240 HISTOIRE DES MOGOLS ET DES TARTARES '
Section Léopards ont la peau blancheâtre, tachetée de rouge & de noir; quoi*r 1 ^’ qu’ils ayent la tête & les yeux du Tigre, ils n’en ont ni la hauteur ni le cri.à L-à Les Cerfs, qui sc font multipliés prodigieusement dans les Forêts &Mongols, dans les Déserts de la Tartarie, font diíferens les uns des autres, soit par
--la couleur de leur poil, soit par la grandeur & par la figure de leur bois,
Cfjaftídes p e j on j es (jjMrens quartiers de ces vastes Pays. _ 11 s'en trouve aussi dee> h ' semblables à ceux de l'Europe: voici une des maniérés de les chasser, quel’on nomme l’appel du Cerf. Les Chasseurs poitent quelques têtes de Bi-che , & contrefont le cri de cet animal : â ce cri les plus grands Cerfs nemanquent pas d’accourir, & regardant de tous côtés ils découvrent lestêtes, grattent la terre avec leur bois, & s’avancent en furie, mais lesChasseurs qui sont en embuscade les tuent. L’Empereur Kang-hi prenoitbeaucoup de plaisir à cette chasse.
chevaux L’intrépidité des Chevaux Tarcares à la rencontre des Tigres est sur-Tartares. prenante, & ce n’est cependant qu’un effet de l’habitude, car ils les crai-gnent à la premiere vue autant que ceux des autres Nations. Les Mongolsont beaucoup d’habileté à les dresser, aussi bien qu’à les prendre en cou-rant avec un nœud coulant qu’ils leur jettent. Ils connoissent leurs mala-dies , & employent des remedes dont les chevaux de l’Europe s’accommo*deroient aussi peu que de la nourriture Tartare. Ils sont ordinairement demédiocre taille , mais il s’en trouve d'aussi grands & d’aussi beaux qu’enEurope; les Tartares préfèrent sagement un cheval fort, robuste & capa-ble de fatigue, à un grand.& beau cheval.
Lc Taeipi. Les Kalkas ne sont pas riches en peaux de Zibelines, mais seulementen peaux de Petit-gris, de Renards, & d’un animal aussi petit que l’Her-mine , qu’ils appellent Tacl-pi , dont on fait à Peking des manteaux pouríe garantir du froid. Cet animal est une efpece de rat de terre, qui creu-se des trous en terre pour s’y loger ; chaque mâle fait le sien : un d’eux esttoujours au dehors , qui fait le guet, mais qui fuit dés qu’il apperçoitquelqu’un , & se précipite en terre dès qu’on s’approche de lui. Quandles Chasseurs ont reconnu le lieu, ils l’entourent, ouvrent la terre en deuxou trois endroits , & y jettent de la paille allumée pour effrayer ces ani-maux ; desorte qu’on en prend un grand nombre , ce qui fait que leurspeaux se vendent à vil prix.
Les Pois- Les Rivières du Pays des Mongols ne sont pas aussi abondantes en Pois-sms. Pons que celles de la Tartarie .Orientale. Les Eturgeons qu’ils trouvent. T quelquefois dans le Tula viennent du Lac de Baykal ; & li l’on trouve dansYUtfon quelques especes d.e Poisson des rivières plus orientales, c’est que.cette riviere se décharge dans le Saghalian Ula ou ÏAnnir, On voit cepen-dant dans YUrson un animal amphibie , nommé lurbegha , qui approchede la Loutre , mais la chair en est tendre , de bon goût, & gueres moins• , délicate que celle du Chevreuil (a).
Jí'°f eau ■ Les Plaines de la grande Tartarie produisent quantité d’Oifeaux d’uneòfjou ar, rare. Celui dont parle Abu'lghazi liban (b ), paroît être une efpece
de
0 ) Du Plaide t T. IV. p. 38. Q) Abu'lghazi Khan, p. 100 & 206.