SECTION
XX.
Le regntde KayKhosroullLXllí.Sultan deRoum.
Surchar-gé d'im-pôts.
Ravagépar lesTurcs.12 ( 57 .
Tralles
rebâtie.
12 $ 0 .
22L HISTOIRE GENERALE DES TURCS. Liv. II. Chap. IV.
& de Monastères ; mais Juan Despote s’éiant rendu à rems de cecôté-lâ,sauva les principaux à mit en sûreté Trailes , Carystre & d’autres placesplus avancées; il rétine auffi dans ion parti les Magedoniens, Archers toreexperts , qui écoient eh danger d’etre iiibjugués , pareeque l’Empereur a-voit tiré toutes les troupes de leur Pays pour les employer en Occident.Les Turcs, intimidés par ia vigueur du Despote, lui envoyerent offrir lesprisonniers qu’ils avoient entre leurs mains, & lui demander la paix, qu’illeur accorda.
Mais tandis que par ses armes l'Empereur sauvoit dés villes d’un côte,de l'autre il perdoit des Nations & des Provinces entieres par ses exac-tions : il imposa des tributs si pesans aux Mariandines , aux Bucellariens& aux Paphlagoniens , soit pour payer les troupes étrangères , soit pourtenir ses sujets dans la sujétion, & il fit lever ces taxes avec tant de ri-gueur , qu’il ruina entièrement le Pays, & força les habitans à livrer lesForteresses aux Turcs, & à passer sous leur domination, dans ì’espéranced’être mieux traités (a).
Les affaires de l’Europe demandant la présence du Despote , le Pays desenvirons du Méandre , & le reste de l’Orient, se trouvèrent de nouveauexposés aux brigandages des Turcs. Cette Montagne, qui sembloit si bienmunie par les Forts d’Abala, de Caasta & de Mazedon, la Carie autrefoissi célébré, furent ravagées. Trakhium, Stadie, Strabylon, & les terresqui font k l’oppoíite de Rhodes, qui avoient été réduites depuis peu sousla puissance des Romains, devinrent des retraites d’où les ennemis firentdes courses fur eux. Les peuples qui habitoient les côtes septentrionalesde l’Asie Mineure , pour ne rien dire de ceux de l’intérieur du Pays, lesMariandines, les Moliniens, & les généreux Enetes, furent ruinés & ré-duits á la derniere milere. Les Forteresses de Cromne, d’Amastris & deTios, qui sont dans le voisinage de la mer, n’avoient plus rien de leur an-cienne splendeur, & elles auroient été entièrement détruites fans l'avan-tage de leur assiette , à la saveur de laquelle il étoit aisé de les secourir.En un mot l’Anatolie étoit tellement inondée des Turcs , que le Sangareservoit de frontière , & qu’il n’étoit pas possible d’aller par terre á Héra-clée. La véritable cause de ce mauvais état de l’Orient étoit la trahisonde ceux qui y commandoient ; pour pouvoir damant mieux s’enrichir, ilsfaisoient croire à l’Empereur, que les pertes que l’on y avoir faites étoienttrop légeres óc trop peu considérables pour l’obliger de venir les réparer,ce qui, comme Michel le dit lui-même, fut ce qui contribua le plus à faruine (b).
On ne fit cependant rien pendant plusieurs années pour arrêter les pro-grès des Turcs ; mais enfin Michel , considérant la ruine de la Carie, d’An-tioche, & des Pays voisins, & le besoin que Caystre, Priene, Milese &Magedon avoient d’être secourues, il envoya Andronique son fils & son as-socié à l’Empire avec une armée considérable, & accompagné d’un grandnombre de personnes de qualité. En parcourant les bords du Méandre il
vit
O) Idem. L. III. Ch. 21, 22, 28. ( b ) Pacbymer. L. IV. Ch. 27.