HISTOIRE DE L’EMPIRE DES MOGOLS. Liv. IV. Chap. I. 293jin. retourna.dans son Pays, où il suc reçu siu^ acclamations de tous les A.D J.C.Mogols, qui',vinrent le remercie*.de les avoir délivrés de la tyrannie de 1202.VangKhan, qu’ils appelloient le persécuteur de leur Nation. Le régné
Sur ces entrefaites un frere de Vang Khan vint offrir ses services à í;J e " s 12Teniujin , & fa fille en mariage. Le Grand-Khan le reçut favorablement, . . Vlui donna remploi qu’iì lui demanda & accepta fa fille avec joie, & lui Soumiffìondit en même tems, „ qu il lui devoit un bon traitement, en reconnois- déliai,, sance de celui qu’il avoit reçu de son frere dans fa mauvaise fortune. kembu *
„ Que quoique Vang Khan & le Prince Sankoun eussent conspiré contre„ sa vie sans qu’il leur en eût donné sujet, il avoit toujours imputé» leurs persécutions à Jemuka , & qu’il n’auroit pas moins de respect pour,, leur mémoire, que s’ils eussent toujours continué à être de ses amis”.
Tetnujin avoit véritablement dessein d’époufer fa fille, mais s’étant ap-perçu que le Capitaine de ses Gardes, qu’il estimoit beaucoup, étoit de-Vcnu amoureux de cette Princesse, il la lui donna en mariage.
Tayyan Khan des Naystïans, un des plus considérables Souverains du JemukaEavakitay , fut alìarmé des prospérités de son gendre, & en prit ombrage '“ ntme leitnalgré les nœuds qui les unissoient depuis si long-tems. Pendant qu’jlUvoit l’eíprit occupé des réflexions qu’il faisoit fur ce sujet, jemuka , quif étoit sauvé de la derniere bataille, arriva à sa Cour avec les débris deI,'armée de Vang Khan, & suivi de presque tous les Officiers qui étoiencéchappés d u combat. Tayyan, qui le connoissoit pour un habile homme,k reçut très-biem Jemuka, qui avoit l’esprit adroit & rompu au mané-gé de la Cour, tâcha de le rendre jaloux âeTemujin. Cetoit, disoit-il,
Un homme d’une ambition démesurée, qui cherchoit querelle aux autresPrinces pour avoir un prétexte d’envahir leurs Etats ; le plus ingrat & leplus perfide de tous les hommes, qui méditoit le dessein d’ôter l’Empire& k vie à Vang Khan & à Sankoun, dans le tems même qu’il étoit com-blé de leurs bienfaits. Tayyan Khan savoit fort bien que tout cela n’étoitque pure calomnie, déserté qu entraîné plutôt par sa jalousie, que séduit•par les sollicitations de Jemuka , il prit la résolution de faire la guerre àTejnujìn. Dans ce dessein il proposa une Ligue aux autres Princes, quin’avoient pas moins d’intérêt que lui de s’opposer à l’accroissement de lagrandeur & de la puissance du nouvel Empereur. Tuktabey & les autresKhans des Merldts ou Markats, le Khan des Virats & celui de Kerit,qui étoit parent de Vang Khan,entrerent dans cette Ligue, & Jemuka yengagea la Tribu entiere des Jajerats ou Joygherats (a).
Tayyan Khan proposa aussi a Alaku 011 Alakus de se joindre à lui & à CeeáwpiotSjnuka peur abbattre la puissance de Temujin. Alakus {*) étoit Chef des f rJê< -oib.Tata blancs, qui habitoient au Sud-Sud-Est des Monts Altay. 11 ne faut"
pas
(J) De La Croix, p. 84-86.
* a> 8 n °us croyons que le récit d ' Abu'lghazi Khan est le plus exact:, parcequ'il est d’ac-C °rt^ ec mìsto ire Chinoise.
d * r ' n Chinois A-la-v-tfe. De La Croix dit, de même qu 'dbulghazi Khan, qu’il étoit Khanes dukuts ou Unkuu: le texte de De La Croix porte Kar/uks , par quelque méprise,
Co 3