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17 (1761) L' histoire générale des Turcs et des empires qu'ils ont fondés dans la Tartarie et dans l'Asie Mineure: celle des Mongols et des Tartares depuis Jenghiz Khan, de l'empire fondé par ce conquérant, et de ses successeurs dans le Mogolistan, dans le Kipjak, dans la Taratarie Crimée, dans la grande et dans la petite Bukharie, et dans l'Iran ou la Perse en général
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HISTOIRE GENERALE DES TURCS. Liv. IL Ciíap. IV. 221

Mais après que Michel eut transporté le Siégé de l’Empire à Constanti-nople , & que le s habitans , .fur-tout ceux .qui avoient servi, y furent re-tournés, les Montagnards se trouvèrent fort affoiblis, à ne: recevant plusde secours furent obligés de soutenir eux-mêmes le poids de la guerre. Cequ’il y eut de pire encore, c’est que les affaires de î’Empire en Europe setrouvant dans la fuite en fort mauvais état, Michel Palèologue , par l.e conseil deQadene, Gouverneur de Constantinople, dépouilla ces peuples, qui étoientfort riches, de leurs biens, & leur ayant laissé à chacun quarante écus depension , il ordonna que le reste du revenu qui se droit des terres, & quimontoit à de grandes sommes, seroit porté à l’Epargne. Ce mauvais trai-tement diminua leurs forces & abattit leur courage.

Ce qui vraisemblablement contribua à faire prendre ce parti à l’Empe-reur , c’est qu’il n’appréhendoit rien de la part des Turcs, qu’il retenoitpar de perpétuels Traités , & à qui les Tartares donnoient trop d affairespour qu’ils puffènt lui faire de la peine. Mais ce qui sembloìt promettrele plus de sûreté, se trouva très-pernicieux dans la fuite ; car peu de temsaprès , un événement imprévu fit retirer les Turcs en foule vers l’Occi-dent, pour éviter l’armée ennemie , & étant en trop grand nombre pourque le Pays pût les contenir, ils chercherent à se faire place, en attaquantl’Empire Romain, ou, pour nous servir des termes de notre Historien, lesplus vaillans des Turcs, voyant que depuis qu’ils avoient été vaincus parles Tartares , il ne leur restoit plus d’autre ressource que leurs armes , sel'etirerent dans les montagnes,& y exercèrent des brigandages. II s’assem-blerent pour cet effet en grand nombre, attaquèrent les Montagnards, quiétoient í'oibles, & les obligèrent de leur céder.

Ils se seroíent laissé entierement chasser des défilés & des Forteresses, siles pensions qu’ils touchoient ne les eussent retenus. Mais le peu qu’ilspossédoient encore les obligeoit à défendre les places, & à implorer le se-cours des troupes Romaines quand ils se sentoient pressés ; mais ils ne fehazarderent plus de faire des sorties, ni de combattre en rase campagne;& dès que les pensions eurent été retranchées , quelques - uns des soldatsprirent parti chez les Turcs, & les autres se retirerent où ils purent. LesTurcs , devenus maîtres des places, coururent & pillèrent le Pays tantqu’ils voulurent, & incommodèrent extrêmement les Romains, qui étoientobligés de leur résister du côté de l’Orient, pendant qu’ils étoient occupéscontre les Francs du côté de l’Occident (a).

; Comme l’Empereur n’avoic pas assez de forces pour les partager , &qu’il jugeoit qu’il lui importoit principalement de conserver cette partiede ses Etats qui étoit en Europe, il les employa presque uniquement con-tre les Francs, qui menaçoienc Constantinople même. On négligea doncf Orient , qui étant dépourvu de troupes & de garnisons se trouva exposéuux ravages des Turcs , déserté que vers le tems que Je Sultan ázzo'àdìns’écfiappa d’Aine, l’Orient étoit dans une horrible confusion, sor-tout auxenvirons du Méandre, où les Turcs, s’étoient saisis de quantité de Bourgs

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