HISTOIRE GENERALE DES TURCS. Liv. IL Ciíap. IV. 221
Mais après que Michel eut transporté le Siégé de l’Empire à Constanti-nople , & que le s habitans , .fur-tout ceux .qui avoient servi, y furent re-tournés, les Montagnards se trouvèrent fort affoiblis, à ne: recevant plusde secours furent obligés de soutenir eux-mêmes le poids de la guerre. Cequ’il y eut de pire encore, c’est que les affaires de î’Empire en Europe setrouvant dans la fuite en fort mauvais état, Michel Palèologue , par l.e conseil deQadene, Gouverneur de Constantinople, dépouilla ces peuples, qui étoientfort riches, de leurs biens, & leur ayant laissé à chacun quarante écus depension , il ordonna que le reste du revenu qui se droit des terres, & quimontoit à de grandes sommes, seroit porté à l’Epargne. Ce mauvais trai-tement diminua leurs forces & abattit leur courage.
Ce qui vraisemblablement contribua à faire prendre ce parti à l’Empe-reur , c’est qu’il n’appréhendoit rien de la part des Turcs, qu’il retenoitpar de perpétuels Traités , & à qui les Tartares donnoient trop d affairespour qu’ils puffènt lui faire de la peine. Mais ce qui sembloìt promettrele plus de sûreté, se trouva très-pernicieux dans la fuite ; car peu de temsaprès , un événement imprévu fit retirer les Turcs en foule vers l’Occi-dent, pour éviter l’armée ennemie , & étant en trop grand nombre pourque le Pays pût les contenir, ils chercherent à se faire place, en attaquantl’Empire Romain, ou, pour nous servir des termes de notre Historien, lesplus vaillans des Turcs, voyant que depuis qu’ils avoient été vaincus parles Tartares , il ne leur restoit plus d’autre ressource que leurs armes , sel'etirerent dans les montagnes,& y exercèrent des brigandages. II s’assem-blerent pour cet effet en grand nombre, attaquèrent les Montagnards, quiétoient í'oibles, & les obligèrent de leur céder.
Ils se seroíent laissé entierement chasser des défilés & des Forteresses, siles pensions qu’ils touchoient ne les eussent retenus. Mais le peu qu’ilspossédoient encore les obligeoit à défendre les places, & à implorer le se-cours des troupes Romaines quand ils se sentoient pressés ; mais ils ne fehazarderent plus de faire des sorties, ni de combattre en rase campagne;& dès que les pensions eurent été retranchées , quelques - uns des soldatsprirent parti chez les Turcs, & les autres se retirerent où ils purent. LesTurcs , devenus maîtres des places, coururent & pillèrent le Pays tantqu’ils voulurent, & incommodèrent extrêmement les Romains, qui étoientobligés de leur résister du côté de l’Orient, pendant qu’ils étoient occupéscontre les Francs du côté de l’Occident (a).
; Comme l’Empereur n’avoic pas assez de forces pour les partager , &qu’il jugeoit qu’il lui importoit principalement de conserver cette partiede ses Etats qui étoit en Europe, il les employa presque uniquement con-tre les Francs, qui menaçoienc Constantinople même. On négligea doncf Orient , qui étant dépourvu de troupes & de garnisons se trouva exposéuux ravages des Turcs , déserté que vers le tems que Je Sultan ázzo'àdìns’écfiappa d’Aine, l’Orient étoit dans une horrible confusion, sor-tout auxenvirons du Méandre, où les Turcs, s’étoient saisis de quantité de Bourgs
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Le Paytfans dé-fense.
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