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17 (1761) L' histoire générale des Turcs et des empires qu'ils ont fondés dans la Tartarie et dans l'Asie Mineure: celle des Mongols et des Tartares depuis Jenghiz Khan, de l'empire fondé par ce conquérant, et de ses successeurs dans le Mogolistan, dans le Kipjak, dans la Taratarie Crimée, dans la grande et dans la petite Bukharie, et dans l'Iran ou la Perse en général
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2z8 HISTOIRE DES MOGOLS ET DES TARTARES

Section On a découvert quë les Ecrits de la premiers forte font en Langue Mon-I. gole , & ceux de la seconde en Langue de Tangut, & qu’ils traitent deCoutumes ma tieres de dévotion. Depuis ce tems-là on a découvert deux autres vil--oi s M011 ' ^ es ’ abandonnées fans-doute de la même maniéré par les Eluths, vraifem-

t_J_blablement à l’occasion de leurs guerres avec les Mongols. La découverte

qui fe fit en 1721 n’est pas fort différente. Quelques gens, envoyés fe-crettement de Tobolskoy par le Gouverneur de Sibérie, pour chercher desruines & d’aneiens tombeaux , trouvèrent dans tous les tombeaux certai*nés images d’or, d’argent, óc de cuivre. Ensuite, s’étant avancés environcent-vingt milles d’Allemagne vers fa Mer Caspienne , ils trouvèrent lesruines de plusieurs édifices magnifiques, où il y avoit des chambres souter-raines , dont le pavé & les murs étoient de pierres fort luisantes. Ils y ap-perçurent de côté &d’autre des armoires d’ébene , qui contenoient aulieu de Trésors des Livres & des Ecrits : ils fe contentèrent d’en empor-ter cinq feuillets., dont on publia celui qui s’étoit le mieux conservé (*).Les Savans de f Europe, à qui i’Empereur Pierre L fit auffi communiquerces Ecrits, s’y trouvèrent fort embarrassés ; mais à peine Meilleurs F'reret& Four mont , de f Académie des Inscriptions à Paris (f), y eurent-ils jet-té les yeux, qu’ils y reconnurent le langage & les caractères du Tibet; ilstrouvèrent que c’étoit un morceau d’oraison funebre , dont le fond étoitune morale assez bien tournée sur la vie avenir (a).

Langue. La Langue que parlent toutes les Tribus des Mongols s’appelle simple-ment Langue Mogole. A-la-vérité ils ont quelques Dialectes (f) différen-rentes, mais ils s’entendent tous fort bien (/-). Les caractères qu’on atrouvés fur d’anciens monumens, font les mêmes que ceux dont ils fe fer-vent aujourd’hui; mais ils font différons des Manchéoux, dont f inventionn’est pas plus ancienne que la famille régnante. Us n’ont sur-tout aucunrapport avec les Lettres Chinoises, & ne font pas plus difficiles à appren-dre que les nôtres. On les écrit fur tine eípece de tablettes avec un poin-çon de fer ; ce qui fait que c’est une chose rare parmi les Mongols (sa-voir des Livres faits à leur maniéré. L’Empereur Iúmg - hi , pour leur fai-re plaisir, en a fait traduire quelques-uns en leur Langue, imprimés à Pe-king fur du papier. Mais un des Livres les plus ordinaires, qui fe trou-vent à présent parmi eux , c est le Calendrier du Tribunal des Mathéma-tiques , gravé en caractères Mongols (c).

Sciences. , Dans le tems que leur Empire étoit florissant les Mongols cultivoientles Arts & les Sciences, qu’ils avoient apprises des Nations méridionales

de

(a) Abulgbazì Khan, p. 243, 5 op. (S) Du Halde T. IV. p. 45. (c) Ibìd. p. 33.

(*) Aâa Erud. Lipf. Vol. XLVÍ. p. 375. Juillet 1722; & les Nouvelles Littéraires deLeipzig, 29 Juin 1722, p. 414.

■ (j) Voyez tout ce qui regarde ces Ecrits dans VHiJl. de l Acad. des Inscript. T. III. p.6, 7. Edit. de .Hollande.

(j) Suivant Bentink , les Eluths font les seuls Peuples de la Grande Tartarie qui con-servent encore l’ancienne Langue Mogole ou Turque dans toute fa pureté: Abu'lghnziKhan , p. 80. Ce fut chez eux qu 'Abu'lgbazi Khan apprit la Langue Turque, en la-quelle il a écrit son Histoire, ibid.