n’en ayant point trouvé qui fût guéa-ble, il fe mit dans son bouclier comme dans un bateau, & fe servit deson épée comme de gouvernail, tenant la bride de son cheval qui suivoità la nage, & il gagna ainsi l’autre bord. Quand il eut pris terre, il senomma à haute voix, afin d’attirer les Turcs autour de lui ; mais un A-lain, qui servoit dans í’armée Romaine, s’en étant approché, le tua ; famort mit la déroute parmi ses troupes, desorte qiie Ja plupart des Turcsfe noyèrent dans le Méandre. Cet exploit, plus que nul autre, rétablitles affaires des Romains & abbattit l’orgueil des Turcs. Afpiete périt mal-heureusement dans cette rencontre; un Turc ne pouvant le blesser parcsque ses armes écoient à l’épreuve, porta un grand coup à la tete de soncheval qui fe cabra <Sí le jetta dans la riviere ( a ).
L’Emperenr ayant envie d attaquer ies Turcs de Panese & de Lacéré, Menteuseréduisit d abord les premiers, & avant que d’attaquer les seconds, il en /à d'unvoya Catide Gouverneur deLaodicée pour reconnoître quel étoit leur état; £^2mais Catide les menaça de l’arrivée de l’Empereur, ce qui les épouvantatellement qu’ils prirent au plutôt la fuite: l’Empereur en fut si irrité, qu’ilfit couper le nez à Catide. Peu de tems après il donna des troupes à An-Tronic L Ange & à Manuel Cantacnzene pour attaquer les Turcs de Carac,place située entre Lampis & Graosgala. Andronic se contenta d’enleverquelques troupeaux & des Paysans, & s’enfuit à toute bride, au seul bruitde l’arrivée des Turcs, fans s’informer de leur nombre A de leurs forces;
& non content de s’ê re sauvé à Cône, il poussa son cheval jusqu’à Lao-dicée. Les soldats, étonnés de l’absence du Général, abandonnèrent lesPrisonniers & le bagage, & se fussent dispersés de côté & d’autre, si Can-tacuzene n’eut empêché* leur déroute. Peu s’en fallut que l’Empereur nefi\ promener Andronic par la ville en habit de femme, il ne lui fit grâcequ’en considération de ia parenté qui étoit entre eux. Com»
O) Niât. Hia. <k M®. L VL Ch. 7 .