Buch 
17 (1761) L' histoire générale des Turcs et des empires qu'ils ont fondés dans la Tartarie et dans l'Asie Mineure: celle des Mongols et des Tartares depuis Jenghiz Khan, de l'empire fondé par ce conquérant, et de ses successeurs dans le Mogolistan, dans le Kipjak, dans la Taratarie Crimée, dans la grande et dans la petite Bukharie, et dans l'Iran ou la Perse en général
Seite
292
JPEG-Download
 

292 HISTOIRE DÉ L'EMPIRE DES MOGOLS. Liv.IV/GàL

A E» T C stu'il à cherché un azyle à la Cour d’un K ha u dont il é coi thaï, atiffi bien.1202. ’qne de plusieurs grands Seigneurs Nâymans qu’ii avoit maltraités. Ils néLc reçni manquèrent pas de représenter à leur Prince tout le mal que 1er Khan fu-í* jenghiz g| t jf avo it fait à leur Nation , & qu’il ne s’étoit sauvé chez eux que dans^ an '. le dessein de les perdre en attirant contre les Naymans les armes du vainqueur.Est tué. Tayyan Khan, qui n’étoit pas naturellement fort généreux, prêta l'oreil-le au conseil qu’ils lui donnerent de faire mourir !e Grand-Khan. II le 6tarrêter , après quoi les Principaux de fa Cour tinrent un grand Conseil sauquel Tayyan affecta de ne se pas trouver, s’imáginant par-là se mettre acouvert du reproche d’avoir violé le Droit desGens & les Loix de l'Hos-pitalité. II feignit même d’être fâché de la mort de son ennemi ; maisquand on lui présenta la tête de Vang Khan, sa joie éclata malgré lui, &il ne put s’empêcher de lui insulter par des paroles pleines de mépris ôt deraillerie (a).

D’autres Historiens rapportent la chose d’une maniéré très-différente.Selon eux, Vang Khan étant en chemin pour se rendre chez Tayyan Khan,il tomba entre les mains de deux Chefs des Naymans , qui se nommoientKan ma j u & Tamika: ces deux Officiers, sachant sanimosité qu’il y avoittoujours eue encre leur Khan & lui, le massacrèrent avec tous les siens;mais lorsqu’ils présenteront fa tête (*) à Tayyan Khan , il blâma leur ac-tion , disant que Vang Khan étant- un grand Prince & d'un âge respectable ,ils auroient bien mieux fait de lui servir d'escorte , que dé se rendre se s bour-reaux. Cependant, pour faire honneur à la mémoire d’un si grand Prince,il fit enchâsser sa tête en argent , & la fit placer sur son propre siégé ,1evisage tourné du côté de la porte (b).

Temujin Temujin ne fut pas plutôt informé de la mort de Vang Khan , que fansf empare perdre de tems il continua à se saisir de ses Etats, comme d’un bien acquis‘tafs P ar à'ost de conquête; & Sankoun ne se trouvant plus il demeura paisible

a ' possesseur de tous les Pays des Iíéraïtes. Vers la fin de l’année (f) Ternu-

jin

(a) Jouyni, ap. De la Croix , p. 70-72. (b) Abu'lghazi Khan, p. 192.

Abu'lghazi Khan , p. 192.

(*) De la Croix & Abu'lghazi Khan rapportent tous deux, que la langue sortit deux oatrois fois de la bouche, d’où l’on tira des présages favorables à Temujin. Le premier deces Historiens dit .que cela arriva pendant que la tête était fraîche, & te second lorsqu’elleétoit déja seche.

(f) Dans lé texte de De la Croix , p. 76. on lit, que fur la fin de Vannée 1202. ce

Prince étoit âgé de quarante-neuf ans , mais selon Abu'lghazi Khan. p. 194 , il n’avoit qtifc

quarante ans, lorsqu’il remporta la victoire, & que les Mogols le reconnurent pour leurKhan dans le Pays de Naaman Ktira, où il faisoit son séjour pour lors. 11 met cet évé-nement dans l’année Mogole du Porc, la 599. de l’Hégire, & la 1202. de J. C. ctc. De laCroix le met auííi à la fin de cette année, desorte qu’ici la Chronologie de çes deux Au-teurs, différente julques-là, s’accorde, de même- que dans la fuite. A cette occasion noirsobserverons que les Historiens que De la Croix a suivis, donnent un espace de dix ansaux événemens , que ceux dont Abu'lghazi Khan s’est servi comprennent dans l’espaced’une année. Le premier place le projet formé par Vang Khan de se saisir de Temujinen l’année de l’Hégire 588 , & le second en l’année 598 , de J. C. 1201 , teins auquel,dit-il > le Khan étoit âgé de quarante ans ; au-lieu que selon De la Croix il étoit entrédans fa quarante-huitième année. II n’esl pas aisé de dire d’où vient cette différence,

mais