HISTOIRE DE L’EMPIRE DES MOGOLS. Liv.IV. Chap.IV. 365comme une sorte de seconde ligne. Ctt ordre sut exécuté st adroitement, A.D.J.C.que les Karazmíens , croyant que c’étoit un renfort qui venoit aux Mo- 1221 -gols , prirent l’épouvante & alloient s’enfuir lâchement, si le Sultan, quise douta de la ruse de Kûtuktû Koyan,ne les eût détrompés; ce qui ayant Khan. S
ranimé leur courage, i. ! s chargèrent de nouveau avec tant d’impétuofìté . -,
les Mongols, qu’il ne s'en sauva qu un fort petit nombre avec Jes troisGénéraux (a).
Aussi-tôt que Bamiyan fut prise , jctighiz Khan impatient de se venger Divisionde ces deux échecs, fit marcher son armée avec tant de précipitation , qu’à Cnt si e kspeine donna-1-il le tems à ses soldats de se rafraîchir. Gazna , qu’on ap-pelloit Darol Mulk ou la Ville Royale, étant une place forte &■ bien pour- i 0 ’ddin*vue pour soutenir un long siégé, le Grand-Khan s’avança de ce côté-là,comptant d’y trouver Jalaloddin : mais ce Prince en -étoit sorti quinzejours auparavant (*), & auroit été en état de tenir tète à son ennemi, s'iln’étoit arrivé un incident fâcheux dans son armée après la bataille de Bir-man. Quand il fut queílio-n de partager le butin, les trois Seigneurs Turcsprétendoient que les meilleures dépouilles ^ leur appartenoient à cause dusecours qu’ils avoient donné. Les troupes à'Atnin Malek, fort unies à cel-les du Sultan, vouloient que suivant la coutume de la guerre on partageâtégalement. La querelle commença au sujet d’un beau cheval Arabe, qu’undes trois Capitaines Turcs demandoit a & que les autres refufoient delui céder.
D'a titres disent que la querelle s'émut entre Sultan Khan Malek & Se-fio'ddin Malek, & qu’elle alla si loin que le premier donna un coup de fouetdans ie visage à l’autre. Que Sefio'ddin ne manqua pas de se plaindre decette insulte au Sultan ; & que ne voyant point de jour à en obtenir uneréparation qui pût le satisfaire, il quitta le Prince dans la nuit, avec tousceux de la Tribu de Kankli , qui étoient fous ses ordres, & se retira dansles montagnes de Kerman; que Sultan Malek , de Ion côté, s'en retournapeu de tems après à Herat. Quoi qu’il en foie, la désertion des troupesauxiliaires fut très-préjudiciable aux affaires de Jalalo’ddin, & la principa-le raison qui l’obligea à s’éloigner de Gazna fut de donner le tems à sestroupes désunies de le rejoindre. II fit tout ce qu’il put pour faire enten-dre raison aux trois Chefs Turcs , il leur écrivit plusieurs fois , & leur fitreprésenter qu’ils périroient s’ils demeuroient séparés, & qu’au contraires’ils se réunissoient ils pouvaient tout espérer.
Us se laissèrent enfin persuader à la vue du danger, mais trop tard; car Le s u!/mJeng’iiz Khan , informé de ce qui se passoit , détacha soixanie-mille che- vaincuVaux pour se saisir des passages, & pour les empêcher de joindre le Sul- fur lestan , qui privé de ce puissant secours fe retira vers Je fleuve Sind ou In- h ? rds dedus (f\ II s’arrêta fur ses bords dans l’endroit où iì est le plus rapide, & ; ’ lnduï -w fe
(r/) Abulghazi Khan. p. 250—294.
(«•) Suivant /Ibu'fgbazì Khan. les habitans de Gazna ayant perdu courage , laiíltrent«titrer Jaisbtz Khan fans aucune résistance dans leur ville.
Ct) dbuighazi Khan i’appclle H/' - huit } coaiine cpii unoit le Fieuve Indu j.