HISTOIRE GENERALE DES TURCS. Liv. II. Chap. IV. 199vînt trouver (habillé d’une robe brochée d’or) comme son pere étoit venutrouver autrefois l’Empereur Manuel , pendant les contestations qu’il eutavec ses freres, après la mort de Majsûd leur pere : mais au lieu que celui-là avoit reçu de Manuel des secours qui surpaffoient ses espérances, celui-ci ne reçue d’Alexis que des civilités ordinaires.
A peine fut-il rentré à Cogni, qu’il y fut poursuivi par Rocno’ddin , &contraint de s’enfuir en Arménie, où il fut favorablement accueilli parLéon (*) , quoiqu’il eût été en guerre avec lui. Ce Prince rie lui accordacependant aucun secours contre Rocno’ddin, avec lequel il assura qu’il avoitfait alliance, parcequ’il prévoyoit que la guerre ne pouvoit être que fortsanglante. Kay Khosrou revint donc encore trouver l’Empereur, dans l’es-pérance d’être rétabli par son moyen dans ses Etats ; mais cette secondeespérance ayant été aussi vaine que la premiere, il demeura à Constan-tinople (f) dans une condition privée, & fort au - dessous de fa naissan-ce (a); Cette révolution arriva, selon le calcul des Grecs, l’an 1198, oumême plus tard.
Rocno’ddin Soliman ayant chassé Kay Khosrou des Etats qui luiètoient échus, de la même maniéré qù’il avoit fait ses autres freres, toutl’Ëmpire fe trouva réuni fous un seul Souverain.
Quelque tems après l’Empereur envoya Constantin Francopule avec fixGalères fur le Pont Euxin, fous prétexte de recueillir les débris d’un vais-seau, qui avoit fait naufrage proche de Kerastmte (j), en revenant duPhase, mais en effet pour voler les Marchands qui aborderoient à A-minte. Francopule, suivant exaétement les ordres qu’il avoit reçus, n’é-pargna aucun vaisseau , & pilla également ceux qui alloient porter desmarchandises à Constantinople, & ceux qui en revenoient avec le prix decelles qu’ils y avoient vendues. II tua quelques Marchands & les jettadans la nier, & il en dépouilla d’autres de la façon la plus honteuse: ceux-ci vinrent se présenter au Palais de l’Empereur, & entrerent dans la gran-de Eglise avec des Cierges à la main pour demander justice ; mais leurseffets ayant déja été vendus, & le prix confisqué, ils ne purent rien obtenir.
Les Marchands de Cogni eurent recours à Rocnoddin , qui fit redeman-der par des Ambassadeurs ce qu’on leur avoit pris, Òí proposa en mêmetems un Traité de paix. L’Empereur rejet ta toute la faute fur Francopule;cependant les articles de la paix ayant été arrêtés, Rocmddin eut cinquan-te mines d’argent pour le dédommagement de ses sujets, outre un tributqu'on promit de lui payer annuellement.
Quelques jours après, Alexis fut honteusement convaincu d’avoir vouluattenter à la vie du Sultan, à qui il envoya une Lettre sort polie par un
Ca-la) Ntcetas, Hist. d’Alex. Comnen. L. III. Ch. 5 .
(*) D’autres le nomment Zebun, & disent qu’il étoit Turc. Vid. Knovoks. Vol. I. p.39- Edit. RicV/ut.
(t; II paroìt par la suite qu’il remonta'sur le Trône, d’autres disent qu’il mourut àConuai.unople. Vid. Ktwwies , ubi supra.
U) Du KcmtuS' d’où vient Cherrys, ville & port du Pont, sur le Pont Euxip, à envi-ron soixante milles au Sud-Ouest de Trapezus ou l'iébifondc.
Section
VII.
Le régnéde Gaya-tho’ddinVI, Sultande Roum.
’Rocno’d-
DIN SOU-MAN Jep-tieme Sul-tan.
1198.
L'Empe-reur faitle métierde Firate,
Et celuid'sjjsajjin.