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17 (1761) L' histoire générale des Turcs et des empires qu'ils ont fondés dans la Tartarie et dans l'Asie Mineure: celle des Mongols et des Tartares depuis Jenghiz Khan, de l'empire fondé par ce conquérant, et de ses successeurs dans le Mogolistan, dans le Kipjak, dans la Taratarie Crimée, dans la grande et dans la petite Bukharie, et dans l'Iran ou la Perse en général
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HISTOIRE DE b’EMPIRE DES MOGOLS. Liv.ÏV.CrîA?.I. 29.1des soldats, &.fit massacrer ce Prince infortuné.- llaho ou IlakoSanghin A.ÎM.C.son fils se retira d’abord dans le Royaume de Hya; il en fut chaííé , & I2 ° 2 -ayant gagné le Pays de Kiu-tse (*) entre Turfan Óc Kashgar, il y fut tué ^ jenghîzpar ordre du Prince (u). Khan.

Les Historiens d'Occident font d’accord avec ceux de la Chine pour le --—

fond des faits, mais il les rapportent plus en détail. Voici comment-ilsles racontent. Le Prince líarashar, qui commandoit l’avant-garde de J’ar.mée de Temujin, attaqua celle de l’ennemi conduite par Jcmuka. Le com-bat fut rude, & la haine personnelle qui regnoit entre ces deux Générauxle rendit sanglant, mais Karaihar eut enfin le dessous, /dors Suida Beha »dcr à la tête des vieilles troupes de Temujin Jointes à celles 'des Su-mogols ,chargea si vigoureusement le corps de bataille que commandoit Vang Khan^qu’il le fit plier, & Jcmuka s’étant avancé pour le soutenir fut obligé dereculer. Ln même tems les deux ailes de f armée de Temujin , conduitespar les Princes Hubba & Irka , attaquèrent celles des ennemis , & l'on sebattit pendant trois -heures de parc & d’autre avec beaucoup de valeur.

Les Keraïtes se battoient avec tant de courage , que la victoire semblasouvent vouloir se déclarer pour eux, mais à la fin elle demeura aux Mo-gols (f); car Temujin , Jorsqu’iì crut devoir faire agir son corps de réserve,où ii c toit avec les Princes ses fils, donna avec tant de furie, que les Ké-raïtes commencerent à plier- & à je débander ; le Khan & le Prince San-koun firent d’inutiles efforts pour les rallier, & furent enfin obligés de sui-vre les fuyards, dont on fit un grand carnage. Cette victoire enrichit lesMogols, qui pillèrent les bagages, firent beaucoup de prisonniers, épri-rent un grand nombre de chevaux (Z?).

Cette journée , qúi fut si fatale à Vang Khan , fut des plus heureuses Vang’pour Tenïujin,' âgé alors de quarante ans. Elle.le mit en poilelfion du Ro- kà"»-yaume des ,Keraïtes & de tout le Karakitayi Le Roi vaincu perdit nor J U!t 'feulement quarante-milie hommes fur le champ de bataille, mais ce qui luirestoit de bonnes troupes se rangea du côté de ses ennemis. Ayant étéHêfiè -if visage, il fut obligé d’abandonner le commandement, & d’abordil voulut se retirer vtrs Karakorom; mais fe voyant poursuivi par une trou-pe de Mogols, il fe sauva chez Tayyan Khan son ennemi. On s’étonna

qu’il

(<?) Gavliil, p. 10. (í) De la Croix, p. 68-70.

(*) II est difficile de dire de quel Pays ii s’agit. Abu'lgbazi Kban dit qu’il fe retira à laVille de hhatin ou Kotan, dans la petite Bukharie, qui appartenait à Kalijobara, Seigneurde la Tribu des Kallatz , lequel au-lieu de le prendre en fa protection le fit mourir. Mais.selon De la Croix , après avoir erré de lieu en lieu déguisé, ne se croyant pas en sûreté âKashgar, il retourna dans îe Tibet, où on le fit mourir comme espion la même année.

(t) Marc Polo rapporte que ce Prince ordonna à ses Astrologues de tenter le fort desBaguettes. Ils prirent une canne verte, qu’ils fendirent en deux; ils écrivirent fur Tunele nom de Ciugis, -& fur l’autre celui à’Uncan, & les poserent à terre à quelque distancel’une de l’autre. Les Astrologues lurent alors leurs conjurations, les deux baguettes s’ap.procherent, combattirent, & enfin celle à'Uman demeura- dessous, ce qui présogeoit la vic-toire k Ciugis. Cette forte de divination est encore en usage chez les Turcs, les Afriquainsautres Nattons Mahométanes, & c’est ce qu’ils. appellent fane k Livre . On en trouvela déteription dans les Voyages -de Tbevenot.

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