200 HISTOIRE GENERALE DES TURCS. Liv. II. Ciiap. IV.
Section Casim (*) qifil avoit suborné pour l’assaflìner; mais l’assaíììn suc arrêté, la-Vil. trame découverte, & la paix rompue presque aufficôt que conclue, &cette ru P ture Lausa la ruine de plusieurs villes de l’Orient.no’ddiíi Dans le méme tems, Michel fils naturel de Jean Sébastocrator, jeuneVLLSultan homme audacieux & emporté, ayant été envoyé pour lever les impôtsde Romn. q ue devoit la Province de Mylasse, ville de Carie, il se révolta,- mais il"" 'cruautés ^' ut ^^àit, & se réfugia chez Rocno’ddin , qui le reçut très-civilement, & lui5 donna des troupes, avec lesquelles il pilla les villes des environs du Méan-mains. dre, & exerça de plus horribles cruautés que les Turcs n’avoient pu faire„II faut avouer que rien n’a jamais tant contribué à la désolation desPro-Critique v j nceSj n i à la ruine de l’Empire, qué l’ambition des Commues, & qu’au‘duiïe C /ias ^ eu in'ils avoient toujours été fort inutiles à leur Pays tant qu’ils y étoiencComne- demeurés, ils lui devinrent pernicieux quand ils en sortirent (<r). A cettenés. réflexion de Nicetas nous pouvons ajouter, que les Romains s’attirerentgénéralement eux-mêmes les maux qu’ils éprouvèrent, soit par leur man-,que de foi, soit par leurs violences contre les Nations voisines; & quandceux qa’ils avoient attaqués usoient de représailles, ils ne laiffoient pas dejetrer les hauts cris , comme s’ils eussent eu le privilège d’être cruels im-punément, ou qu’ils s’imagìnaílént que ce qu’ils condamnoient comme dé-testable dans les autres, devenoit bon & louable quand ils le saisoienteux* mêmes.
Exploits Les Historiens Orientaux ne nous donnent pas plus de lumières fur Roc-dí ' ,^-oc- tìo'ddin.qiie fur ses prédécesseurs; le peu qu’ils nous fournissent, se réduitb fa mort. * ce que rapporte Abulfarage. Cet Historien nous apprend que Rocno’d-din Soliman prit Koniya fur son frere Gayatho'ddin Kay Khosrou ( b ) ; & qu’aumois de Ramadan de ì’an 597 de l’Hégire, 1200 de J. C. il enleva la villede Malatiyah à son frere Moezo'ddin Kaysar Shah , au bout de quelquesjours de siégé. Qu’il marcha ensuite vers Arzcn al rum, ou Arzerwn , quiappartenoit au fils du Roi Mohammed Ebn Salik, & que ce Prince, se fiantà la parole de Rocno’ddin, se rendit auprès de lui pour traiter de paix;mais que se Sultan le fit arrêter, & s’emp ara de la ville. I! fut le dernierde fa famille, qui avoit régné longtems dans cette ville (c). Rocno'ddinmourut dans le mois Dhulkaada de l’an 600 de 1 Hégire, de J. C. 1203, &laissa pour successeur son fils Kilij Arjlan , encore mineur (d).
D'Herhelot ne nous fournit rien d après ses Auteurs Persans touchant leSultan Rocno ddin ; il dit seulement qu’il eut de grands démêlés avec sonFrere Ray Khosrou, mais qu’enfin la paix s’étant conclue entre ces deuxPrinces, Rocno’ddin Soliman régna paisiblement l’espace de vingt-quatreans, & mourut fan 602 de l’Hégire, 1205 de J. C. & qu’il eut pour successeurson fils Kilij Arjlan , surnommé Azzo'ddin , qui n’étoit encore qu’un enfant (c).
Mais
(a) Nicetas, Hiít d’AIex. Comn. L. III. (d) Ihid. p. 282.
Ch. 7. {bj Ahulfarag. p. 276. '(f) D'Herhelot , p. 822. art. Soliman Êetí
(c) Idem, p. 280. Kilig Atjlan.
/ (*) C’est ainsi que les Grecs nomment les Bathaniens ou Ismaéliens, que les autres Na*■flous «Je PEurope appellent Assassins.